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Woody Allen : “J’aimerais mourir à Paris !”

Publié le 23 octobre 2015

“L’homme irrationnel”, le dernier film de Woody Allen, vient de sortir en France. Rencontre avec un éternel ado qui fêtera ses 80 ans � le 1er décembre.

Ne comptez pas sur lui pour fêter son anniversaire avec tambour et clarinette ! Woody Allen est n’est pas du genre à souffler des bougies sur un gâteau. En revanche, ce génie du septième art a une vision très éclairée sur le cinéma et, surtout, sur lui-même.

France Dimanche (F.D.) : Vous reconnaissez-vous dans le titre de votre nouveau film ?

Woody Allen (W.A.) : Je suis tout le contraire ! Vous avez en face de vous un homme d’un rationalisme quasi pathologique ! Je suis issu de la classe moyenne, où on doit être terre à terre pour remplir son frigo et payer son loyer !

F.D. : Votre héros fait face à une panne d’inspiration. Est-ce une situation que vous avez déjà connue ?

W.A. : La panne sèche, je ne connais pas ! Quand je suis déprimé, le travail a un effet très positif sur moi, et m’aide à sortir de mes
mauvaises passes.

F.D. : À l’approche du cap des 80 ans, quel est votre état d’esprit ?

W.A. : La mort, c’est une étape qui me perturbe depuis que j’ai 5 ans. D’ailleurs, pour moi, il y a peu de différences entre 5 et 85 ans. La vieillesse, c’est un retour à l’enfance !

F.D. : Comment et où aimeriez-vous mourir ?

W.A. : J’aimerais mourir à Paris tant qu’à faire ! En riant ou en faisant l’amour à ma femme, si possible ! Mais je ne suis pas sûr que ce soit perçu comme une fin très excitante pour celle qui me survivra…

F.D. : Exigerez-vous que l’on joue de la clarinette à vos funérailles ?

W.A. : Ma seule exigence serait que le gars joue juste ! Il n’y a rien de pire que de réveiller un mort ! Je pratique la clarinette depuis l’âge de 15 ans. C’est Gene Sedric « Honey Bear », un proche du grand Fats Waller, qui m’a enseigné les bases.

F.D. : Quels ont été les moments les plus inattendus de votre vie ?

W.A. : L’un de ceux qui m’ont le plus marqué, c’est lorsque j’ai organisé une soirée pour le nouvel an. J’ai reçu un beau cadeau à la fin de la soirée de la part de Mia Farrow [l’ex de Woody, qui était en froid avec lui depuis des années, ndlr]. Elle m’avait envoyé un livre et me disait qu’elle avait passé un très bon moment. Je l’ai appelée pour lui dire que j’avais été touché par son geste, et pour lui demander si elle avait du temps pour déjeuner.

F.D. : Et votre femme, comment se porte-t-elle ?

W.A. : Soon-Yi va très bien, merci ! En ce moment, elle est au cinéma, avec les enfants, pour voir Un Américain à Paris. Je me suis dit : « Super ! Elle est partie, ils sont partis ; je vais pouvoir travailler sur mon script. » Je m’y suis mis, et là le téléphone a sonné, c’était Leslee Dart, mon attachée de presse, qui me demandait où j’étais.

F.D. : Comment concevez-vous la séduction ?

W.A. : Quand j’étais enfant, j’étais le seul mâle parmi des femmes. C’était facile. J’ai été élevé entouré de ma mère, ma sœur, des sept sœurs de ma mère et de mes cousines. J’étais donc très chouchouté. Les choses se sont compliquées lorsque j’ai quitté le giron familial. Là, il a fallu que je fasse plus d’efforts pour séduire les dames. Avec mon physique, je ne pouvais pas me prendre pour Javier Bardem [acteur espagnol, ndlr] !

F.D. : Quel type de femmes vous attire ?

W.A. : Quand j’étais plus jeune, j’éprouvais une véritable attirance pour les folles, les hystériques. Toutes mes petites amies avaient d’ailleurs des cicatrices aux poignets. Mais, à la longue, ça m’a fatigué. Ces filles étaient impossibles à vivre. Du coup, je me suis intéressé progressivement à... (...)

De notre envoyé spécial aux Usa Frank Rousseau

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