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Véronique Sanson : Elle est prête à mourir !

Publié le 9 juin 2019

Véronique Sanson vient de faire de bien douloureuses confidences…

Le 3 avril dernier, elle était enfin de retour sur scène au palais des congrès de Tours, pour un concert initialement prévu… le 30 novembre dernier ! Radieuse, bien qu’un peu amaigrie, Véronique Sanson est apparue dans un costume blanc à queue-de-pie, et a formidablement assuré son show, installée derrière son piano, ou tout simplement debout devant son micro, accompagnée de douze musiciens, dont la violoniste Anne Gravoin, et de deux choristes…

Après sept mois de silence, la chanteuse, qui a fêté ses 70 ans le 24 avril dernier, retrouvait son cher public, pour la première date de sa tournée intitulée Dignes, dingues, donc… Des spectateurs émus, heureux, soulagés de la voir de nouveau sur pied, remise de son cancer des amygdales qui l’avait obligée à annuler toutes les dates initialement prévues.

Un retrait forcé pour cette belle artiste qui l’avait alors annoncé à ses fans avec la plus grande émotion, elle qui, en ­cinquante ans de carrière, ne leur avait jamais fait faux bond : « Autant vous dire que j’ai le cœur en 1 000 morceaux et surtout je suis en colère, mais je ne veux pas me présenter devant vous avant d’avoir recouvré toute l’énergie que vous attendez, et que vous me rendez toujours si bien d’ailleurs. »


Avec beaucoup de courage et de dignité, la star avait tenu à expliquer à tous ceux qui l’aiment à quel point le mal l’avait fragilisée : « Je n’ai vu presque personne pendant cette période. J’étais k.-o. L’accumulation des rayons est difficile à supporter, mais le plus dur arrive après. Je suis mille fois plus fatiguée maintenant. Et mes pertes d’équilibre dues à des acouphènes violents m’empêchent de marcher. » Après ces dures semaines de traitement, la peur au ventre de ne pas arriver à vaincre la maladie, la voici donc de retour, la voix et l’envie de chanter, restés intacts…

Pourtant, aujourd’hui, si l’on en croit les douloureuses confidences que l’auteur compositeur interprète de Besoin de personne a faites le 9 mai au micro d’Élodie Suigo, sur France Info, tandis qu’elle semble poursuivre avec bonheur et vitalité son tour de France, son état d’esprit est loin d’être au diapason. Au fil de cette interview vérité, la star est revenue sur ces mois effroyables à combattre la maladie et à subir les lourds traitements qui l’ont énormément affaiblie, affirmant être en paix avec l’idée de devoir tirer sa révérence : « Je me suis dit : “Si je dois mourir je mourrai.” Pagnol disait : “Ce n’est pas de mourir qui m’embête, c’est de quitter la vie.” Ça, ça m’embêtait. »

Il faut dire que, longtemps après la fin de sa radiothérapie, celle que son public appelle familièrement « Véro » en subissait encore l’impact, y compris au moment de la reprise de ses concerts, comme elle l’a aussi indiqué sur RTL au début du mois d’avril : « Je n’ai pas de salive, c’est un effet secondaire des rayons, et donc c’est pour ça que je n’arrête pas de boire des litres d’eau. »

Difficile dans ces conditions d’être entièrement rassurée, d’aborder sereinement la scène et d’offrir sans crainte une performance éreintante, chaque soir… Difficile pour elle de ne pas envisager la fin de ce merveilleux voyage : « Maintenant, je pense beaucoup plus à la notion du temps, a-t-elle déploré. J’ai 70 ans, il ne m’en reste pas beaucoup… Quand je vois aux informations que quelque chose va arriver en 2030, là, je me dis : “Ma vieille, tu n’as pas une chance de le voir”, et c’est dur ! » 

Et d’ajouter : « Je ne veux pas m’apitoyer sur mon sort. Les gens m’ont envoyé tellement de messages de soutien, des petites lettres, et ont pris la peine de les écrire, de les poster, des soutiens extraordinaires. […] Je trouve ça merveilleux que les gens viennent me voir. Quand j’arrive sur scène, j’ai l’impression d’être chez moi, que je connais tout le monde, c’est comme si je chantais dans mon salon ! »

Malgré ces sept mois d’arrêt et les six longues et pénibles semaines de traitement, la chanteuse a donc voulu reprendre le fil de sa vie d’artiste et honorer toutes ses dates de tournée.

Un exploit qui ne s’est pas fait sans une certaine appréhension… « Je n’ai rien décidé, a-t-elle expliqué. Je n’ai pas décidé de lâcher mes peurs, elles étaient là, je ne savais pas si physiologiquement et psychologiquement j’allais pouvoir tenir le coup, j’y suis allée parce qu’il le fallait, je me devais d’y aller, j’avais envie de les voir… »

Les voir ! Ceux qui, depuis tout ce temps, la suivent fidèlement, si heureux d’applaudir leur chère Véronique, de vérifier par eux-mêmes qu’elle est bien de nouveau debout, cette éblouissante antistar qui avoue ne jamais se poser de questions, ne penser à rien, simplement à faire ce qu’instinctivement, elle sait devoir accomplir… « Je suis quelqu’un qui vit au jour le jour, le bonheur, les galères, je les accepte avec la même gratitude ! insiste-t-elle. Je suis juste une profiteuse de la vie, j’aime les animaux, le printemps, l’automne, le théâtre, j’aime lire, j’aime tout un tas de trucs ! »

Une ode à tous les bonheurs qui n’empêche hélas pas l’auteur d’Amoureuse de prendre conscience de leur brièveté : « Toujours, encore et encore, c’est pour ça que le temps qu’il me reste est très précieux, il faut que j’y arrive, pour profiter de tout… »

Profiter de tout, oui, et pour l’heure de cette tournée de la résurrection qui l’emmènera à Bruxelles, puis dans plusieurs villes de France, et, pour finir, à Villars-les-Dombes, dans l’Ain, le 9 juillet.

Juste à temps pour prendre un repos bien mérité et se régaler des joies de l’été, une autre de ses saisons préférées…

Clara MARGAUX

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