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Véronique Genest : Terrassée par le suicide d’un enfant !

Publié le 10 mars 2019

Véronique Genest s’est émue du destin tragique d’Aaron, victime de harcèlement, qui vient de se pendre.

C’est avec un mélange d’effroi et d’émotion que Véronique Genest a découvert cette bouleversante nouvelle. L’actrice a été émue aux larmes par le calvaire d’un adolescent de 13 ans, dont elle a appris la descente aux enfers au travers d’articles de presse. Elle a aussitôt décidé de poster ce Tweet pour partager sa colère : « Quelle tristesse. Le harcèlement à l’école doit être pris très au sérieux et les harceleurs gravement punis. »

Avec son franc-parler habituel, elle nous a confié en exclusivité son indi­gnation : « Cette histoire est terrifiante. Cela s’est passé aux États-Unis, mais en France aussi le harcèlement scolaire est un vrai fléau. C’est horrible tout ce qui se passe avec les réseaux sociaux. Cette violence verbale des enfants entre eux est insupportable. Au jour où on se bat contre la violence faite aux femmes, par exemple, étrangement celles qui sont infligées aux enfants ne semblent pas autant mobiliser plus que ça l’opinion. Les jeunes sont notre futur. Mais que va devenir notre monde si des enfants en arrivent à se suicider parce qu’ils sont harcelés ? »

Moqueries, humiliations… De plus en plus d’élèves en sont victimes à l’école primaire ou au collège. Phénomène insidieux qui peut conduire ces souffre-douleur jusqu’au suicide. C’est hélas ce qui est arrivé à Aaron Fuller, 13 ans, passionné d’art et de musique, qui a été retrouvé pendu avec une ceinture, chez lui à Toledo dans l’Ohio, le 11 janvier dernier ! Après des mois d’humiliations, le jeune garçon a préféré mettre fin à ses jours, et c’est son propre frère qui a fait la macabre découverte…


Au collège, il était devenu la cible de ses camarades au seul motif qu’il portait des vêtements démodés. Jugé différent, il devait essuyer tous les jours les ricanements. Et son supplice se poursuivait jusque dans sa propre maison. Ses bourreaux perpétuaient leur abject manège en lui envoyant des messages de haine sur les réseaux sociaux. Certains de ses tortionnaires allaient même jusqu’à lui suggérer de se donner la mort…

Dans un premier temps, le malheureux a bien essayé de se défendre en leur répondant pour tenter de se justifier. Peine perdue. Après plusieurs mois, le pauvre collégien, qui avait sombré dans le désespoir, en est arrivé à commettre l’irréparable. Sa famille, alertée par son état dépressif, avait pourtant prévenu les responsables de l’établissement. Mais sous le prétexte qu’Aaron dialoguait avec ses persécuteurs sur les réseaux, ceux-ci avaient estimé que son cas n’était pas de leur ressort.

Malgré leur douleur immense, les pa­rents d’Aaron n’entendent pas en rester là et sont bien déterminés à se battre pour que les fautifs payent. Et si l’actrice est aussi touchée par cette terrible histoire, c’est qu’elle a elle-même connu la douloureuse expérience du harcèlement scolaire. « À l’école, en Alsace, on m’appelait la fille de l’intérieur parce que je venais de Paris. Ces humiliations m’ont fait mal mais ça m’a aussi renforcée. Comme j’étais à l’écart, tous ceux qui étaient rejetés comme moi devenaient mes amis. Je jouais les saint-bernard. » Véronique ajoute : « Je trouve que les écoles publiques n’ont pas assez de pouvoir pour agir. À partir du moment où un élève en agresse un autre, ce n’est pas à la victime de changer d’établissement mais aux harceleurs d’être mis à l’écart. À l’école publique, maintenant, tout semble permis… C’est très inquiétant. »

Mais c’est un fait : il y a des enfants que l’adversité endurcit et d’autres qui sombrent parce que trop fragiles. C’est pourquoi, très sensible à ce problème depuis bien longtemps, la comédienne avait choisi d’inscrire son fils Sam, ­aujourd’hui âgé de 22 ans, dans un établissement privé : « Dans ces écoles qui éduquent un peu à l’ancienne, à chaque fois qu’il se passe ce genre de soucis, il y a des réunions de crise, les parents sont prévenus et on essaie d’agir. Mon fils était anachronique pour beaucoup de choses. Il n’a jamais suivi la mode, par exemple. Mais il avait une bande de très bons potes. Et dans son école, ça s’est toujours bien passé. Car même s’il était un peu différent, il a pris le parti, comme je lui ai toujours conseillé, de ne pas tenir compte de ce que disaient les autres. »

Après un passage à la fac en maths et en informatique, Sam a intégré une école de design 3D pour créer des jeux vidéo. Il a enfin trouvé sa voie et son équilibre. 

Le pauvre Aaron, lui, n’aura hélas pas eu cette chance…

Sophie MARION

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