France Dimanche > Actualités > Véronique et Violaine Sanson : Comme des sœurs jumelles !

Actualités

Véronique et Violaine Sanson : Comme des sœurs jumelles !

Publié le 21 mai 2019

Deux ans les séparent, leurs caractères sont radicalement opposés, mais Véronique et Violaine Sanson sont unies par des liens indestructibles.

L’une est blonde, insouciante, et n’en fait qu’à sa tête. L’autre, brune, sérieuse, a les pieds sur terre. L’une chante, l’autre pas. Et pourtant, malgré ce qui les sépare, les sœurs Sanson, Véronique et Violaine, sont comme des jumelles ! Avec leurs deux ans d’écart – c’est Violaine l’aînée – et leurs caractères si différents, elles auraient pu entretenir une relation amour-haine, si classique dans les fratries, ou simplement se détester. Mais non, les filles Sanson ont choisi de s’aimer, de se tenir chaud, de ne jamais se quitter, au moins dans leur cœur, et de toujours, quoi qu’il arrive, être là l’une pour l’autre.

à leur naissance, leurs parents leur donnent à chacune un prénom qui commence par le V de la victoire, mot important pour ces résistants de la Seconde Guerre mondiale. Pour éviter que Violaine ne jalouse l’enfant qui va arriver, sa mère lui dit : « Tu vas avoir une petite sœur. Occupe-t’en comme s’il s’agissait de ton bébé… » Du haut de ses 2 ans, l’enfant capte le message et le fait sien : « Ces mots ont scellé notre relation pour toujours. Qu’elle soit devenue une grande dame de la chanson n’a rien changé : Véro, c’est mon bébé, ma petite sœur fragile », a confié l’aînée au Journal du Dimanche.

Conséquence de l’injonction maternelle à veiller sur sa cadette, Violaine occupera le rôle de la sage et de la forte dans le duo. Aussi Véronique jouera celui de l’artiste, de la femme libre et fragile… La preuve qu’elle n’est pas solide : déjà toute petite, juste après la guerre, elle n’a pas d’appétit. « Elle ne mangeait rien. Nos parents craignaient qu’elle devienne rachitique. On lui faisait des rayons thérapeutiques pour renforcer ses os », explique Violaine. 

Chose extraordinaire, cette distribution des rôles, bien définie, leur convient à toutes les deux. Elle les protège des sentiments d’agressivité qu’elles auraient pu éprouver. Même quand leurs parents donnent l’autre en exemple – « Regarde comme ta sœur travaille bien », à Véronique, qui se laisse porter à l’école, ou « Regarde comme ta sœur est jolie », à Violaine qui se soucie peu de ses propres tenues vestimentaires –, les filles restent unies comme un seul homme. Comme une seule femme.

L’aînée, voyant sa complice devenir célèbre, sera capable de se réjouir de sa réussite. Tout comme Véronique, qui assistera à la carrière magistrale de sa sœur qui fait un malheur dans le monde de la publicité.

Au départ, c’est Violaine qui chante. Les deux sœurs partagent tout, à commencer par l’unique chambre où elles vont vivre jusqu’aux 22 ans de Véronique. Cette passion pour le chant passe donc de l’une à l’autre. Il faut dire que les parents aiment la musique. Les deux sœurs prennent des cours de piano. Lors des départs en vacances, toute la famille chante à tue-tête, dans la voiture, les concertos de Bach.

C’est justement pendant un séjour en Espagne que les sœurs Sanson rencontrent sur la plage un garçon, François Bernheim – qui composera plus tard des chansons pour Patricia Kaas, entre autres –, et que leur vient l’idée de former un trio : les Roche-Martin. Quelques disques sortiront, avant que Violaine, dans sa sagesse, ne décide de faire des études de droit.

Chacune part dans sa direction : Véronique dans la chanson, qui lui fait rencontrer Michel Berger, avec qui elle va vivre l’aventure passionnée que l’on sait. Mais alors que Violaine est persuadée que sa petite sœur fera sa vie d’amour avec lui, un jour de 1972, Véro disparaît… Partie soi-disant acheter des cigarettes, elle est en fait allée rejoindre aux États-Unis le chanteur Stephen Stills, star internationale, du groupe Crosby, Stills, Nash and Young, qu’elle a croisé peu de temps avant ! Quelques jours seulement après avoir assisté au mariage de sa grande sœur ! Et trois mois plus tard, Violaine sera à Londres, à celui de Véronique avec Stephen !

étonnamment, même éloignées, les deux sœurs se suivent, comme si leurs cœurs battaient au même rythme ; Véronique met au monde son fils Christopher, tandis que Violaine donne naissance à Julien. « Même à distance, on restait synchrones », a confié l’aînée. Leurs enfants sont baptisés ensemble en 1975… Et l’une comme l’autre se racontent alors les mêmes problèmes de couple qu’elles traversent, partageant leurs larmes. Divorce pour l’une, et pour l’autre…


Violaine sera là, bien sûr, quand Véronique se débat dans ses problèmes avec l’alcool, après sa séparation d’avec Pierre Palmade. « J’ai vraiment cru que j’allais la perdre, dira-t-elle, et, comme d’habitude, au moment où elle était, je pense, au bout du bout du rouleau, […] elle a refait surface. » Elle a aussi redouté le pire quand elle a découvert que sa petite sœur était atteinte d’un cancer et reste très admirative du courage dont elle a fait preuve.

Véronique, de son côté, s’extasie devant tout ce qu’est Violaine. « Elle est mieux que moi », avait-elle confié à Ariane Massenet, sur Europe 1. Dans la chanson 5e étage, de l’album Longue distance, paru en 2004, la chanteuse rend un vibrant hommage à son aînée chérie : « Vio Vio / T’es la plus belle que j’aie aimée / Mes malheurs / Tu les prends comme des trésors. ». Car, en effet, après avoir découvert que les personnes qui s’occupaient de la carrière de Véronique la trompaient, Violaine a pris la place de manager… « Je suis son Pierre Bergé, elle est mon Yves Saint Laurent », a-t-elle dit non sans humour au Journal du dimanche.

Aujourd’hui, malgré les aventures amoureuses dévastatrices, les déboires professionnels et l’ombre de la mort, Vio et Véro sont plus inséparables que jamais. Plus siamoises encore que du temps de leur jeunesse. Les histoires d’amour finissent mal, en général, mais seulement en général. Quand l’amour est exceptionnel, il peut être plus fort que tout.

Laurence PARIS

À découvrir