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Valérie Lemercier : “Les Visiteurs” ont failli avoir sa peau !

Publié le 5 juin 2017

Sur le tournage du célèbre film de Jean-Marie Poiré, la comédienne Valérie Lemercier a vécu un véritable enfer…

Aujourd’hui, Valérie Lemercier dégage un indéniable sex-appeal. Au fil des années, la comédienne de 53 ans s’est muée en une créature séduisante, au corps de liane et à la chevelure vaporeuse, que la presse féminine ne cesse de vanter. La bourgeoise coincée du cinéma français s’est métamorphosée, prouvant qu’être belle et faire rire n’est pas incompatible.

Pourtant, au départ, ce n’était pas gagné. Aux côtés de Jacqueline Maillan, la grande brune débute sur Canal + à la fin des années 80, dans la série Palace de Jean-Michel Ribes. Collier de perles, chignon et gros mots en cascade, elle excelle déjà dans le rôle de gardienne du bon goût à l’humour désopilant. Ce personnage ne va plus la quitter.

Quand elle monte son premier spectacle, l’actrice ne s’imagine pas que cette grande bourgeoise, qu’elle surnomme la Renardière, va lui ouvrir les portes de la gloire. Jean-Marie Poiré, en pleine écriture des Visiteurs, tombe sous le charme de son personnage et s’en inspire même pour sa Béatrice de Montmirail, cette Marie-Chantal un brin foldingue. Et pour incarner cette mère de famille aussi bien née que déjantée, quoi de mieux que l’original ?

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Le réalisateur, sans hésiter, décide donc de confier le rôle à l’humoriste. Le film, sorti en 1993, est un immense carton et pas moins de 14 millions de Français rient aux aventures de Godefroy de Montmirail et de Jacquouille la Fripouille. À ce jour, ce long-métrage occupe la cinquième position des films français les plus vus. Bingo !

Blessée

Les Visiteurs va lancer la carrière de Valérie Lemercier. Mais ce succès populaire cache une réalité bien moins rose. Dans le magazine Première, la comédienne se souvient que ce tournage lui a laissé un goût amer. « Quand il a fallu adapter à l’écran mon personnage de grande bourgeoise, ça a été compliqué : je me méfiais du rôle too much. Du coup, ce que je proposais n’était pas très haut en couleur », raconte l’actrice.

Déçu par la retenue qu’affiche sa comédienne, Jean-Marie Poiré trépigne et doit la pousser à en faire des tonnes, la forçant à prononcer les accents circonflexes pour avoir une voix affectée d’aristocrate fin de race. Même Christian Clavier s’en mêle et, lorsqu’ils visionnent les prises de la journée, les deux hommes se lamentent, jugeant Valérie bien peu convaincante. La comédienne, habituée à mener sa barque en solo sur les planches, encaisse mal ces remarques. Blessée au plus profond d’elle-même, elle est à deux doigts de quitter le tournage.

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D’autant que les hostilités ne vont pas s’arrêter là. Toute la troupe semble se liguer contre elle et prendre un malin plaisir à lui faire sentir qu’elle n’est pas à la hauteur des vedettes du Splendid, au premier rang desquelles Christian Clavier et Marie-Anne Chazel, considérés comme des superstars plus de dix ans après Le père Noël est une ordure, le film culte de Jean-Marie Poiré. « Quand la maquilleuse voyait débarquer Marie-Anne Chazel, elle s’exclamait : “Voilà enfin une femme drôle !” », se souvient avec amertume Valérie.

Souffre-douleur

Peu à peu, face à tant de méchanceté, Valérie perd confiance. Devenue le souffre-douleur de toute la bande, elle est mise à l’écart. « Ils dînaient tous sans moi, me séparaient d’Isabelle Nanty dont je me sentais proche. » Résultat : deux mois plus tard, alors que le tournage touche presque à sa fin, elle n’a toujours pas trouvé sa place. Résolue à crever l’abcès, la comédienne décide enfin de confier son désarroi à Jean-Marie Poiré. Ce dernier fait d’abord mine de tomber des nues avant de reconnaître que Reno, Clavier et Chazel ont tendance à rester entre eux.

Après cette mise au point, le cinéaste décide de refaire des prises. Sans pour autant forcer le trait, Valérie semble plus à l’aise. Mais elle demeure persuadée de ne pas arriver à la cheville de ses illustres partenaires. Pourtant, après le montage, à la surprise générale, tout le monde se rend à l’évidence : elle crève l’écran et fait rire aux larmes. Ces débuts difficiles auraient pu décourager cette grande dame de l’humour de poursuivre une carrière au cinéma. Ce ne fut heureusement pas le cas !

Non contente d’être devenue une immense comique, elle s’est illustrée en tant que réalisatrice avec des films audacieux et impertinents comme Quadrille, Le derrière, ou encore Palais Royal ! Son dernier long-métrage, Marie-Francine, qui sort le 31 mai 2017, devrait être dans la même veine : d’un humour bobo-chic volontiers grinçant.

Comme l’écrivait Nietzsche dans Le crépuscule des idoles : « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort », et ce n’est pas Valérie Lemercier qui dira le contraire…

Sophie Marion

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