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Teddy Riner : Il souffre le martyre !

Publié le 23 novembre 2017

Teddy Riner, l’as des tatamis, engrange titres et médailles, mais son corps est à bout…

Le 11 novembre, à Marrakech, au Maroc, il a décroché son dixième titre de champion du monde. Un record absolu ! Mais celui qui se qualifie comme « un mec de défis » n’est pas du genre à s’endormir sur ses lauriers. Il prépare déjà l’après : les JO de Tokyo, dans trois ans, et surtout ceux de Paris, en 2024 ! C’est en effet son ultime objectif : « Il n’y aura pas 75 membres de ma famille à donner de la voix mais 400. Ça va être un truc de fou ! »

Si du moins il tient jusque-là… Car ses victoires, Teddy Riner les paie cher. Très cher. À 28 ans, ce colosse de 2,04 m a presque le corps d’un vieillard, comme il vient de le confier au Monde : « Je n’ai plus beaucoup de cartilage, j’ai de l’arthrose dans les épaules et les genoux. »

Il faut dire que, dès son plus jeune âge, le Guadeloupéen a soumis son imposante carcasse à un entraînement forcené ! À 14 ans, grâce à sa grande taille, il obtient une dérogation pour intégrer l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) : « J’étais confronté à des jeunes de 20 ans qui me massacraient », explique-t-il. Mais comme il a la rage de vaincre, il abuse des pompes et des abdos, et se fait déjà mal !


À 18 ans, il décroche la première médaille d’une impressionnante collection. Comme l’est, en dix années de compétition et de pratique physique intensive, celle de ses blessures : épaule, genou, bras, orteil, tendinite, pubalgie… Aujourd’hui, Teddy a « mal partout », au point de ne plus pouvoir se passer de piqûres : « On m’injecte un gel contenant de l’acide hyaluronique pour que je sente moins de douleurs, que je “couine” moins. » Lucide, l’athlète, qui connaît parfaitement son corps et ses limites, sait que ses souffrances ne feront qu’empirer avec les années. Et 2024 est encore loin…

Aussi, Teddy, qui s’en remet à Dieu pour exaucer son vœu le plus cher, entend se ménager d’ici là : « Je vais faire attention à ma santé, changer d’entraînement […] limiter les compétitions », assure-t-il. Néanmoins, si par malheur il devait mettre un terme à sa carrière, l’heureux papa d’Eden, que lui a donné son épouse Luthna, a déjà un plan B. En effet, il se verrait bien vendre des vêtements de grandes tailles. Ce qui lui permettrait de manger sans se priver les crêpes et les sandwichs créoles dont il raffole ! Mais ce n’est pas ce qu’on lui souhaite… pour l’instant !

Lili CHABLIS

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