France Dimanche > Actualités > Thierry Beccaro : “William Leymergie m’a sauvé la vie !”

Actualités

Thierry Beccaro : “William Leymergie m’a sauvé la vie !”

Publié le 12 août 2015

Arrivé à la télé par hasard, l’animateur de “Motus” est avant tout un � comédien �. Nous avons rencontré Thierry Beccaro avant son entrée en scène au théâtre Edgar, à Paris.

D’habitude, il n’aime pas trop étaler sa vie dans les médias. Mais pour Marié à tout prix !, une pièce de Nicolas Hirgair mise en scène par Luq Hamett au théâtre Edgar, à Paris (jusqu’au 3 janvier 2016), celui qui donne la réplique sur scène à Dominique de Lacoste (ex-Gisèle des Vamps) a exceptionnellement accepté de nous rencontrer.

À la fois discret et attachant, Thierry Beccaro revient entre autres sur les débuts de Motus dont il fêtera la 6 000e émission en septembre.
France Dimanche (F.D.) : Au bout de vingt-cinq ans, n’en avez-vous pas assez de Motus ?

Thierry Beccaro (T.B.) : J’ai la chance de ne pas m’en lasser puisque j’ai d’autres activités à côté. Notamment le théâtre ou les remplacements à Télématin. Je suis arrivé à Antenne 2 en 1987 et, depuis, j’ai toujours fait plein de choses en même temps.

F.D. : Vous souvenez-vous des premières heures de l’émission ?

T.B. : J’avais déjà précédemment présenté Matin Bonheur, puis un autre divertissement [Après-midi show, ndlr] qui n’avait pas du tout marché. Quand ce programme s’est arrêté, j’ai connu une traversée du désert. J’ai eu de gros moments de doute, je perdais confiance en moi. Je découvrais l’univers cruel de la télévision où l’on peut être au sommet un jour, et plus rien le lendemain ! Quand on m’a proposé d’animer un jeu télévisé, j’étais sceptique. J’ai finalement accepté pour deux mois. Et dès le début, j’ai compris que j’avais fait le bon choix. L’équipe était exceptionnelle. Il y avait à l’époque un certain Jean-Luc Reichmann qui faisait la voix off. On se marrait comme des fous. Sur le moment, j’étais loin d’imaginer que je serais encore là aujourd’hui. Je peux dire que Motus a été la chance de ma vie. Quand on me chante le jingle « Mo-mo-motus ! » dans la rue, c’est une véritable reconnaissance.

F.D. : Selon vous, quel est le secret de sa longévité ?

T.B. : C’est une alchimie particulière entre le concept de l’émission et la façon dont elle est produite. L’animateur y est aussi peut-être pour quelque chose. Je me demande souvent si ça marcherait sans moi… [rires]

F.D. : Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

T.B. : J’en ai plein en tête. Je me souviens notamment d’un aveugle qui trouvait les mots en fonction des sonorités. Il jouait vraiment bien et m’a beaucoup impressionné.

F.D. : Vos proches vous donnent-ils parfois des conseils pour vous améliorer ?

T.B. : Ma femme [Emmanuelle, ndlr] et mes enfants [Lucas, 14 ans, Clara, 17 ans, ainsi que Pauline, 31 ans, issue d’une première union, ndlr] me font souvent des critiques constructives. Surtout sur les tenues que je porte. Mon fils est très intéressé par les métiers du cinéma et du théâtre. C’est d’ailleurs lui qui me fait répéter mes textes. Quant à ma fille aînée, elle est scripte.

F.D. : Entre la télévision et les planches, vos journées semblent surchargées. Comment vous en sortez-vous ?

T.B. : Pour Motus, on tourne dix jours par mois, ce qui laisse pas mal de temps libre. En revanche, quand je remplace William Leymergie, c’est vraiment du sport. Je me lève à 4 h du matin. Mais une fois sur le plateau, c’est un vrai plaisir ! Je retourne chez moi faire une sieste, puis reprends le métro pour aller au théâtre. La journée se termine vers minuit. Je tiens le coup en faisant de la sophrologie. Mes deux cours de gymnastique hebdomadaires m’aident également à résister physiquement.

F.D. : Avez-vous jamais songé à cesser de remplacer William Leymergie ?
T.B. : Je lui suis fidèle, et le resterai à jamais. C’est en grande partie grâce à William que je suis sorti de ma traversée du désert il y a vingt-cinq ans… Il m’a sauvé la vie. Je lui en serai éternellement reconnaissant. Et c’est une fidélité réciproque, puisque c’est avec moi qu’il souhaite continuer de travailler.

F.D. : La pression est-elle différente sur un plateau de télévision qu’au théâtre ?

T.B. : Elle est plus importante sur les planches ! Si nous sommes mauvais, le public nous le fait aussitôt ressentir. Et j’aime ça. J’ai commencé à prendre des cours de théâtre à 17 ans. C’est une véritable passion. Je veux donc prouver que je suis un vrai comédien. Quand j’y pense, je suis arrivé sur le petit écran par accident. Et dire que j’ai eu une prof qui me disait que j’avais tendance à m’affoler à l’oral ! J’étais en effet très timide. Et je le suis toujours…

Philippe Callewaert

À découvrir