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Thierry Ardisson : Il a été dealer !

Publié le 17 août 2018

Ce n’est pas un hasard si Thierry Ardisson s’est tant investi pour la libération de Michaël Blanc…

«Michaël Blanc est un héros moderne à la Midnight Express» a déclaré l’animateur de Salut les Terriens à l’AFP, le jeudi 19 juillet.

Si Thierry Ardisson fait référence au film d’Alan Parker, sorti en 1978, relatant le cauchemar d’un touriste américain en Turquie, arrêté à l’aéroport avec 2 kg de cannabis sur lui et condamné à la perpétuité, c’est que le cas du Français en est proche, à cela près qu’il a toujours clamé son innocence.

Interpellé à 26 ans, le 26 décembre 1999, à l’aéroport de Denpasar, sur l’île de Bali, avec 3,8 kg de haschisch dans des bouteilles de plongée, et condamné dans un premier temps à la réclusion criminelle à perpétuité, Michaël échappe de justesse à la peine de mort.

Ce cuisinier originaire de Haute-Savoie avait affirmé qu’un ami lui avait demandé de transporter ce chargement.


Après 14 ans de prison et 4 ans de contrôle judiciaire, le Français de 45 ans a enfin quitté l’Indonésie, samedi 21 juillet, accompagné de sa mère, Hélène Le Touzey, qui avait déclaré au Parisien, quelques jours auparavant : « N’importe quelle mère aurait fait ce que j’ai fait. »

Depuis 2000, cette ex-comptable a abandonné son pays, sa famille et son emploi pour soutenir son fils, et lui a sauvé la vie, comme elle l’a expliqué, en arrivant à l’aéroport de Genève le 22 juillet, sur le site du Monde : « Si je n’avais pas été là, il ne serait plus là. Un moment, il m’avait demandé de partir pour pouvoir en finir avec la vie. Il me disait que je n’arriverais jamais à avoir sa libération. »

Dès le début de cette affaire, Thierry Ardisson a pris fait et cause pour le détenu, chaque samedi soir dans Tout le monde en parle, sur France 2, jusqu’à la fin de l’émission, en 2006.

Ému par le sort du jeune homme et le sacrifice de cette mère, l’animateur va les soutenir et organiser un « Michaëlthon » pour subvenir à leurs besoins en Asie du Sud-Est. 

Plusieurs stars, dont Christophe, Didier Barbelivien, Fabrice Santoro, Jean-Marie Bigard, Geneviève de Fontenay, Johnny Hallyday, ou Michel Drucker, ont donné un objet, vendu ensuite aux enchères.

Ce qui a permis de récolter environ 150 000 €.

Jusqu’à ce que Catherine Colonna, alors ministre déléguée aux Affaires étrangères, signale à Thierry Ardisson que son initiative met en péril le travail des diplomates.

Le présentateur au grand cœur se fait alors plus discret.

Mais constatant, à son désespoir, que rien ne bouge plus pour Michaël, quelques mois plus tard, il reprend sa croisade.

En 2006, Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, déclare que les autorités indonésiennes acceptent le transfert en France du prisonnier, à condition qu’il effectue la moitié de sa peine, et part le chercher.

Hélas, l’homme politique reviendra sans Michaël.

La vérité sur l’affaire

Le 19 juillet dernier, l’Homme en noir s’est exprimé dans Le Figaro.fr, il s’est souvenu de la déclaration de Douste-Blazy, juste avant son départ en Indonésie : « Je vous le ramène si je peux faire l’une de vos émissions avec lui. »

Une attitude pas très honorable de la part d’un médecin et homme politique, que Thierry a jugé « peu délicate », avant d’expliquer pourquoi il comprenait si bien l’épouvantable situation de Michaël : « Quand j’avais une vingtaine d’années, je suis parti en Asie, à Bali, et j’ai bien connu toutes ces histoires de petits trafics pour survivre. On était plus ou moins tous là-dedans. Quand Michaël Blanc a été arrêté, ça a résonné en moi, car j’aurais pu être à sa place. On fait tous des conneries à 20 ans. Moi, j’en ai fait des belles, c’est pour ça que je suis sensible à cette histoire. »

L’animateur de 69 ans assume être encore aujourd’hui un consommateur régulier de cannabis. En 2017, dans une interview au magazine Playboy, il dévoilait que, dans sa jeunesse, pour sortir de la dépendance à l’héroïne, il s’était tourné vers les joints et en fumait toujours trois à quatre par jour.

Quand il travaillait dans la publicité, son pétard du soir lui permettait de trouver l’inspiration. Il avait alors pour devise : « Un bain, un joint, un concept. »

Aujourd’hui, il assure ne pas en consommer avant de présenter ses émissions mais, dès qu’il a salué ses invités et que le générique de fin défile à l’écran, il allume une cigarette prohibée.

Toujours au Figaro, l’animateur et producteur a rappelé qu’il avait parlé à Michaël Blanc, pour la première fois au téléphone, en 2014 : « J’ai voulu rester discret mais c’est lui qui a parlé de moi dans les journaux. Donc on avait organisé un duplex dans mon émission. Malheureusement, on sentait bien qu’il ne pouvait pas dire tout ce qu’il voulait. […] J’ai bien vu que je pouvais le mettre dans l’embarras avec certaines questions et ce n’était absolument pas l’idée. »

Avec les années, même si Thierry a moins souvent évoqué son protégé, il a toujours affirmé vouloir aider Hélène.

Et, depuis la libération du Haut-Savoyard, l’Homme en noir a annoncé qu’il serait heureux d’accueillir la mère et le fils à la rentrée, sur le plateau de C8.

Mais avant de l’interviewer, Thierry aimerait boire un verre avec eux, en privé.

Comme bien des Français, l’animateur souhaite connaître la vérité sur cette affaire.

« Et après, pourquoi ne pas faire un film ou une série sur Michaël Blanc ? On va voir », a-t-il déclaré, toujours dans Le Figaro.

Celui qui avait affirmé au JDD en avril dernier, ne pas vouloir rester à l’antenne jusqu’à 87 ans et souhaite depuis des années monter les marches du festival de Cannes en tant que producteur tient peut-être, avec ce sujet, une occasion rêvée d’exaucer son vœu le plus cher.

Anita BUTTEZ

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