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Vincent Lagaf ' : Je suis agoraphobe

Publié le 8 mai 2009

"Au restaurant, je dîne toujours dos au mur, car je ne supporte pas d'avoir des gens derrière moi. Les psy disent que c'est un réflexe d'enfant adopté". Une salle bondée et morte de rire pendant plus de deux heures... Le retour de Vincent Lagaf' sur scène est un véritable succès !

"J'adore le contact avec le public, mais le rejoindre dans la salle me terrorise !" Vincent Lagaf' retrouve le public à travers toute la France avec une pièce hilarante "Pourquoi moi ?"

En tournée en France avec la pièce Pourquoi moi ?, une comédie hilarante écrite et mise en scène par Olivier Lejeune, on retrouve l'ex-animateur du Bigdil au meilleur de sa forme. Lagaf ' se livre sans détour aux lecteurs de France Dimanche.

->Voir aussi - Vincent Lagaf' : Sa passion plus forte que la douleur !

France Dimanche (F.D.) : Vous voilà de retour au théâtre après quatorze ans d'absence . Quel a été le déclic ?

Vincent Lagaf ' (V.L.) : Mon contrat télé terminé, j'ai choisi de prendre une année sabbatique. Mais elle a en fait, duré trois ans. Je commençais à m'ennuyer un peu. Je n'avais pas envie de retourner à la télé. Par contre, j'ai éprouvé un vrai désir de revenir au théâtre. J'ai donc appelé Olivier Lejeune pour lui dire : « Ça fait vingt-cinq ans qu'on se connaît, on n'a jamais rien fait ensemble... Est-ce que tu te sens de m'écrire un truc sur mesure ? » Il m'a répondu : « OK !» et six mois après, on jouait la première.

F. D. : Vous souvenez-vous de vos débuts sur scène ?

V. L. : Bien sûr ! C'était au Club Med, à raconter des histoires drôles. Ont suivi les cabarets parisiens, où les petites histoires se sont peu à peu transformées en sketches. Et puis, il y a eu La classe, ce qui m'a permis de devenir une petite vedette, m'ouvrant ainsi les portes des grandes salles. Est arrivé ensuite Le lavabo, qui était à la base un des sketches de mes premiers spectacles.

F. D. : Vous fêtez vos 50 ans le 30 octobre. Comment le vivez-vous ?

V. L. : Très bien. J'ai la chance d'avoir un corps qui tient encore bien la route. J'ai une vie assez saine, finalement. Je ne suis ni camé, ni alcoolo, ni addict à quoi que ce soit. J'évite les lourds traitements médicaux, je préfère les plantes. Je fais du sport... Je n'aime pas bouffer et j'aime dormir. C'est un peu grâce à tout ça que je me conserve assez bien.

F. D. : La boule à zéro , ça date de quand ?

V. L. : Un matin, je me suis réveillé, je me suis regardé dans la glace et j'en ai eu marre de me voir avec ces pauvres cheveux cassants, fourchus, toujours en vrac. Marre de voir que, même en dehors de mon métier, je faisais rire les gens avec ma tête de Bozo le clown. Ça m'a tellement gonflé qu'à un moment, j'ai dit stop, et j'ai tout rasé.

F. D .: Il paraît que vous souffrez d'une phobie ?

V. L. : Oui, je suis agoraphobe. J'adore le public, mais j'ai une peur panique de la foule. Vous ne me verrez jamais descendre dans la salle, sauf si j'ai un but bien précis, à un endroit donné, et que je remonte vite sur scène. Quand je mange dans un restaurant, il faut toujours que je sois assis dos à un mur. Je ne peux pas manger avec du monde derrière moi. Et, si j'ai le choix entre une fenêtre et un mur, je prendrai le mur.

F. D. : D'où cela vient-il ?

V. L. : D'après un psy, ce réflexe viendrait de la plus tendre enfance, et touche particulièrement les enfants adoptés. Et moi, c'est mon cas. Dans un concert, être debout dans la fosse, je ne peux pas. Je ne vais pas m'évanouir, mais je vais subir. Si je peux éviter la foule, j'évite ! C'est comme les gens qui vous touchent en vous parlant, cela me dérange. Je ne peux pas non plus aller dans des toilettes d'autoroutes ou de restos sans me laver trente fois les mains.

F . D. : On parle de votre éventuel retour à la télé, aux commandes d'une nouvelle formule du Juste prix...

V. L. : Oui, je sais qu'on en parle ! On me l'a proposé, mais j'ai répondu à TF 1 que, pour l'instant, j'étais au théâtre. Je ne suis pas contre un retour à la télé, s'il y a un projet qui m'amuse ! Aujourd'hui, j'ai cette pièce, une deuxième en préparation, et un film, Le baltringue, qui va bientôt sortir, et pour lequel je vais enchaîner avec une suite... Et puis, d'un autre côté, retraité à 50 ans, c'est bien aussi ! Non, je plaisante, la retraite, ce n'est pas du tout mon truc...

Caroline Berger

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