France Dimanche > Actualités > Véronique Sanson : Son bouleversant combat contre la maladie !

Actualités

Véronique Sanson : Son bouleversant combat contre la maladie !

Publié le 16 septembre 2019

Véronique Sanson a retrouvé son public, mais son cancer a laissé des traces.

Elle a de qui tenir. Ses parents, René et Colette, ont été des membres actifs de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, au sein du « réseau du musée de l’Homme ». Et la chanteuse, si elle ne combat pas au péril de sa vie une idéologie exterminatrice, a entamé une lutte contre la mort. La sienne. Une bataille que Véronique Sanson sait, comme tout à chacun, perdue d’avance, mais elle se montre cependant déterminée à la livrer malgré tout, prête à résister le plus longtemps possible avant de fermer les yeux, à jamais.


L’artiste se sait miraculée et avoue sans fausse pudeur ne pas avoir ménagé son corps et sa santé tout au long de son existence, entre autres durant son mariage de tous les excès avec le musicien américain Stephen Stills, dans les années 70.Un homme pour lequel la jolie blonde avait plaqué Michel Berger sous le fallacieux prétexte d’aller acheter des cigarettes… Elle aurait bien voulu se partager entre les deux grands amours de sa vie. Hélas, comme la star le regrette encore aujourd’hui, notre société est trop coincée pour accepter la polyandrie. Et il est permis de se demander si elle a fait le bon choix à l’époque. Car quand il ne la tabassait pas, le membre du célèbre groupe Crosby, Stills, Nash and Young partageait avec sa femme ses penchants pour l’alcool et les drogues en tous genres.

Depuis, Véronique a payé l’addition. Son dossier médical est plus épais qu’un dictionnaire. Mais le mal auquel elle a été confrontée en septembre 2018 avait de quoi faire vraiment peur, même à cette habituée des hôpitaux. On lui a en effet découvert une tumeur aux amygdales. Un cancer vaincu en l’espace de six mois grâce à des traitements dont notre survivante a réussi, vaille que vaille, à supporter les pénibles effets secondaires.

Au point de parvenir à remonter sur scène juste à temps pour fêter ses 70 ans le 24 avril 2019 sur la scène du Palais des sports de Paris devant son public et aux côtés de son fils, Christopher Stills, un beau gosse, chanteur comme maman.

Une sacrée performance que l’interprète de Vancouver compte bien renouveler à la fin de l’année, avec dix-sept dates au programme et, en guise d’apothéose, deux concerts dans un lieu mythique de la capitale, la salle Pleyel, les 30 et 31 décembre.

Avant de s’attaquer à cette tournée, Véronique, prudente, a décidé de prendre un peu de repos dans sa maison sur les bords de Seine, entourée de ses chiens et de ses poules. Sans doute avait-elle besoin de recharger un peu les batteries car, comme la chanteuse l’a confié à une journaliste de l’hebdomadaire L’Obs, malgré sa première victoire, sa guerre contre le cancer est loin d’être gagnée : « J’en ai encore pour quelques mois à subir les effets secondaires du traitement : l’absence de salive et de goût. Sur scène, c’est compliqué, je suis obligée de boire des litres d’eau. […] C’est embêtant, mais il y a pire. » Ces derniers mots ont de quoi inquiéter tous ceux qui l’aiment et l’admirent. Mais qu’est-ce qui peut bien être pire ? doivent-ils sans doute se demander.

Une angoisse que nous partageons, alors que la principale intéressée semble accepter son sort avec philosophie, faisant preuve d’un stoïcisme remarquable : « Tout dépend de la manière dont on prend les choses, explique-t-elle, toujours dans les colonnes de L’Obs. Moi, j’ai fait comme si de rien n’était, comme si ce n’était pas grave. Je suis fataliste. Évidemment que la mort ne m’amuse pas, mais l’acceptation de la maladie aide énormément. Accepter d’être diminuée. Quoi qu’il arrive, j’ai eu une vie formidable. » En clair, cette femme qui tient plus que tout à sa liberté pourrait chanter, comme Édith Piaf, qu’elle ne regrette rien : « Ni le bien […], ni le mal / Tout ça m’est bien égal. »

Évoquer cet épisode marquant de son existence au passé, tout en paraissant envisager une éventuelle récidive ne la trouble pas mais au contraire l’apaise. Admettre qu’une épée de Damoclès reste au-dessus de sa tête relève de l’évidence et lui permet de tenir à distance un inéluctable dénouement pour se consacrer à fond à la seule chose qui l’intéresse vraiment : le présent.

Car Véronique reste consciente d’avoir frôlé la catastrophe et veut, plus que jamais, reprendre une carrière à laquelle cette tumeur très mal placée aurait pu mettre un terme brutal. Le sort, bien que cruel, n’a pas voulu la priver de sa passion : « Mes cordes vocales ont été épargnées, j’ai vraiment eu de la chance, avoue-t-elle. J’ai fait beaucoup d’exercices et ma voix est même meilleure qu’avant. Je monte sur scène sans avoir besoin de la travailler pendant près d’une demi-heure. »

Impatiente d’aller à nouveau à la rencontre de son public, Véronique sait qu’elle n’aurait peut-être jamais pu connaître ce bonheur sans l’aide du personnel hospitalier. Et, alors qu’une partie des services d’urgence sont en grève dans l’Hexagone, l’artiste a tenu à rendre hommage à ces anonymes tout dévoués à la cause de leurs patients. Des qualités qu’elle a déjà souvent eu l’occasion de mesurer à en juger par son impressionnant passé médical : une méningite à l’adolescence, des phlébites, un infarctus, un cancer du sein, un autre de la gorge, une opération de la carotide, sans oublier des fractures du poignet et de la main ! Le coup de chapeau d’une telle habituée, qui pourrait presque demander une carte de fidélité à l’Assistance publique, a une valeur toute particulière. « Je sais à quel point le métier d’infirmière ou d’aide-soignante est un sacerdoce, a-t-elle confié à notre confrère. […] Elles accompagnent les malades heure par heure, font un travail remarquable et contraignant. On voit bien qu’elles sont fatiguées. Je tiens à leur rendre hommage. D’ailleurs, je reste en contact avec elles. Certaines sont devenues des amies. » 

À lire ses propos, le doute n’est plus permis, Véronique est bien de retour. Un être sans filtre qui confesse : « Il m’est arrivé de fermer ma gueule. Très rarement et pas longtemps. » Et nous espérons tous entendre sa voix le plus longtemps possible. Pas seulement lorsqu’elle chante.

Alain MORLAIX

À découvrir