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Véronique Genest et Martin Lamotte : Amis pour la vie !

Publié le 19 janvier 2019

Près de trente ans après leur dernière fois… les deux comédiens Véronique Genest et Martin Lamotte se retrouvent avec un plaisir intact.

Rencontrés à l’occasion du dernier Festival de la fiction TV de La Rochelle, Véronique Genest et Martin Lamotte nous ont offert un entretien aussi drôle que lunaire. Ensemble sur toutes les scènes de France dans la pièce Face à face jusqu’au mois de février, ces deux amis de quarante ans sont enchantés de se retrouver pour cette nouvelle aventure. Et une chose est sûre, aucun des deux n’a sa langue dans sa poche !

France Dimanche : Depuis le 29 septembre dernier vous êtes en tournée dans tout le pays. Racontez-nous…
Véronique Genest : Il s’agit de cinq petites pièces, sous forme de sketchs, sur les rapports humains, de couples notamment, mais pas forcément amoureux. On va dire que c’est une pièce douce-amère. Il y a de la tendresse, de la drôlerie, de l’amertume et de l’outrage aussi. Au départ, c’est moi qui ai eu accès à cette pièce mais, très vite, il m’est apparu que seul Martin, et personne d’autre, ne pouvait la jouer avec moi. C’était une évidence.
Martin Lamotte : Et j’ai failli refuser pour t’emmerder ! [rires] Non, je plaisante… j’étais enchanté de la faire. Et le résultat est vraiment très drôle ! à la base, c’est une comédie populaire écrite par Peter Quilter, qui est loin d’être un petit auteur outre-Manche ! C’est d’ailleurs un très gros succès à Londres.

FD : Ce n’est pas la première fois que vous travaillez ensemble ?
ML : Non, nous avions déjà joué au théâtre ensemble il y a longtemps…
VG : [elle interrompt] Tu exagères ! On est tellement jeunes que ça ne fait pas si longtemps en fait ! [rires] Non, plus sérieusement, c’était une pièce de Martin, extraordinaire, en 1991, me semble-t-il…
ML : Voilà ! C’était une parodie de film de guerre américain. Sauf qu’on l’a démarrée quand la guerre du Golfe a commencé, avec toutes les polémiques de l’époque… Et à un moment sur scène, nous déployions un grand drapeau des États-Unis. à chaque fois, il y avait plein de spectateurs qui quittaient la salle ! Jusque-là, ils avaient ri comme des bossus… puis finalement, ils se barraient alors que c’était une seconde dans le spectacle. C’était assez odieux.
VG : C’était à tel point qu’à un moment, le directeur du théâtre nous a quand même demandé d’arrêter avec ce drapeau…
ML : Je me souviens qu’on a aussi tourné un film ensemble ! ça s’appelait Debout les crabes, la mer monte !, en 1983. On peut dire que celui-là… c’était un film d’anthologie ! [rires] Pour la télé en revanche, on n’a curieusement jamais rien fait tous les deux.
VG : En cent épisodes de Julie Lescaut tu n’es pas venu une seule fois ? Bah ! dis donc tu l’as échappé belle toi. [rires]

FD : Dans un tout autre registre, Véronique, il y a quelques mois vous apparaissiez très amincie, fière de votre nouveau corps…
VG : [Elle interrompt] C’est vrai ! Et depuis tout le monde me dit : « Vas-y, dis-le que tu t’es fait opérer ! » Mais non, je suis juste allé voir un acupuncteur et un diététicien, puis j’ai suivi au pied de la lettre les conseils qu’ils m’ont prodigués. Et pour toutes les copines que j’ai envoyées depuis, c’est pareil ! Il y en a même une qui a perdu 23 kg ! Sincèrement, si on est sérieux, ça marche. D’autant que je vais vous avouer une chose : ce n’était pas difficile ! J’ai fait un régime draconien mais je n’ai même pas eu faim ! Désormais je ne mange plus jamais entre les repas, je me nourris bien, sainement, et tout va bien.
ML : C’est vrai, je confirme, j’en suis témoin ! Moi par contre, la ligne, je ne l’ai pas vraiment ! [rires] Non… franchement moi, je suis obligé de faire supergaffe. J’adore manger mais, de temps en temps, il faut que je me restreigne beaucoup.


FD : Martin, pensez-vous que des films comme Le père Noël est une ordure ! (1982) et Papy fait de la résistance (1983) pourraient sortir dans le contexte actuel ?
ML : Oui bien sûr, mais ça dépend par qui c’est fait… d’ailleurs on va peut-être monter la pièce de Papy fait de la résistance prochainement. Et puis si les gens n’aiment pas l’humour, qu’ils aillent ailleurs. Des films chiants, il y en a plein, j’ai une liste s’ils veulent ! [rires]
VG : Et puis il faut arrêter d’avoir peur de son ombre, honnêtement. Si c’est trash et que c’est drôle, où est le problème ?
ML : L’humour, il ne faut pas l’arrêter, il faut arrêter les hommes politiques ! Ce sont eux qui nous mettent des bâtons dans les roues.

FD : Véronique, cinq ans après l’arrêt de Julie Lescaut, quel regard portez-vous sur les nouvelles séries de TF1, comme Demain nous appartient, par exemple ?
VG : Franchement, les quotidiennes comme ça, j’ai du mal, car ce n’est pas bien filmé et les acteurs n’ont pas le temps de jouer. C’est de l’abattage. Du travail de fast-food ! En plus, ils sous-paient les gens… Non, franchement, ça ne m’intéresse pas. Ce n’est pas de la faute des acteurs, mais dans ces conditions-là, ils ne peuvent pas être très bons. Alors les gens aiment, c’est vrai, mais je trouve qu’on leur donne de mauvaises habitudes.
ML : C’est mauvais pour notre profession… Et puis on s’emmerde en regardant ça sincèrement ! Il faut aller au théâtre et au cinéma !

Florian ANSELME

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