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Sylvie Vartan : Elle vole au secours de Sheila !

Publié le 25 août 2017

Lorsqu’elle a appris la mort de  Ludovic, Sylvie Vartan a tout de suite su trouver les mots pour adoucir la souffrance de son amie Sheila…

Depuis plusieurs semaines, Sheila se replie dans le silence, barricadée derrière ces hautes et épaisses murailles que la souffrance est capable d’ériger autour d’un être. Depuis la mort brutale de Ludovic, la chanteuse s’est abstenue de tout commentaire, se coupant totalement du monde extérieur, comme pour mieux prolonger le tête-à-tête avec ce fils, unique et désormais disparu.

Au point qu’on a pu commencer à s’inquiéter sérieusement pour elle : allait-elle trouver la force de supporter seule cette douleur intolérable pour une mère ? Ne risquait-elle pas de s’effondrer sous le poids du chagrin ? De se perdre dans les ténèbres du désespoir ?

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Heureusement, il n’est pas de murailles, aussi massives soient-elles, qui ne laissent malgré tout filtrer quelques minces rais de lumière. C’est l’un de ces bénéfiques rayons qui, voilà quelques jours, est venu réchauffer le cœur de Sheila. Pour l’atteindre, il lui avait fallu traverser tout le continent américain, puis l’Atlantique. Car il émanait de Sylvie Vartan !

Lorsque, dans sa maison de Los Angeles, Sylvie a appris l’horrible nouvelle, un élan spontané l’a poussée à trouver les mots dont sa « petite sœur » (elles ont un an d’écart…) devait avoir besoin. Et, ces mots, elle les lui a envoyés sitôt écrits, ce qui était sa manière, malgré la distance qui les séparait, de voler à son secours.

Sheila réconfortée
Sheila réconfortée

Sans que les deux femmes aient eu besoin de se consulter, Françoise Hardy, au même moment, a fait exactement la même chose que Sylvie Vartan : elle a dit à Sheila les mots qui s’étaient assemblés tout seuls dans son cœur de mère.

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Car si ces trois femmes ont de nombreuses choses en commun, elles en ont une qui est essentielle, fondamentale : toutes trois ont donné le jour à un fils unique – même si, par la suite, Sylvie a adopté une petite fille venue de son pays d’origine, la Bulgarie. S’il est une expérience qui pouvait permettre aux deux aînées de comprendre, on pourrait presque dire de ressentir, l’atroce douleur de leur cadette, c’était bien celle-là.

Gamines

Complices, les trois stars de l’époque yé-yé ne le sont pas seulement dans la douleur du deuil : elles pouvaient l’être aussi dans la joie des retrouvailles, comme cela s’était produit en 2006, lorsque Françoise, Sylvie et Sheila s’étaient réunies devant l’objectif de Jean-Marie Périer, pour l’hebdomadaire L’Express. À travers leur conversation à bâtons rompus, c’est une véritable complicité qui éclatait pour le lecteur.

Sylvie Vartan : À nos débuts, on se voyait souvent, puisque Jean-Marie nous réunissait. Avec Sheila, par exemple, on a posé pour une photo mythique, déguisées en Bécassine. Mais je connais mieux Françoise.
Françoise Hardy : Sheila restait cloîtrée.
Sheila : Sous couveuse !
Françoise : Carrément séquestrée !
Sheila : Je participais moins. Le lien entre Sylvie et moi a toujours été Françoise. Pour se parler toutes les deux, on passe par elle.
Françoise : Là, je tombe des nues !
Sylvie : On est liées par les astres. [Rires.]
Sheila : Vous avez démarré avant moi. Je me rappelle la première fois où j’ai entendu Tous les garçons… Toi, Sylvie, tu as commencé en quelle année déjà ?
Sylvie : 1962 ? 1961 ? Je me souviens d’une séquence du Petit conservatoire de Mireille, à la télévision. Françoise, tu avais l’air un peu… déconnectée.
Françoise : Pétrifiée, oui ! Sylvie, tu étais la première. Je t’ai croisée à tes débuts près des Champs-Élysées. Tu m’avais éblouie.
Sheila : Daniel Filipacchi avait lancé dans Salut les copains : « Réveillez-vous, les filles ! Y a que Sylvie sur le marché ! » J’ai pensé tout haut : « T’inquiète pas, j’arrive ! »

Est-ce que ce ne sont pas tous les parfums des années 60 qui nous reviennent, à travers cet échange vif et drôle ? On dirait trois gamines espiègles, alors que l’on a affaire là à des « dames » ayant dépassé la soixantaine ! Mais même si Sylvie Vartan, dans cette conversation, assure connaître mieux Françoise Hardy, c’est pourtant avec Sheila qu’elle partage le plus de choses, qu’elle a le plus de points communs.

Ce qui lui permet, aujourd’hui, de comprendre mieux que personne quelle terrible épreuve celle-ci est obligée d’affronter. Le premier point commun (mais celui-là est aussi partagé par Françoise Hardy), c’est leur coup de foudre pour un homme, Johnny d’un côté, Ringo de l’autre, dont elles pensent toutes les deux qu’il sera celui de toute leur vie.

Sylvie et Sheila partagent aussi une première désillusion : alors qu’elles rêvaient d’un mariage romantique et discret, toutes deux vont, le jour de la cérémonie nuptiale, se retrouver la proie d’une foule de curieux et d’une meute de paparazzis, certains n’hésitant pas à « planquer » dans les arbres pour mieux voler tous les instants d’intimité des jeunes mariés !

Mères

Elles connaîtront aussi, à quelques années d’intervalle, l’immense bonheur de mettre au monde un fils… et la cruelle épreuve de voir leur couple se détériorer inexorablement avant d’être réduit en cendres. Mais au moins Sylvie a-t-elle la consolation de se dire qu’elle a été sincèrement aimée par Johnny et le réconfort de conserver des liens solides avec lui.

Alors que, quelques années après leur rupture, Ringo aura le cynisme brutal de déclarer que, pour lui, son mariage avec Sheila n’était rien de plus qu’un « coup marketing »… Ensuite, il y aura l’arrachement de l’exil et la lourde charge de devoir élever seule ce fils que le destin a bien voulu leur donner. Sylvie partira soigner ses blessures sentimentales à Los Angeles, tandis que Sheila se lancera à corps et à cœur perdus dans une carrière internationale.

L’énorme différence, c’est que, très vite, Sylvie aura l’immense chance de rencontrer Tony Scotti, qui deviendra un beau-père exemplaire pour le jeune David Hallyday, lui permettant de trouver son équilibre. Alors que, dans le cas de Sheila, Yves Martin arrivera trop tard dans sa vie pour sauver Ludovic du naufrage : dans le cas de cet adolescent écorché vif, souffrant à la fois du reniement de son père et des absences trop fréquentes de sa mère, les blessures resteront inguérissables et ne cesseront de s’envenimer au fil des années.

Mais toutes ces épreuves comparables, que Sylvie Vartan et Sheila ont traversées chacune de son côté, ont finalement permis à la première de trouver les mots capables d’agir comme un baume bienfaisant sur les insupportables plaies de la seconde.

Didier Balbec

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