France Dimanche > Actualités > Tatayet : La marionnette tire sa révérence !

Actualités

Tatayet : La marionnette tire sa révérence !

Publié le 27 octobre 2016

La marionnette Tatayet fera ses adieux sur scène début 2017 et c’est son papa, le ventriloque belge � Michel Dejeneffe, qui vient de l’annoncer…

Vous souvenez-vous d’une boule de poils qui a fait les belles heures de la télévision et du music-hall ? Si cela ne vous dit rien, le nom de Tatayet va raviver vos souvenirs. Dans les années 80 et 90, le personnage a fait rêver plusieurs générations de spectateurs, émerveillés de le voir prendre vie. Derrière cette créature haute en couleur se cachait son créateur, le Belge Michel Dejeneffe, qui vient d’annoncer les adieux de Tatayet à la scène début 2017.

Le ventriloque a en effet décidé de se séparer de son personnage fétiche pour se consacrer à la formation des comédiens à la technique de la ventriloquie. Mais si le Belge arrête les shows, il est plus difficile, pour Tatayet, d’accepter l’idée de ne plus se produire sur les planches.

« La ventriloquie demande énormément d’efforts, surtout dans le spectacle contemporain. J’ai quand même 67 ans, ça devient plus difficile de tenir le rythme. Mais je pense que Tatayet aurait eu envie de continuer. Il aime toujours autant le côté polémique, le côté chansonnier. C’est naturel chez lui », confie Michel Dejeneffe.

Mais revenons quarante ans en arrière. Le ventriloque se produit alors avec la troupe des Tontons. Une rencontre avec la pensionnaire d’une maison de retraite va changer son destin. « Un jour, une vieille dame m’a donné un col de fourrure en me disant : “Je ne l’utiliserai pas, vous fabriquez des marionnettes, ça vaut le coup de faire quelque chose avec.” J’ai oublié ce col de fourrure pendant des mois, explique Michel. Un jour, je suis retombé dessus et j’ai eu le déclic. J’ai construit un personnage en une nuit. Ce personnage, c’était Tatayet. »

Après en avoir conçu la forme, Michel trouve très vite la voix aiguë de sa créature. Quant au sobriquet de cette boule de poils, il fait référence à la famille du ventriloque, et plus particulièrement à sa mère. « Le nom du personnage vient d’une petite fille qui ne savait pas prononcer le nom de ma maman, “Tante Henriette”, elle disait Tatayet. »

TatayetCe dernier devient la marionnette fétiche de Michel Dejeneffe. Après s’être rodé dans les cabarets, le personnage devient populaire grâce à la télévision, après ses passages chez Michel Drucker et Patrick Sébastien. Un souvenir avec un ancien président de la République reste à jamais gravé dans la mémoire du ventriloque.

« Tatayet interviewait Jacques Chirac [à l’époque maire de Paris, ndlr] sur le plateau d’une émission de Patrick Sébastien. Lui et sa fille, Claude Chirac, se sont approchés de la marionnette. Quand elle lui a posé une question, l’homme politique a répondu avec une voix de canard. On lui a dit tout de suite : “Vous pouvez parler normalement.” Ce moment était très drôle. »

La peluche farfelue aura même son émission, le Tatayet Show, diffusée de 1986 à 1992 sur la chaîne belge RTBF1. Ses produits dérivés, disques et livres, se vendront comme des petits pains.

Ego

Un tel succès aurait pu monter à la tête de l’artiste. Mais c’est le personnage qui avait les faveurs du public, ce qui n’était pas pour déplaire à Michel Dejeneffe. « Je n’ai jamais eu un ego démesuré. J’ai toujours aimé être dans l’ombre de Tatayet. Le fait qu’il prenne la vedette me convient parfaitement. Je n’ai pas de plaisir à être reconnu dans la rue », souligne le ventriloque.

Le moment est donc venu pour l’artiste de passer la main. Le comédien surmonte cette épreuve grâce aux nombreux messages de soutien sur les réseaux sociaux. L’engouement de jeunes artistes pour son art, longtemps considéré comme ringard, le touche beaucoup.

« Il y a un vivier de gens extrêmement talentueux qui utilisent la ventriloquie sans complexe. Je pense par exemple à Jeff Panacloc. Même si je ne l’ai pas vu sur scène, je le trouve très doué. Il renouvelle le côté polémique de notre métier, souligne-t-il. Son propos est incisif, et c’est ce qu’apprécient les gens », nous confie Michel Dejeneffe, actuellement en tournée jusqu’à début février.

Sonnera alors l’heure de dire adieu à Tatayet avec lequel Michel Dejeneffe a partagé quarante ans de sa vie.

Cyril Coantiec

À découvrir

Sur le même thème