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Sylvie Vartan : “Je ne m’en remets pas !”

Publié le 4 septembre 2015

  À quelques jours de son retour en France au théâtre des Variétés, la chanteuse Sylvie Vartan raconte la fin de sa belle histoire d’amour.À quelques jours de son retour en France au théâtre des Variétés, la chanteuse Sylvie Vartan raconte la fin de sa belle histoire d’amour.

Dès le 18 septembre, il va y avoir foule devant les guichets du théâtre des Variétés, à Paris. Car nous serions vraiment très surpris si la pièce qui sera alors à l’affiche ne remportait pas un véritable triomphe.

Non seulement parce qu’elle a été écrite par la talentueuse Isabelle Mergault, qui y tient l’un des deux rôles principaux, mais surtout en raison du nom de sa partenaire de scène, la véritable héroïne de Ne me regardez pas comme ça !, la grande Sylvie Vartan.

Celle qui a toujours dit être devenue chanteuse par défaut alors qu’elle souhaitait être actrice réussit à être les deux en même temps puisque, cet automne, sortira également son nouvel album, intitulé Une vie en chansons.

Comédienne, Sylvie l’est totalement, comme pourront s’en rendre compte ceux qui iront l’applaudir au théâtre. Mais à la voir si drôle, si pétillante, dans la pièce d’Isabelle Mergault, comprendront-ils quels trésors de talent il lui faudra déployer chaque soir pour que personne ne voie la douleur qui ne la quitte pas un instant ?

Petite fille

Car Sylvie Vartan souffre. Elle est la proie d’un manque terrible, celui qui nous étreint lorsque nous perdons l’amour de notre vie. Et l’on peut imaginer quel surcroît de douleur elle ressentira tous les soirs lorsque, apparaissant sur les planches, ses yeux chercheront machinalement dans les premiers rangs de fauteuils un visage et une silhouette qui ne s’y trouveront pas.

Et c’est ce sentiment d’effrayante solitude qu’elle devra combattre avec tout son art, pour que les spectateurs ne voient, eux, qu’une comédienne irrésistible de drôlerie. Heureusement, au sortir de scène, elle aura l’immense consolation de retrouver les bras protecteurs et le sourire rassurant de Tony Scotti. Car à en croire Sylvie, le grand amour de sa vie, ce n’est pas lui : c’est sa mère, disparue en 2007, à l’âge de 93 ans.

« Je ne m’en remets pas. Je pense tout le temps à elle, avouait-elle la semaine dernière dans Paris Match. Je suis d’ailleurs en train d’écrire un livre pour lui rendre hommage. Personne ne lui arrivait à la cheville. À part Tony. […] Son contact physique [me manque], ses caresses, son regard. Ce manque physique est terrible. Même à un âge avancé, si j’avais des tristesses ou des peines, elle arrivait toujours à les relativiser. Avec elle, j’étais toujours une petite fille. »

Au printemps 2007, Sylvie est passée par des moments atroces, assistant à l’agonie de cette mère qu’elle adulait. Car, privée de poumons, placée sous respirateur artificiel, la vieille dame a connu une fin pénible sous les yeux de sa fille, impuissante à la soulager et qui sentait que, pour la première fois, elles allaient devoir se séparer.

Prostrée

« Elle est mon pilier, le témoin de toute ma vie, confessait-elle alors. Je ne l’ai jamais quittée. Même quand je suis allée vivre à Los Angeles, elle m’a suivie. C’est complètement fusionnel. Ma mère, à mon côté, a toujours été mon filet de sécurité. »

Alors, dans ces mois atroces, pressentant que les adieux définitifs n’étaient pas loin, Sylvie Vartan avait tout annulé de ses diverses obligations pour ne plus se consacrer qu’à Ilona. « Moi qui ai toujours parcouru le monde de long en large, là, ça devient impossible de partir longtemps, expliquait-elle dans Gala. M’éloigner de Los Angeles m’est vraiment pénible. C’est la première fois que je vis aussi mal la détresse d’un proche. »

Et le pire était finalement arrivé, le mardi 26 juin de cette année-là. Ilona avait cessé de lutter et fermé les yeux pour toujours. Les jours suivants, Sylvie était restée prostrée dans sa maison de Beverly Hills, à peine capable de répondre aux appels de condoléances venus de partout.

Ensuite, le corps de la vieille dame avait été transporté au funérarium de Los Angeles afin que soit préparé son ultime voyage… vers la France ! En effet, la mère de Sylvie Vartan devait être enterrée, jeudi 5 juillet, à Loconville, où reposaient déjà son mari et son fils, Eddie, le frère de Sylvie.

Loconville ! Ce village que tous les amoureux de l’artiste connaissent bien, puisque c’est là qu’elle avait dit « oui » à Johnny, quelque quarante ans plus tôt.

Dès ce moment-là, Sylvie savait que, pour elle, le monde ne pourrait plus jamais redevenir aussi gai qu’auparavant, même si elle pouvait compter sur l’amour de Tony Scotti.

Sylvie Vartan avait raison : huit ans plus tard, alors même qu’elle s’apprête à faire rire des salles entières, elle est restée cette petite orpheline désespérée qui tente vainement d’étouffer son chagrin.

->Voir aussi - Quiz Sylvie Vartan

Didier Balbec

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