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Thierry Le Luron : Il menait une double vie !

Publié le 6 mai 2016

A la fois Dr Jekyll et Mr Hyde�, l’imitateur était le gendre idéal le jour, mais la nuit, Thierry Le Luron enfourchait sa moto et écumait les boîtes gay habillé de cuir noir…

Sensible, surdoué, capable de saisir le plus intime d’une personne, provoquant chez nous un rire joyeux, Thierry Le Luron était une personnalité unique qui manque cruellement à ce monde. Mais si l’on a l’impression de bien le connaître, l’humoriste demeure pourtant une énigme.

Certes on savait que, comme tous les grands artistes, l’imitateur avait sa part d’ombre, était solitaire, d’autant plus qu’avant 1982, l’homosexualité était considérée comme un délit. Mais savait-on comment il vivait le fait d’aimer les hommes ? Il faudrait se replonger un peu dans l’ambiance des années 70 et 80 pour essayer d’imaginer le genre d’existence que Thierry pouvait mener.

->Voir aussi - Thierry Le Luron : Son grand amour est mort du sida !

Car, lorsqu’on est un amuseur public, quand on incarne si parfaitement le gendre idéal, peut-on en même temps déclarer son attirance pour les personnes de son propre sexe ? Sans doute pas. Thierry avait bien compris que s’il avait dû briser le silence, son combat aurait été perdu d’avance.

Le vrai faux mariage de Thierry et Coluche, le 25 septembre 1985.
Le vrai faux mariage de Thierry et Coluche, le 25 septembre 1985.

Aussi n’avait-il sans doute pas vraiment le choix. Et c’est comme ça, avec la pression imposée par la bienséance de l’époque, entre honte et terreur du sida, que la double vie rendait possible son existence. Une fois qu’il avait quitté son habit de lumière, qu’il laissait de côté son personnage de bouffon, il devenait cet autre lui-même, un homme en quête d’amour, de chaleur, de séduction.

« Thierry était un peu comme Dr Jekyll et Mr Hyde, nous avait confié son ami et confident Jacques Collard en 2009. La nuit, après son spectacle et après avoir dîné, il troquait son éternel costume d’employé modèle pour une tenue de cuir. Il enfourchait sa moto et faisait le tour des boîtes homosexuelles. »

Surplus

Si, avec les confidences de ses proches, comme celles de sa sœur, Martine Simon-Le Luron, qui a écrit sa biographie en 2013, La vie est si courte, après tout (éditions. J.C. Lattès), la vérité sur la nature de l’humoriste a fini par être connue, une nouvelle révélation vient encore préciser le portrait de cet homme étonnant.

Comme l’écrit Patrice Guérin dans le livre Thierry Le Luron, le rire pour oublier, qui vient de paraître aux éditions du Moment, l’imitateur ne se contentait pas de faire la tournée des grands ducs dans des clubs.

->Voir aussi - Michel Drucker : Il nous raconte les nuits secrètes de Thierry Le Luron

Il en avait acheté un ! Le cabaret L’échelle de Jacob, qui sera rebaptisé plus tard Le trap, situé dans le 6e arrondissement de Paris, dont il devient propriétaire en 1978. « Un bar gay avec backroom », précise l’auteur. Backroom, que l’on pourrait traduire par « pièce cachée », dans laquelle les clients pouvaient se livrer sans retenue à leurs pratiques sexuelles. Bien sûr, Thierry ne tenait pas lui-même cet endroit, mais il y avait installé un grand ami à lui, connu des belles nuits parisiennes, Gérald Nanty.

Ainsi, on en apprend un peu plus sur la personnalité complexe de cet homme. Mais il est une autre révélation que fait Patrice Guérin dans son ouvrage, et qui en étonnera plus d’un, c’est le rapport apparemment très compliqué que Thierry avait avec sa mère. « C’était un enfant non désiré et il le savait, a confié l’auteur au Journal du Dimanche du 30 avril dernier. Quand elle était enceinte, sa mère le surnommait « Surplus ». Ce sentiment d’abandon ne l’a jamais quitté. »... (...)

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Laurence Paris

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