France Dimanche > Actualités > Valérie Trierweiler : Son livre, sa vengeance !

Actualités

Valérie Trierweiler : Son livre, sa vengeance !

Publié le 5 septembre 2014

C’est un � témoignage� dévastateur sur une passion minée par le pouvoir, la jalousie et les mensonges. Le cri d’une femme, sa réponse en 320 pages à un communiqué de rupture dicté à l’AFP “en 18 mots glacés”.

La nouvelle risque de faire l’effet d’une bombe, dans notre paysage politique. Elle tient pourtant en peu de mots : le président Hollande est de nouveau amoureux ! Mais de qui ? De Julie Gayet ? Attention, nous venons d’écrire qu’il était de nouveau amoureux. Il s’agirait donc d’une autre femme ? Oui ! Et, pour la conquérir, pour faire tomber les défenses que la dame lui oppose, François ne ménage ni son temps ni sa peine.

Ce sont des messages enflammés, jusqu’à une trentaine de tweets par jour dans lesquels le président parle d’amour, écrit à la dame qui occupe apparemment toutes ses pensées qu’elle est toute sa vie, qu’il ne peut même pas envisager de vivre sans elle. Un message lui parvient, le 12 août, dans lequel il lui propose de fêter avec lui l’anniversaire ses 60 ans, alors que la rumeur lui prêtait l’intention d’officialiser ce jour-là sa liaison avec Julie Gayet.

« C’est à toi de me dire oui », lui écrit-il. « Il me dit qu’il a besoin de moi, assure cette mystérieuse femme, qui semble avoir ravi le cœur du président. Chaque soir, il me demande de dîner avec lui. Qu’il veut me retrouver, quel que soit le prix à payer. »  Retrouver ? Nous avons bien employé ce verbe, qui semble signifier que le président et celle qu’il courtise si ardemment se sont déjà « trouvés » une première fois ? Non, ce n’est pas une erreur de notre part.

Valérie Trierweiler et François HollandeCar la femme que François Hollande poursuit de ses assiduités avec une telle ardeur, n’est autre que… Valérie Trierweiler elle-même !
C’est l’une des incroyables révélations que l’ex-première dame fait dans le livre qu’elle publie aujourd’hui*. Il s’agit d’un récit bouleversant, dans lequel apparaît l’image d’un François Hollande bien différent de celui auquel on s’attendrait.

Car, bien entendu, il est au centre de cette brûlante confession de 320 pages. Il n’y est évidemment pas seul : l’auteur y est aussi. Valérie aimée, Valérie triomphante ; mais aussi Valérie jalouse, Valérie à vif ; puis Valérie blessée, Valérie bafouée…  Jalouse, elle ne nie pas l’avoir toujours été, y compris avec les hommes qu’elle a aimés avant François.

Mais, évidemment, lorsqu’on devient la compagne d’un personnage vers qui tous les regards se tournent en permanence, sur qui convergent tous les projecteurs, la jalousie est multipliée par dix, par cent. Dans un premier temps, elle va se tourner vers celle dont elle a pris la place, mais qui continue d’être tellement présente dans la vie de « son homme », ne serait-ce que pour lui avoir donné quatre enfants. On veut, bien entendu, parler de Ségolène Royal.

Valérie Trierweiler beigeHystérie

Dès le début de l’idylle, les rapports avec elle ont été tendus à l’extrême, ce qui peut se comprendre, bien entendu. Témoin cette scène que raconte Valérie Trierweiler dans son livre. Elle se produit un jour que François et elle dînent en tête à tête dans un restaurant, bien avant que leur liaison ne devienne officielle.

Écoutez-la : « Lui et moi parlons de tout, nous rions. Soudain, je vois arriver Ségolène Royal, fonçant vers nous. Je préviens François qui tourne le dos à l’entrée du restaurant. Il croit à une plaisanterie, jusqu’à ce qu’elle s’installe à notre table. Elle est glaciale. “Je vous y prends. J’espère que je ne vous dérange pas.” François est incapable d’émettre le moindre mot. C’est moi qui lui réponds. “Nous parlions du Tour de France.” “Arrêtez de vous foutre de moi !” »

On comprend que la scène a dû être pénible à vivre pour Valérie. Elle ne devait pas se douter, alors, qu’elle allait, dans les mois à venir, en connaître beaucoup d’autres, dont certaines bien plus humiliantes, voire cruelles, que celle-ci. Notamment lorsqu’elles sont publiques, comme ce fut le cas au grand meeting électoral de Rennes, le 4 avril 2012.

