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Yannick Noah : Il s’est automutilé par chagrin…

Publié le 13 juin 2014

La mort de sa mère, en octobre 2012, lui a causé une souffrance insupportable. Alors, un matin, devant sa glace, il a empoigné une paire de � ciseaux…

Le titre de son tout dernier album, qui réalise déjà un beau carton auprès des nombreux fans de l’ex-champion de tennis, lui va comme un gant : Combats ordinaires, de Yannick Noah. Car, des combats, il en a mené, en mène encore, et en mènera sans doute toujours : ainsi le veulent sa générosité et son sens de la justice héréditaires.

Yannick 1 NoahOn se doute que les admirateurs de Yannick n’ont pas manqué ses premiers passages à la télévision, pour y défendre sa nouvelle œuvre, ni les clips des chansons tirées de l’album. Et, là, ils ont dû avoir un petit choc, en découvrant leur idole privée de ses dreadlocks, ces mèches jamaïquaines, partie intégrante de sa silhouette depuis pas mal d’années ! Il n’arbore pas encore un crâne rasé, mais c’est tout juste ! Caprice de star ? Non.

La raison de ce changement de look est bien plus profonde qu’une simple envie de changer de tête ; elle est même très émouvante. Yannick l’a révélée au Journal du dimanche, le 1er juin dernier : « J’ai tout rasé sur un coup de blues après la disparition de maman. Elle était ma première supportrice, donc ça n’a pas été fort pendant un moment… Alors un matin, je me suis regardé dans la glace, j’ai pris une paire de ciseaux et j’ai tout coupé. Ça m’a pris dix minutes montre en main. »

Admiration

Sa mère… Quand nous parlions de la générosité et du sens de la justice héréditaires de Yannick, c’est à elle que nous pensions : Marie-Claire Noah, née Perrier, emportée à 75 ans, le 1er octobre 2012, par une maladie du foie. Ce jour-là, à n’en pas douter, toute une partie de la vie de l’ex-tennisman s’est effondrée à jamais. Car, tous leurs amis, leurs intimes sont unanimes pour parler, entre eux, d’une relation véritablement fusionnelle, aussi profonde que touchante. On pourrait aussi parler d’une admiration et d’une fierté réciproques. Chacun semblait être pour l’autre l’être le plus précieux vivant sur cette terre.

Cover 3537Marie-Claire, elle-même ancienne joueuse de tennis de très bon niveau, avait tout de suite été la première supportrice de son aîné, lorsqu’il a commencé à monter au firmament de ce sport. Elle en tirait une grande fierté, mais une fierté ombrageuse de tigresse. « S’il perdait, je pleurais pendant trois jours, a-t-elle avoué par la suite. Et si quelqu’un dans le public le sifflait, j’étais prête à tout casser!» Ensuite, lorsqu’il a mis fin à sa carrière sportive pour se métamorphoser en chanteur à succès, c’est tout naturellement que Marie-Claire est devenue la première groupie de ce fiston surdoué.

Ce qu’elle admirait surtout en lui, ce n’était pas Yannick la star, mais l’homme, tolérant, généreux, optimiste et ouvert aux autres qu’il avait su devenir au fil des années, alors que, justement, la gloire et l’argent auraient pu faire de lui un petit monstre d’orgueil et d’égoïsme. En réalité, l’ancien as de la raquette a toujours été protégé contre de telles dérives par l’amour que, de son côté, il vouait à sa mère. Un amour qui, du reste, a mis des années avant de pouvoir s’exprimer en mots. « On est très pudiques chez les Noah, disait Yannick en 2005, surtout maman. Maintenant, j’arrive à lui dire “je t’aime”, et ça la déstabilise… »

Mais l’amour qui unissait la mère et son fils se traduisait en actes. Ainsi, c’est ensemble qu’en 1988, Marie-Claire et Yannick ont créé Enfants de la terre, une association destinée à venir en aide aux jeunes en grande difficulté. Jusqu’au bout de ses forces, Marie-Claire en a été le premier pilier, et son fils le second. Désormais, ce dernier sait qu’il doit continuer l’œuvre commune, mais qu’il devra le mener seul, ce « combat ordinaire »…

Et si Yannick Noah, un matin, a brusquement pris cette étrange décision de couper ses célèbres cheveux, c’est peut-être pour dire au monde qu’une partie de lui-même est morte en même temps que cette mère adorée… mais que l’autre partie garde bon pied bon œil, et assure la relève !

Didier Balbec

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