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Zabou Breitman : "J'ai peur !"

Publié le 17 avril 2021

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Depuis quelque temps, Zabou Breitman ne se sent plus du tout en sécurité dans les rues de Paris…

Marcher la nuit dans les rues avec la crainte d'être insultée, agressée, voire violée… C'est hélas la triste réalité : huit femmes sur dix, selon un sondage de 2018, affi rment ne pas se sentir rassurées lorsqu'elles rentrent seules le soir. Sur les réseaux sociaux, les témoignages de celles qui disent avoir eu peur affl uent. À la nuit tombée, elles avouent raser les murs, faire attention au moindre bruit, aux hommes qui pourraient les suivre ou même aux voitures qui ralentiraient à leur niveau.


Elles veillent à ne pas se faire remarquer, évitent les jupes trop courtes, les décolletés ou les talons hauts. À tout hasard, elles racontent garder leur portable à la main, certaines donnent même des astuces de self-défense pour riposter en cas d'attaque. D'un jeune qui les interpelle d'un « Eh ! la miss ! » à un monsieur à l'allure d'un père de famille respectable qui leur propose de passer en sa compagnie « un sacré quart d'heure », sans parler des gestes déplacés, le harcèlement de rue peut déraper très vite et conduire cet acte abominable nommé viol…

Oui ! Malgré la sensibilisation, et même une loi portée en 2018 par Marlène Schiappa, alors secrétaire d'État aux Droits des femmes, il semblerait que rien n'ait changé et que les femmes tremblent toujours autant à la nuit tombée.

Même celles qui paraissent affranchies, à l'instar de Zabou Breitman, n'échappent pas à la règle. Actrice et réalisatrice talentueuse, Zabou, comme on l'appelait à ses débuts, ne mâche pas ses mots. Ayant réussi à s'imposer derrière la caméra dans un secteur encore largement masculin, elle répond toujours présente lorsqu'il s'agit de prendre la défense des femmes.

Invitée sur RFM le 21 mars dernier, elle a été questionnée par Pascal Nègre sur le féminisme. « Entre féminine et féministe, je dirais féminine », a-t-elle tenu d'entrée à préciser avant d'ajouter : « Le terme féministe est peut-être un peu galvaudé mais en même temps, il y a une bataille nécessaire aujourd'hui… » Avec son fort tempérament, Zabou, 61 ans, ne semble pas du genre à craindre quoi que ce soit. Et pourtant. Sans personne à ses côtés, elle aussi rase les murs la nuit lorsqu'elle rejoint son domicile, dans ce Paris désert où tout peut arriver. « J'ai peur. Si je suis suivie, oui j'ai peur ! », a-telle avoué. Toujours en alerte, elle ne se sent pas en sécurité, au contraire des hommes, ce qui la révolte. « Un mec quand il entend des pas derrière lui, il n'a pas peur, donc il faut agir en permanence », s'indigne-t-elle.

De fait, la convoitise malsaine de prédateurs tapis dans le noir ne se cantonne pas aux seules jeunes femmes. Même celles qui sont entrées dans la soixantaine, comme la réalisatrice, n'y échappent pas. Le chemin pour que cesse le harcèlement de rue semble donc encore bien long à parcourir… 

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