Ce jour-là, devant la France entière, et même le monde, « son » François scellait une éclatante réconciliation avec la mère de ses enfants, la rivale détestée. Avec une grande honnêteté, Valérie n’hésite pas à évoquer sa propre « hystérie », lorsqu’elle assiste à ce rapprochement… sous les applaudissements enthousiastes de la foule innombrable !

Valérie Trierweiler interviewRendons-lui la parole : « Je ressens, au sens littéral du terme, cet “excès émotionnel incontrôlable” : il m’est physiquement impossible de les voir tous les deux main dans la main sur scène… Et je suis impuissante devant ce désir collectif de les voir côte à côte. » Elle raconte qu’un peu plus tard, dans la loge, elle s’effondrera en larmes, sans que François Hollande puisse rien faire pour en endiguer le flot. Pourtant, elle n’est encore qu’à mi-parcours de son chemin de croix.

Car, voulant rendre encore plus évident aux yeux de tous son triomphe de ce jour-là, Ségolène réapparaît sur la scène quelques minutes plus tard, le sourire radieux, afin de s’y faire encore une fois acclamer au côté de son ex-compagnon ! « Je touche le fond, anéantie, écrit Valérie. François et moi, nous ne formerons jamais un couple reconnu. » Quelle sombre prescience dans cet aveu ! Quelle terrible lucidité dans ces quelques mots !

Car, sitôt l’homme de gauche élu et installé à l’Élysée, ce qui n’était qu’une situation tendue, comme bien des couples peuvent en affronter, se transforme en cauchemar. Oh ! Ce n’est plus Ségolène Royal qui est en cause, cette fois : c’est François lui-même. Parce qu’il vient d’endosser la lourde armure du président de la République, sa compagne a rapidement l’impression qu’il se cuirasse à l’intérieur et qu’elle-même ne parvient plus à l’atteindre. M. Hollande change… et pas en bien.

Valérie Trierweiler portrait faceMufle

Débordé, investi d’une charge écrasante, celui qu’elle a connu si souriant, si proche, si attentif, cet homme-là s’éloigne, devient dur, cassant… quand ce n’est pas carrément mufle ! Ainsi, le soir où, juste avant un dîner officiel, voyant apparaître sa compagne, le président lui demande : « Ça te prend beaucoup de temps pour être aussi belle ? »

Jusque-là, c’est plutôt gentil, comme remarque… Sans se douter de ce qui l’attend, Valérie lui répond qu’en effet, cela demande une assez longue préparation. C’est alors qu’elle se prend un baquet d’eau glacée en plein visage lorsqu’il ajoute : « En même temps, on ne te demande rien d’autre. » Peut-on se montrer plus grossier, plus méprisant, avec la femme que l’on est censé aimer ? Difficile ! Et ce n’est même pas dit sur le ton de la plaisanterie, ainsi que le souligne la malheureuse dans son livre : « Il est froid. Ne sourit pas. Je suis son faire-valoir, mais je ne dois rien valoir. »

Si encore il s’agissait d’un incident isolé, Valérie aurait pu mettre cette remarque inqualifiable sur le compte du stress dû à cet important dîner. Mais non ! La tension et les attitudes presque hostiles de son compagnon deviennent monnaie courante, ou presque. Ainsi, lors d’un voyage présidentiel en province, cette courte séquence que toutes les télévisions ont diffusée et rediffusée, le soir même et les jours suivants, où l’on voit une dame aborder frontalement le président et lui dire d’un ton sec et sans réplique : « Il ne faut pas épouser Valérie, nous, on l’aime pas ! »

Que fait alors François Hollande, lui dont on vante pourtant l’esprit et le sens de la répartie qui fait mouche ? Non seulement il n’a pas un mot pour défendre sa compagne… mais il éclate de rire, devant toutes les caméras qui le filment ! Comment Valérie ne serait-elle pas profondément meurtrie de cela ?

