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Xavier Deluc : "Robert Hossein m'a sauvé la vie !"

Publié le 24 février 2021

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Xavier Deluc, qui incarne le commandant Bernier dans la série de TF1 “Section de recherches”, raconte comment l'homme de théâtre Robert Hossein l'a sorti du désespoir…

Depuis 2006, il est l'un des piliers de la série policière à succès Section de recherches, sur TF1, dont la quatorzième saison a débuté le 28 janvier dernier. Tempes grisonnantes, yeux bleus perçants, Xavier Deluc y campe le commandant Bernier, un flic au flair infaillible, sauf dans sa vie sentimentale où il se révèle d'une incroyable maladresse, cumulant les gaffes et les erreurs de casting ! « Comme me disent certains fans : Il devrait tout de même en tirer des leçons ! » s'amuse l'acteur.


Contrairement à son personnage, il file, depuis de nombreuses années, le parfait amour avec sa compagne, photographe amateur. « Le jour où je l'ai rencontrée, j'ai pensé que c'était la femme de ma vie », avoue celui qui a longtemps été un cœur d'artichaut. Il ne se trompait pas.

C'est dans l'épreuve que se mesure l'amour de l'autre, et le moins que l'on puisse dire c'est que ces deux-là l'ont franchie haut la main. « Un jour, elle a été là pour moi, une autre serait partie, je pense. Ça ne s'oublie pas. Et, un autre jour, il est arrivé à ma femme quelque chose de sérieux. Je ne me suis pas reconnu à être là, à l'épauler sans faillir. Ça nous a unis à jamais », confiait Xavier, en mars dernier au site Pure People. Grand-père de deux filles de 14 et 17 ans, il est, à 62 ans, cet homme serein qui, après avoir frôlé les gouffres et failli tout perdre, savoure enfin son bonheur…

Il a 20 ans, une furieuse envie d'exister lorsqu'il quitte sa Normandie natale pour s'inscrire au cours Florent, à Paris. Jouer, paraître dans des films, il ne rêve que de ça. Il a une gueule d'ange, du talent, et n'a peur de rien. En 1981, il fait ses débuts sur grand écran dans Les Surdoués de la première compagnie, de Michel Gérard, et enchaîne avec deux films de Max Pécas, Belles, blondes et bronzées, en 1981, puis Les Branchés à Saint-Tropez, en 1983.

L'année suivante, celui qui s'appelle encore Xavier Lepetit décroche son premier grand rôle dans La Triche de Yannick Bellon. Magistral dans la peau d'un jeune musicien homosexuel, il est nommé pour le César du meilleur espoir masculin et change en Deluc son patronyme jugé pas assez glamour par le distributeur du film. Repéré par Jacques Deray, il s'illustre dans On ne meurt que deux fois, aux côtés de Charlotte Rampling et Michel Serrault. Deuxième nomination pour le César du meilleur acteur dans un second rôle… En 1988, il incarne Hans, dans Bacchus, la pièce de Jean Cocteau mise en scène par Jean Marais. Théâtre, cinéma, tout réussit au jeune prodige, devenu la coqueluche des plus grands. Ce succès, arrivé trop vite, trop fort, trop tôt, Xavier a de plus en plus de mal à le gérer. Il enchaîne les soirées arrosées, s'étourdit de drogues, cumule les conquêtes d'un soir… Cette vie grisante, étourdissante le conduit, sans qu'il en prenne conscience aux portes de l'enfer. « J'ai failli me brûler les ailes », confiait-il en 2016 au Parisien. Un voyage en Afrique du Sud lui fait brutalement réaliser qu'il est en train de tout perdre. « J'ai décidé de tout arrêter. Je me souviens de ce moment sur la plage, seul avec moi-même et mon cheval », expliquait-il encore.

Suite à ce déclic, il rejoint l'église de scientologie (classée en France parmi les sectes) avec laquelle il fonde, en 1991, l'association Non à la drogue, oui à la vie. « À une époque où j'allais mal, la scientologie m'a permis de me comprendre moi-même et de connaître, avec ma vraie famille, une harmonie que je n'avais pas », avouait-il dans Nice Matin.

Mais cette renaissance, il la doit également à un homme dont la pensée l'a guidé toute sa vie, notamment dans les moments les plus sombres. Parce qu'il a été le premier à voir son talent et à croire en lui, le premier à lui donner sa chance. Nous sommes en 1979. Xavier qui est alors au cours Florent, a rendez-vous avec quelques autres élèves au Palais des congrès où Robert Hossein recrute des jeunes talents pour son prochain spectacle Les Hauts de Hurlevent, adapté du roman d'Emily Brontë. Devant cet immense acteur et metteur en scène, les apprentis comédiens sont pétrifiés de trac.

L'audition se passe, les candidats retiennent leur souffle. « Toi ! » dit alors Hossein, en désignant Xavier. Comme ce dernier l'a raconté, encore ému après toutes années sur le plateau de Buzz TV le 28 janvier : « Monsieur Hossein m'a sauvé la vie. Le maître m'a dit que j'allais faire du théâtre avec lui pendant sept mois ! C'était inespéré ! » Auprès de son mentor, celui qui incarne le jeune Edgar Linton dans la pièce, apprend le métier, l'esprit de troupe, l'exigence. Le génie bouillonnant d'Hossein le fascine : « Il avait un côté passionné, impliqué et investi dans ses mises en scène. Il venait nous revoir en coulisses. » Sans cette expérience, Xavier aurait-il connu la même carrière ? « L'argent de poche, je n'en avais plus beaucoup. Je commençais à me dire : “Comment je vais faire ? Est-ce que je retourne dans ma province ?” » dit-il.

Ce grand monsieur, qui nous a quittés le 31 décembre dernier des suites du Covid19, à l'âge de 93 ans, Xavier ne l'oubliera jamais. Il lui doit tant…

Lili CHABLIS

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