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Thierry Lhermitte : "Je rêve de prendre ma retraite !"

Publié le 2 juillet 2020

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Alors que son film “joyeuse retraite” a cartonné en vod lors du confinement, Thierry Lhermitte n'a jamais été aussi occupé avec la fondation pour la recherche médicale et la reprise de son one-man-show.

La retraite, ce n'est pas pour demain en fait ! Très impliqué auprès de la Fondation pour la recherche médicale dont il est le parrain depuis 2004, l'ancien Bronzé nous expose les avancées de la lutte contre le Covid-19. Il nous parle aussi de son confinement, de la reprise de la tournée de son premier seul-en-scène, Fleurs de soleil, mais aussi de cinéma : quarante ans de carrière, ses meilleurs souvenirs avec la troupe du Splendid, son actualité et ses projets. Sans oublier ses petits-enfants et le secret de la réussite de son couple. Interview exclusive !


France Dimanche : Comment allez-vous après ce long confinement ?

Thierry Lhermitte : Franchement, ça va plutôt bien, je ne vais pas me plaindre ! D'autres en ont souffert plus que moi… J'en ai profité pour faire beaucoup de ménage et de rangement chez moi, et donner tout ce qui ne me servait plus. J'ai fait un Covid grenier ! [Rires] Par ailleurs, j'ai fait pas mal d'interventions en faveur de la Fondation pour la recherche médicale.

FD : Quel a été son rôle dans la lutte contre le Covid-19 ?

TL : Dès le début de l'épidémie, elle a lancé un appel aux dons pour financer les recherches sur le Covid. Près de cinq millions d'euros ont été récoltés. Vingt-quatre projets lancés par l'Agence nationale de la recherche ont été financés, concernant la connaissance du virus, les tests, les traitements et l'épidémiologie. Le financement de la fondation est fondamental, car l'argent arrive en quelques semaines dans les laboratoires. Ces projets s'étalent sur douze à dix-huit mois. Donc, quand on entend parler de vaccins dans quelques jours ou quelques semaines, il ne faut pas en tenir compte. La recherche ne fonctionne pas comme ça ! C'est minutieux, long, demande à être vérifié…

FD : Quand peut-on quand espérer un vaccin alors ?

TL : On n'en sait rien ! Regardez le sida, qui a plus de trente ans et toujours pas de vaccin ! Néanmoins, il y a un traitement. On ne sait pas si le Covid va disparaître… Le Sras a disparu et son vaccin s'est avéré inutile ! C'est très bien de continuer à chercher un vaccin car l'épidémie peut reprendre. On découvre tous les jours de nouveaux symptômes. Des choses avérées hier ne le sont plus aujourd'hui pour des raisons qu'on ignore… C'est pourquoi il ne faut pas écouter des gens qui ont des avis très tranchés. C'est de la science, pas une discussion de bistrot ! Le vivant est complexe. Un virus, une bactérie, c'est très complexe !

FD : Pourquoi vous êtes-vous engagé auprès de cette organisation ?

TL : J'étais très actif et très présent sur le Téléthon pendant dix ans, puis la FRM m'a contacté. J'ai découvert que cette fondation s'intéressait à toutes les maladies, que leurs critères de sélection étaient indiscutables et que les financements arrivaient rapidement dans les labos. Les organisations d'État sont indispensables, mais elles drainent de l'argent public qui prend du temps à profiter aux laboratoires. Le fait qu'il n'y ait pas de conflit d'intérêt et que sa charte soit irréprochable m'a convaincu de m'engager auprès de cette fondation. Même en phase de déconfinement, il faut continuer à se mobiliser, à faire des dons* car l'épidémie peut repartir et toutes les recherches serviront pour le prochain virus car il y en aura peut-être un autre plus virulent encore !

FD : Où en est votre dernier spectacle, Fleurs de soleil (adapté du livre de Simon Wiesenthal), qui met en scène un jeune SS à l'agonie à la recherche du pardon d'un Juif…

TL : J'ai arrêté de le jouer juste avant le confinement et, a priori, les représentations reprennent du 8 octobre au 1er novembre au théâtre Antoine à Paris. Ensuite, j'espère que l'on reprendra notre tournée prévue en France, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis, au Canada et en Angleterre. On croise les doigts pour que les salles rouvrent à la rentrée ! Le texte de la pièce sur la question du pardon est exceptionnel.

FD : Vous-même, êtes-vous plutôt de nature rancunière ou pardonnez-vous facilement ?