Valérie Trierweiler sourireMeurtrie, elle l’est tellement qu’elle avoue avoir résolu de le quitter, un jour où ses nerfs de femme amoureuse avaient subi une tension encore plus pénible que d’ordinaire. Mais, justement, elle est amoureuse : au bout de trois semaines, elle craque, et revient vers lui. Elle revient alors que, pourtant, elle est de plus en plus lucide sur sa situation. « Je sens que François ne veut plus de moi dans sa vie politique, écrit-elle. Je suis éprise d’un homme que je sens s’éloigner avec le succès. Tout s’inverse. »

Le pire est peut-être que, si le président n’avait pas de lui-même l’envie de s’éloigner de sa compagne, il ne manquerait pas de gens, autour de lui, pour l’y inciter de plus en plus fortement. Car si, dans sa lutte pour sauver son couple, Valérie Trierweiler est seule, François Hollande, lui, ne l’est pas. Et les conseillers qui l’entourent ne se font pas faute de lui rappeler que sa compagne n’est en quelque sorte qu’une « quantité négligeable ». Eux-mêmes se comportent avec elle de manière à bien lui faire sentir son insignifiance à leurs yeux.

C’est Stéphane Le Foll, l’actuel ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement qui, un jour, en pleine campagne électorale, lui balance cette phrase : « Si tu veux une soirée avec François, il faut que tu passes par moi ! »  Une fois à l’Élysée, c’est encore pis. Il y a d’abord les officiers de sécurité, qui entourent le couple de près, même dans leurs plus intimes promenades… au point de se mêler parfois de leur conversation !

Et puis cette scène, hallucinante, racontée par Valérie : « Même notre salle de bains est devenue un lieu de réunion. Un jour, en fin de journée, j’ai vu Claude Sérillon [ex-conseiller en communication de François Hollande, ndlr] y suivre le président, après avoir traversé notre chambre. Je l’ai mis dehors, outrée par tant d’indécence. »

Mais, bien entendu, tout cela aurait peut-être pu être aplani, réparé, rectifié : dans un couple, tempête ne signifie pas obligatoirement naufrage. Seulement, il y a eu Julie Gayet.

Valérie Trierweiler verticalRetour de flamme

Nous sommes le 9 janvier 2014, trois heures de l’après-midi, dans la chambre du couple. Valérie, anéantie, vient de recevoir par François la confirmation de sa liaison avec l’actrice, que révéleront dès le lendemain les fameuses photos du président à scooter, publiées par le magazine Closer.

Là, on frôle la tragédie : « Je craque, je ne peux pas entendre ça, je me précipite vers la salle de bains. Je saisis le petit sac en plastique qui contient des somnifères. […] François m’a suivie. Il tente de m’arracher le sac. Je cours dans la chambre. Il attrape le sac qui se déchire. Des pilules s’éparpillent sur le lit et le sol. Je parviens à en récupérer. J’avale ce que je peux. Je veux dormir, je ne veux pas vivre les heures qui vont arriver. Je sens la bourrasque qui va s’abattre sur moi et je n’ai pas la force d’y résister. Je veux fuir. Je perds connaissance. »

La suite est connue. Une question reste cependant posée : à quoi peut bien correspondre ce brusque « retour de flamme » du président, ces dernières semaines, dont parle Valérie Trierweiller, et qui s’est produit tandis qu’elle mettait la dernière main à son livre ? Eh bien, justement, il n’est pas interdit de penser que la perspective de cette confession ait pu faire peur à François Hollande et qu’il ait voulu tenter d’« amadouer » son auteur, craignant une vengeance de la part de la délaissée !

Est-ce une vengeance, ce livre ? On ne peut pas dire ça, non. C’est un cri de souffrance, et aussi, en même temps, une sorte de thérapie personnelle. Il n’en demeure pas moins que l’image de François Hollande en ressort assez sévèrement écornée et jaunie. Par exemple lorsque Valérie, issue, on le sait, d’un milieu modeste, souligne l’ironie, pour ne pas dire le mépris affiché par ce président socialiste envers les gens modestes… y compris sa propre famille à elle !

Elle raconte ainsi un repas de Noël, à Angers, chez sa mère et en présence de toute une ribambelle de frères, sœurs, neveux et nièces. À un moment, son compagnon se tourne vers elle, goguenard, et lui murmure : « Elle n’est quand même pas jojo, la famille Massonneau ! » Élégant… Mais pas inattendu, de la part d’un homme dont Valérie Trierweiler affirme que, dans le privé, il appelle les pauvres les « sans-dents ».

Au-delà de cela, Merci pour ce moment est surtout une lettre. Une longue et fiévreuse lettre, adressée par une femme blessée à l’homme qu’elle a profondément aimé. Et qu’elle aime peut-être encore…

* "Merci pour ce moment", de Valérie Trierweiler, aux éditions Les Arènes, 20 €.

Pierre-Marie Elstir

À découvrir