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Stéphane Bern : Une terrible addiction !

Publié le 28 septembre 2016

Homme de passion, le présentateur Stéphane Bern s’est parfois laissé aller à des comportements extrêmes.

Depuis toujours, le vibrionnant Stéphane Bern vit dans un monde parallèle peuplé de chevaliers en armures étincelantes, de marquis poudrés et de princesses en crinoline. D’ailleurs, lui-même possède une demeure historique bâtie au XVIIIe siècle, l’ancien collège militaire de Thiron-Gardais en Eure-et-Loir. Là, lorsque le soir descend, Stéphane le châtelain peut voyager dans le temps, regarder les ombres projetées sur les dorures et les lambris par la lumière des chandeliers et s’imaginer en plein XIXe siècle ou à la cour du Roi-Soleil, selon son humeur.

Gavage

Ce goût pour l’Histoire, le journaliste l’a contracté très tôt : à 17 ans, il était hôte d’accueil au château de Versailles. Depuis son entrée dans les médias, presque toute sa vie professionnelle tourne autour du passé, comme l’émission Secrets d’histoire, sur France 2. Au point que, parfois, on peut le dire, il ne sait plus où il habite… Car voyager dans le temps n’est pas sans danger. Parfois, on ne trouve plus le chemin du retour. D’ailleurs, il le reconnaît lui-même, il est accro. Quand il s’agit de son sujet fétiche, il peut tout abandonner, séance tenante.

->Voir aussi - Stéphane Bern : Son projet pour sauver la France !

Lors d’un entretien accordé au Parisien Magazine la semaine passée, il a déclaré : « J’aime la série Down-town Abbey de Julian Fellowes. J’ai une véritable addiction pour cette série sur l’aristocratie britannique. Il y a quelques années, je suis resté enfermé pendant deux semaines pour en regarder trois saisons. Je me souviens même m’être déplacé en Angleterre, juste pour voir des épisodes qui n’avaient pas encore été diffusés en France. »

Se tenir à l’écart du monde, s’enfermer, ne plus sortir pendant des semaines juste pour avaler des épisodes pendant plus de dix heures par jour, cela porte un nom : c’est le binge watching, qu’on peut traduire en français par « gavage audiovisuel ».

Les médecins sont partagés sur le sujet, mais psychiatres et psychologues reconnaissent qu’il y a là un risque pour l’équilibre mental : perte de contact avec le réel, tendance à se couper du monde avec, parfois, un glissement progressif vers la dépression nerveuse et l’agoraphobie (la peur de sortir en public). Et puis, les généralistes nous le répètent chaque jour, rester sur son lit ou sur un canapé à avaler des images pendant des heures va de pair avec le développement de problèmes de santé : en se nourrissant de chips et de sucreries, en sirotant des boissons gazeuses, on multiplie les risques de diabète et d’obésité.

Pire, une récente étude de l’université d’Osaka, au Japon, a conclu que rester trop longtemps devant un écran augmente le risque d’embolie pulmonaire ou de thrombose veineuse profonde, une affection provoquée par une immobilité prolongée, comme lors des longs voyages en avion. D’ailleurs, les auteurs de l’étude recommandent aux adeptes du binge watching de se lever et de bouger toutes les heures pour tonifier les membres inférieurs. Mais qui fera cela au moment où l’on va connaître le nom du coupable ?

Modération

Stéphane Bern n’est hélas pas le seul à s’offrir ce plaisir solitaire et casanier : Johnny Hallyday était capable de passer quelques semaines en Thaïlande sans mettre le nez dehors, trop occupé à visionner les dizaines de DVD qu’il avait emportés dans ses bagages.

Et le binge watching est très à la mode, que ce soit chez les stars de Hollywood, qui n’ont souvent pas grand-chose à faire, mais aussi chez Madame et Monsieur Tout-le-monde, qui trouvent là un moyen de s’échapper d’un monde de plus en plus hostile et dangereux. Verra-t-on bientôt s’inscrire, sur nos petits écrans, la formule : « série à regarder avec modération » ?

Jacques Colin

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