TL : Ce n'est pas aussi simple ! On ne peut pas dire : « Moi, je pardonne ou je ne pardonne pas ! » C'est plus complexe… aussi je dirais que je ne suis pas spécialement rancunier, mais ça dépend des circonstances ! Et c'est justement ce que le texte aborde. Nous avons présenté l'avant-première de cette pièce à Tel-Aviv et à Jérusalem, dans le cadre de la troisième édition du Festival de théâtre français en Israël, où ce texte prenait tout son sens avec l'ouverture du musée de la Tolérance de Simon Wiesenthal ! C'était très émouvant, d'autant que je n'avais jamais fait de seul-en-scène auparavant. J'appréhendais cet exercice avec beaucoup de stress !

FD : Né d'une mère juive et d'un papa catholique, dans quelle tradition avez-vous été élevé ?

TL : J'ai été baptisé et élevé dans le catholicisme, bien que je n'aie pas connu ma famille catholique. Concernant mon judaïsme, je connais surtout les fêtes, telles que le Nouvel an juif ou le jour du Grand Pardon… Personnellement, je suis agnostique, ça c'est certain.

FD  : Quelle est votre actualité cinématographique ?

TL : J'ai joué dans Hommes au bord de la crise de nerfs, un super film d'Audrey Dana qui, initialement devait sortir le 19 août. Je figure également dans Brutus vs César de Kheiron qui, du coup, sortira certainement directement sur Netflix. Il n'y a que Do you do you Saint-Tropez qui, a priori, sera en salles comme prévu le 27 janvier 2021 !

FD : Le VOD de Joyeuse retraite a cartonné. Vous y pensez à la vôtre ?

TL : Tout le temps, figurez-vous ! Mais à chaque fois que je décide de prendre ma retraite, on me propose de superbes projets ! Pour tout vous dire, je rêve de prendre ma retraite afin de me consacrer à mes activités équestres et à la recherche médicale ! Ça me suffirait amplement !

FD : Comment avez-vous vécu la disparition d'Anémone ?

TL : J'étais évidemment très triste pour elle et sa famille. Mais on ne s'était pas vus depuis très longtemps, car elle était un peu fâchée contre l'équipe du Splendid pour des raisons obscures.

FD : Quel est votre meilleur souvenir de tournage avec le Splendid ?

TL : J'ai énormément de bons souvenirs avec la troupe, des parties de rigolade… C'était un rire constant, à chaque scène ! Mais il est vrai que le tournage du premier volet des Bronzés était complètement dingue car on sortait du café-théâtre, et tout à coup, on devenait vedettes d'un film ! Auparavant, on avait tous eu que des petits rôles, et là, on se retrouvait à jouer en Afrique ce que l'on avait écrit ! C'était extraordinaire !

FD : Après plus de quarante ans de succès, quel bilan tirez-vous de votre carrière et qu'aimeriez-vous faire que vous n'ayez encore jamais fait ?

TL : Je ne tire pas de bilan. Je ne regarde pas trop derrière moi car j'ai encore plein de choses qui m'attendent ! Jouer dans Fleurs de soleil me bouleverse et m'interroge. Je crois d'ailleurs que c'est une des choses les plus fortes que j'ai réalisées dans ma vie ! Et pour répondre à votre dernière question, sachez que je suis en train d'écrire une adaptation de Derrick pour le cinéma [parodique, ndlr]…

FD : Vous êtes père de trois enfants et grand-père d'un petit garçon de 7 ans et d'une jeune fille de 17 ans. Quel genre de papy êtes-vous ?

TL : Je ne sais pas trop… Il faudrait leur demander directement ! [Rires.] Le garçon est au Canada et la fille est grande à présent ! Dès l'adolescence, les enfants sont déjà très occupés par leur vie personnelle, donc du coup, je ne les vois pas beaucoup, mais je peux néanmoins dire que j'ai des petits-enfants merveilleux !

FD : Cela fait quarante et un ans que vous êtes marié à Hélène. Quel est le secret de la réussite de votre couple ?

TL : Je dirais le respect de l'autre. De la personnalité.

FD : Le tatouage aussi ?

TL : Ah ! Oui, vous avez raison ! La magie du tatouage ! Vous voulez savoir pourquoi j'ai choisi de me faire tatouer sur la fesse une tortue entourée d'étoiles ? Car la tortue représente la sagesse que j'espère avoir ! Et les étoiles, ce sont mes enfants et mon épouse, c'est ce qui dirige ma vie !

FD : Finalement, vous êtes loin du rôle de tombeur de ces dames que vous avez incarné à l'écran…

TL : Hormis dans les Bronzés, qui était une satire, je n'ai jamais vraiment eu le rôle de tombeur de ces dames ! Je le regrette d'ailleurs ! J'aurais bien aimé ! [Rires.]

* Il est possible de donner sur frm.org ou en envoyant DON par SMS au 92300 (10 euros seront prélevés sur votre facture téléphonique.)

Vanessa ATTALI

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