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Valérie Damidot : Elle a vécu l'enfer des femmes battues

Publié le 16 novembre 2007

  Chaque fois, sur M 6, Valérie Damidot fait un carton avec son émission de décoration intérieure, D&Co, une semaine pour tout changer.

Une touche de couleur, un meuble déplacé , un accessoire pimpant, Valérie Damidot n'est jamais à court d'idées quand il s'agit de se sentir bien chez soi ! Bien chez elle, aujourd'hui, l'animatrice qui respire le bonheur et la joie de vivre, l'est assurément. Mais il n'en a pas toujours été ainsi.

C'est ce qu'elle a confié tout récemment sur le plateau de Tout le monde en parle, sur France 2. En effet, il y a quelques années, Valérie Damidot a connu la tragédie que vivent les femmes battues ! Il est difficile d'imaginer que cette joyeuse nature, dotée, par ailleurs, d'un tempérament bien trempé, ait pu entretenir une relation de ce type ! On croit souvent, à tort, que les victimes de violences conjugales, sont des femmes fragiles, voire effacées. Pas du tout !

Valérie est d'ailleurs la première à s'en étonner : « J'ai vécu avec un mec ultra violent qui m'a mis des beignes et m'a fait vivre l'enfer. C'est très bizarre quand ça vous arrive, on a l'impression d'être dans une mauvaise série TV. Surtout quand on a la pêche et qu'on est dynamique comme moi !»

Un dynamisme que son petit « ami » de l'époque va tout faire pour saper : « Il était très jaloux, d'une jalousie maladive. Il a commencé par des insultes, des humiliations verbales, notamment sur mon poids. Et puis, très vite, il en est venu aux mains. » Pourquoi la jeune femme n'a-t-elle pas, alors, mis un terme à leur histoire ? Eh bien, comme l'expriment la plupart des femmes maltraitées, aussi paradoxal que cela puisse paraître, par un étrange mécanisme psychologique, les victimes restent parce qu'elles se sentent coupables !

->Voir aussi - Valérie Damidot : Face au drame du cancer

Parano

L'animatrice de M 6 n ' a pas échappé à cette règle : « Je me disais que c'était de ma faute. Je devenais parano. Et comme j ' ai continué à me prendre des coups, au bout d'un moment je ne me suis plus rien dit. J'avais juste peur de ce qui allait arriver », explique-t-elle. Une peur que Valérie, comme tant d ' autres femmes dans son cas, gardera longtemps secrète. Car, avouer que l'on se fait tabasser, c'est également reconnaître qu'on est faible : « Je n'en parlais pas parce que j'avais peur de passer pour une truffe, une mythomane, reconnaît-elle. Je vivais, j'encaissais avec la banane. »

Et puis, comme le confie Valérie Damidot, quand on a, comme elle, grandi dans l'amour, il est très difficile de renoncer à ses illusions : « J'ai mis du temps à réagir, parce que j'étais dans un certain schéma du couple. Mes parents sont mariés depuis quarante-cinq ans et ils sont très heureux. C'est ce que je voulais reproduire. Je refusais de voir que cette relation était vouée à l'échec. Je me disais que ça allait s'arranger. Et puis, il était séduisant. Je l'aimais, je l'avais dans la peau. » Lui aussi, mais d'une autre façon...

Heureusement, la jeune femme a fini par réagir. Ce n'est pas plus assez d'être violent, c'était un redoutable manipulateur : « II me promettait d'aller mieux et, effectivement, après les coups, j'avais trois semaines de répit. C'était de nouveau l'amour, le prince charmant. Et puis, très vite, il remettait ça. La seule issue, c'était de partir. Et c'est ce qui m'a sauvée. Je suis partie. »

Plus simple à dire qu'à faire ! Sortir d'une telle relation, qui vous coupe du monde et vous faire perdre toute confiance en vous, relève en effet du parcours du combattant. Valérie admet toutefois avoir eu de la chance dans son malheur.

Légitime

« Je suis tombée sur un commissariat vraiment bien, où l'on m'a écoutée, et c'est ce qui m'a sauvée. Mais ce n ' est pas toujours le cas. Le principal recours est la police, et c'est un univers essentiellement masculin. Quand on arrive en pleine nuit, car c'est en général la nuit que se produisent les scènes. Reste à espérer que les pouvoirs publics entendront cette requête bien légitime...

Car, comme l'expérience de Valérie Damidot le montre, se confier à une oreille attentive peut aider à mettre un terme à une relation destructrice. Un encouragement pour toutes celles, et elles sont hélas nombreuses, qui se font tabasser au nom de « l'amour »...

Marine Hervé

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