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PRATIQUE : Prix du carburant, mais jusqu'où ira la hausse ?

Publié le 31 juillet 2021

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Pour ceux qui avaient prévu de prendre la route cet été, la facture s'annonce salée...

On ne peut que s'étonner du yo-yo que font les prix du carburant. S'ils avaient baissé l'an passé, les tarifs à la pompe remontent soudain en flèche au moment des vacances, alors que des millions de Français sont partis ou vont partir en voiture. C'est une mauvaise nouvelle pour les vacanciers car la facture va être salée. Depuis le début de l'année, le litre de gazole a pris en moyenne 15 centimes et coûte désormais 1,43 euro. Quant au litre de SP95, il a grimpé de 18 centimes pour atteindre 1,54 euro.

Il faut remonter au début 2020 pour retrouver de tels niveaux. Face à une telle flambée, difficile de ne pas soupçonner l'État de faire grimper à dessein les prix pour engranger des bénéfices fiscaux lors des grands départs…

Ajoutez à cela le coût exorbitant des locations saisonnières ou des hôtels, et vous comprendrez que partir à la mer reste encore pour beaucoup un luxe inaccessible… Commissaire, qu'en pensez-vous ?

Je n'ai pu que subir cette augmentation rapide depuis quelques mois et j'ai tenté de savoir pourquoi. La cause supposée est la reprise de l'activité économique qui a besoin de cette énergie et d'une production qui, face à la demande, a fait monter les prix sur les bourses mondiales. Les pays producteurs n'ont pas augmenté le quantum de barils, source de cette hausse. Mais l'État en ressort gagnant effectivement, car il n'entend pas réduire « sa » marge de taxes. Plus le prix du carburant monte, plus il engrange des recettes.

• De quoi sont composés les prix des carburants ? Pour l'essence, au litre, la part du pétrole brut est de 33,5 %, le raffinage, 7,4 %, le transport, 7,2 % et la fiscalité (TVA et taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), 57,1 %.Pour le gazole, au litre, la part du pétrole brut est de 37,6 %, le raffinage, 6,1 %, le transport, 7,2 % et la fiscalité, 49,1 %. On le conçoit, la fiscalité sur cette énergie est une manne dont n'entend pas se priver l'État.

• Ne peut-on pas s'étonner que, juste avant les vacances, les prix flambent afin que l'État fasse une recette fiscale sur les grands départs ? Le gouvernement ne le reconnaîtra pas, bien évidemment, mais comme la hausse est régulière depuis au moins six à sept mois sans intervenir, il ne souhaite pas corriger à son détriment la fiscalité en adoptant, comme cela se faisait dans le passé, une taxation flottante pour maintenir le prix des carburants à un seuil plus abordable. Contrairement à ce qu'affirme la voix du gouvernement, la fiscalité s'alourdit régulièrement et celle sur les carburants en est un élément déterminant.

• N'est-ce pas un peu honteux de remonter ainsi le prix de l'essence à un moment où, à cause du contexte sanitaire, de nombreux Français prévoient de passer leurs vacances dans l'Hexagone et d'utiliser leur voiture ? C'est aussi mon avis. Si l'État ne cherche pas à modérer les effets négatifs de cette hausse sur le pouvoir d'achat des ménages, cela risque d'être une source de conflit social prévisible, comme nous l'avons connue avec les « gilets jaunes » en 2018. Après les effets difficiles des confinements, l'heure est aux vacances, mais la rentrée sociale peut s'avérer épineuse à gérer pour le gouvernement.

• Comment se fait-il que le diesel, qui est moins onéreux à fabriquer, coûte de plus en plus cher et rejoigne parfois le prix de l'essence ? C'est une volonté délibérée du gouvernement de mettre ces deux types de carburant au même niveau, sous prétexte d'action en faveur de l'écologie – même si la fiscalité est moindre que pour l'essence. En fait, c'est une manière de taxer les automobilistes sous la forme d'un impôt supplémentaire, alors que c'est l'État qui, il y a peu, incitait fortement ces mêmes automobilistes à se convertir au diesel. Se parer de vertus écologiques dans un but purement fiscal relève d'une hypocrisie difficile à faire avaler aux ménages.

Le commissaire Vénère

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