France Dimanche > Actualités > Véronique Jannot : Elle ne veut plus se soigner !

Actualités

Véronique Jannot : Elle ne veut plus se soigner !

Publié le 10 octobre 2020

Atteinte d'un cancer, la comédienne Veronique Jannot a débuté un traitement très lourd, qu'elle a décidé d'arrêter du jour au lendemain...

Tous ceux qui ont vécu ce moment atroce où le médecin prononce ces paroles fatidiques : « vous avez un cancer », s'en souviennent à tout jamais. Véronique Jannot ne fait pas exception. Ce triste jour où elle s'est rendue en urgences à l'hôpital Tenon, à Paris, pour des maux de ventres et une forte fièvre, restera pour toujours gravé dans sa mémoire. La cœlioscopie qu'elle passe alors révèle en effet des dizaines de minuscules tumeurs dans l'abdomen.


Après une première intervention, elle comprend très vite qu'elle n'est qu'au début de son calvaire. Les douleurs reviennent quelques semaines plus tard. Elle revoit son chirurgien et repasse une cœlioscopie. Les résultats sont mauvais. Les tumeurs sont réapparues, en nombre, et on doit lui enlever un ovaire. « C'était violent, mais ma mère avait subi la même opération et cela ne l'avait pas empêchée de me donner naissance, après », racontait-elle dans son ouvrage Trouver le chemin, paru en 2006 chez Michel Lafon.

La veille de l'opération, sa mère lui annonce qu'on va sans doute lui ôter, non pas un, mais les deux ovaires, ainsi que l'utérus. Pour Véronique, qui, à seulement 21 ans, aspire à fonder une famille, tout s'écroule. Elle ne pourra jamais avoir d'enfant. Mais les médecins sont formels : sa guérison est à ce prix, cette ablation est vitale. Tout comme la lourde chimiothérapie qu'on lui impose après l'intervention. Elle vient alors de décrocher le premier rôle féminin dans Le Toubib, au côté d'Alain Delon. Elle tourne en serrant les dents, cachant sa maladie. Les bouffées de chaleur, liées à son traitement, font virer son maquillage. Cela n'échappe pas au Samouraï qui lui demande alors ce qu'elle a. Elle lui livre son secret, qu'il n'éventera jamais.

Au bout de ces dix mois de chimiothérapie, de souffrances et de fatigue extrême, Véronique ne songe plus qu'à une chose : mettre un terme à ses traitements. « Quand le chimiothérapeute vous dit : “On va peut-être refaire deux petits mois en prévention”, j'ai répondu : “Non. Encore un, et je me fous sous les rails du métro.” »

Cette confidence, l'inoubliable interprète de Pause café vient de la faire dans l'émission Micro Miroir, sur TV Melody, ce 24 septembre. Une interview où Véronique livre sans fard sa bataille contre le « crabe ». Une bataille peu commune puisqu'elle a refusé de se soigner ! Du jour au lendemain en effet, elle arrête l'épuisant protocole de la chimiothérapie. En parallèle, elle suit un traitement basé sur l'immunothérapie. Ce dernier semble porter ses fruits, jusqu'au jour où elle rechute, comme elle le confie : « J'ai eu un gros choc émotionnel au moment de ma rupture avec Didier Pironi [le pilote automobile et motonautique français, mort le 23 août 1987 lors d'une course de bateaux à moteur, ndlr]. Ce choc a redéclenché le cancer. »

Elle retourne voir son chirurgien qui lui intime de subir une nouvelle opération suivie d'une autre chimiothérapie. Mais la malade a compris que son corps est un bateau dont elle est « le capitaine ». Elle en témoigne dans Micro Miroir : « Ç'a été tellement flagrant que le mental était lié au physique, une prise de conscience évidente. » Refusant l'intervention et la chimio, elle entame une cure homéopathique, hélas sans effet. Mais cette battante tente un autre traitement, à base de piqûres d'acides aminés, associés à une molécule homéopathique, et d'acupuncture. Au bout de deux mois, elle se sent mieux. Mais, elle le sait, le cancer est pernicieux. L'amélioration qu'elle éprouve n'est peut-être qu'illusoire. Résolue à en avoir le cœur net, Véronique demande à se soumettre à un bilan de contrôle. Elle n'a jamais oublié l'étonnement de son médecin à la lecture des résultats. « Écoutez, je ne sais pas ce que vous faites, mais continuez », lui dit-il.

Durant sept mois, la comédienne s'administre elle-même ses piqûres, jusqu'à ce jour béni où on lui annonce qu'elle est en rémission. Terme qui ne lui convient plus. En effet, Véronique est bel et bien guérie. Et si elle sait ce qu'elle doit à sa première opération et à sa chimiothérapie initiale, elle demeure convaincue qu'il est essentiel pour un malade d'écouter son corps.

À 63 ans, cette artiste rayonnante et plus en forme que jamais déborde de projets. Elle s'apprête à tourner pour TF1, un nouvel épisode de Léo Matteï, et revient dès novembre dans la série Demain nous appartient. Un titre qui lui va comme un gant, même si cette adepte du bouddhisme affirme désormais ne vivre que pour l'instant présent. Être malade jeune fut pour elle un moindre mal, dont elle est sortie grandie. « Ça donne une autre vision de la vie », affirme-t-elle. Une belle leçon d'espoir pour toutes celles et ceux qui, comme elle, sont confrontés au cancer…

Lili CHABLIS

À découvrir

Sur le même thème