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Yannick Noah : Cette rencontre qui l'a sauvé !

Publié le 17 mai 2022

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« Je ne serais pas arrivé là si je n’avais pas rencontré Arthur Ashe, un jour de 1972  », confie Yannick Noah. Pourtant, c’est une autre rencontre qui lui a permis de sortir de la dépression une dizaine d’années plus tard.

Chaque semaine, le journal Le Monde interroge une personnalité sur un moment décisif de sa vie. Dimanche 15 mai 2022, dans son entretien baptisé « Je ne serais pas arrivé là si… », on découvrait les mots du tennisman, devenu chanteur. Yannick Noah est revenu sur sa rencontre, enfant, avec le joueur Arthur Ashe mais aussi sur cette personne qui l’a aidé à sortir de la dépression.


Le Monde le rappelle : « En 1983, Yannick Noah fut l’inoubliable vainqueur de Roland-Garros ». Il est depuis devenu chanteur et sortira en septembre prochain son douzième album. Le chef du village d’Etoudi, au Cameroun, se souvient de ce jour de 1972, où il a rencontré Arthur Ashe. « Un groupe de joueurs de tennis américains fait un stop à Yaoundé. Ils sont en tournée en Afrique de l’Ouest, jouent des matchs le soir et l’après-midi, échangent des balles avec les gamins du coin. J’en fais partie. Je suis le seul enfant non blanc du club. Tous les écoliers sont invités, je passe en dernier, je n’ai pas encore touché une balle que le public hurle », raconte-t-il.

Yannick Noah poursuit : « Je n’ai que 10 ans et je représente le Cameroun ! Arthur Ashe voit que je tape, que je joue, il est assez halluciné. Il va parler en anglais avec ma famille. J’entends Maman dire à Papa : ‘Ils veulent l’emmener !’. J’étais donc bon joueur ? Pour moi, Arthur passe instantanément de héros à Dieu ». Le chanteur de Saga Africa raconte ensuite que le joueur de tennis lui offre sa raquette. « Six ans plus tard, mon entraîneur reçoit un télégramme : Arthur a demandé une invitation pour nous deux, elle est acceptée, je vais jouer avec lui en double à Wimbledon. C’était dingue ! », se rappelle le père de Joakim.

Le 5 juin 1983, il accomplit son rêve en remportant Roland-Garros face au Suédois Mats Wilander. « Ce jour-là, je suis dans un état de concentration extrême. Je suis dans l’instant, parfaitement en place, je ne forme qu’un avec ce qui m’entoure. Il peut y avoir une tornade autour, des milliers de gens… Je ressens un calme intérieur incroyable », confie-t-il.

Nos confrères du Monde lui rappelle que rapidement après sa victoire, il passe « de l’euphorie la plus totale à une dépression » qu’il préfère taire. « Je bascule dans la dépression trois ou quatre semaines après. Autour de moi, personne ne comprend. Je finis par m’ouvrir à quelqu’un, pas à un professionnel, à une copine qui me donne un conseil : ‘Casse-toi de France, Yann, viens à New York, tu seras tranquille’ », se remémore le tennisman. C’est exactement ce qu’il fait.

Yannick Noah explique ainsi son sentiment de l’époque : « Ici, je n’allais vraiment pas m’en sortir. Non seulement je n’avais pas d’aide, mais tout à coup il y avait une espèce de méchanceté. J’avais atteint mon objectif [en gagnant Roland-Garros]. Pourtant, j’étais en détresse ». Il avait 23 ans, était « un môme », et ne recevait que des critiques et des jugements. Il confie : « J’ai détesté les gens. J’ai retrouvé mes appuis en rencontrant Cecilia [Rodhe, sa première femme, suédoise, et mère de ses deux aînés, Joakim et Yéléna]. En décidant que ma carrière passait après ma famille. Mon rêve, c’était d’avoir des gamins. On a fondé une famille très rapidement ». L’amour sauve…

Kahina Boudjidj

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