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Véronique Jannot : Traumatisée par Alain Delon

Publié le 24 novembre 2019

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© BESTIMAGE Véronique Jannot

Véronique Jannot, atteinte d’un cancer, avait caché sa maladie à la star… Un mensonge que le Guépard ne lui a pas pardonné.

A l’aube des années 80, elle était une jeune comédienne au regard pétillant et au sourire lumineux à qui tout semblait réussir… Après avoir connu le succès à l’âge de 15 ans, en tournant dans Le jeune Fabre, aux côtés de Mehdi El Glaoui, Véronique Jannot entrait dans le monde du cinéma par la grande porte !

Engagée par Pierre Granier-Deferre pour incarner une jeune infirmière dans Le toubib, avec Alain Delon, la belle actrice ne pouvait que se réjouir de cette opportunité, et surtout de cette magnifique rencontre… Car pour ajouter au bonheur de cette première grande expérience au cinéma, Véronique a vécu, avec son illustre partenaire, une brève romance. Hélas, ce moment béni entre tous, cette idylle vécue avec l’une des plus grandes stars du moment, va rapidement tourner au cauchemar.

Nous sommes en 1979 et le monstre sacré du cinéma français a tenu à ce que la jeune fille de 22 ans, dont le visage le hante depuis longtemps, lui donne la réplique dans ce long-métrage. De son côté, Véronique Jannot est aux anges de l’honneur qu’on lui fait, et sent bien qu’elle doit absolument saisir cette chance. Mais alors qu’elle s’apprête à tourner, on lui diagnostique un cancer du col de l’utérus.

En prévision des éreintantes séances de chimiothérapie que la Savoyarde devra subir pour vaincre son mal, les médecins lui interdisent formellement de se lancer dans le tournage. Mais celle qui deviendra, deux ans plus tard, l’une des artistes préférées des Français, grâce au feuilleton Pause café, refuse d’accepter cette fatalité et se rebelle contre cette décision. Comme elle vient de le confier dans les pages de Nous deux : « Je ne sais pas où je serais aujourd’hui, car à l’époque, je n’avais qu’une envie, c’était de mourir. […] J’hésitais à prendre le métro ou à monter au troisième étage d’un immeuble… Je suivais une chimiothérapie et je n’avais pas le droit de tourner. »


Avec l’aide et la complicité de l’équipe du film mise au courant de sa maladie, malgré un état de fatigue insurmontable, la courageuse Véronique se lance dans le travail et accomplit sa tâche sans se plaindre ni s’apitoyer. Une incroyable bravoure que, peut-être, dans le feu de l’action, la ravissante actrice regrettera amèrement ! Face aux longues et pénibles journées de tournage, la pauvre jeune femme peine à tenir son rôle et à donner le change. Gravir des montagnes à mains nues à des températures extrêmes serait sans doute moins difficile tant son état est faible ! Mais, en plus de ces conditions exceptionnellement ardues, son partenaire ne lui facilite pas la tâche. Il faut dire que M. Delon n’a pas été mis dans la confidence… Une grave erreur qui aura pour effet de traumatiser l’actrice : « L’équipe avait caché ma maladie à Alain Delon, mais il s’en est aperçu en voyant qu’on devait me remaquiller trois fois par jour, tant j’étais grise. Il en a voulu à la terre entière. »

Dès lors, au lieu de soutenir la pauvre comédienne, de la combler de douceur et de tendresse afin de lui redonner force et courage et de l’aider à tenir le coup, le « sauvage » va adopter un comportement opposé : « C’est quelqu’un qui a des valeurs et, devant un problème, il sait faire face, se souvient-elle encore dans Nous deux. Il ne m’a pas fait de cadeau, sans doute pour me faire payer le prix de mon silence. » Un traitement de choc qui, ajouté à ceux qui devaient la guérir de son cancer, a dû lui faire vivre la pire des épreuves… Malgré tout, la comédienne, qui a désormais vaincu son mal, n’en a pas tenu rigueur à Delon : « Il a été d’une intransigeance terrible, mais il veillait sur moi, de loin, sans être démonstratif, car il a énormément de pudeur. Nous avons gardé une relation extrêmement affectueuse et profonde. »

Comme vous le savez sans doute, ce mal, qui a failli briser sa jeunesse et même la pousser dans la tombe, lui a enlevé à tout jamais le plaisir de devenir maman. Depuis, la comédienne a connu d’autres épreuves, d’autres amours, mais elle n’a jamais pu accepter cette redoutable fatalité. Présidente et fondatrice de l’association Graines d’Avenir, qui vient en aide aux enfants tibétains en exil, elle a, un beau jour, rencontré en Inde une fillette exilée âgée de 8 ans, nommée Migmar.

Un coup de foudre réciproque : « Elle a commencé à m’habiter totalement, a confié l’actrice à Gala. Migmar est devenue naturellement ma fille. Je n’avais pas de projet d’adoption quand je l’ai connue. C’est notre rencontre qui a fait que j’ai entamé toutes ces procédures. »

Clara MARGAUX

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