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“A 59 ans, je fais encore des rallyes automobiles !”

Publié le 20 janvier 2017

Pas étonnant que cette secrétaire ait participé cette année au concours de Super Mamie : à l’aube de la soixantaine, Patricia Nogueira a la pêche et participe à des rallyes automobiles dès qu’elle le peut…

« J’ai commencé à m’intéresser aux rallyes autos féminins en 2013. J’avais envie de vivre de nouvelles expériences. C’était un défi que je me lançais. J’en ai parlé à ma voisine, Séverine, qui aime aussi conduire des 4 x 4.

On a mis un an avant de boucler notre budget et de nous préparer à piloter par tous les temps dans le désert du Sud marocain. Et ce n’était pas du luxe !

Le plus important était de trouver des sponsors, car il faut réunir une somme de 28 000 € pour participer au rallye Aïcha des gazelles. Pendant un an, j’ai fait un boulot de commerciale, passant mon temps à envoyer des mails, faire du porte-à‑porte, organiser des vide-greniers, des soirées dansantes et vendre des T-shirts à nos effigies. J’y ai mis toute mon énergie, et on a réussi à boucler le budget pour participer à la 25e édition de cette épreuve, au printemps 2015.

"J’ai toujours aimé l’aventure, me retrouver hors des sentiers battus, rouler sur le sable, sortir des trous et des ravins."

Une préparation technique et physique est aussi indispensable avant de se lancer. On a fait un stage de conduite sur 4 x 4 et appris la navigation à l’ancienne (avec une boussole et des cartes). J’étais le pilote principal, et ma voisine la navigatrice, mais on a pu permuter durant la course.

J’ai toujours aimé l’aventure, me retrouver hors des sentiers battus, rouler sur le sable, sortir des trous et des ravins. Et quand on s’ensable, eh bien on sort les pelles pour se dégager ! Nous avons participé à cette formidable expérience, dans un univers grandiose, entourées par d’autres femmes. La plus jeune avait 19 ans, et la plus âgée 70 ans ! Cela donne de l’espoir et signifie que lorsqu’on a la motivation ainsi qu’une bonne santé, l’âge n’entre plus en ligne de compte.

Avant notre départ, nous avions récolté quelque 300 paires de lunettes déjà portées que nous avons données à une association, Cœur de gazelles, qui s’est ensuite chargée de les redistribuer aux pauvres du Sud marocain. Ces lunettes permettent de soulager ceux qui en ont tant besoin. En parallèle à la compétition, nous menions donc une action humanitaire, ce qui était important pour moi.

"Le rallye des Gazelles est vraiment éprouvant, difficile physiquement, car on roule entre dix et treize heures par jour."

Finalement, nous sommes arrivées 77e sur 158 équipes. Pas mal, pour une première participation ! Mais je me rends compte qu’on a eu beaucoup de chance : pas de tempête de sable, de panne ou de crevaison. On s’en est bien sorti. Bien sûr, on s’est ensablé deux fois, et on a dû faire appel à une autre équipe pour nous aider et nous remorquer.

Le rallye des Gazelles est vraiment éprouvant, difficile physiquement, car on roule entre dix et treize heures par jour. On se réveille à 4 heures du matin pour écouter le débriefing et préparer la journée à venir. C’est long. On a parfois peur. Il fait très chaud, et on rentre tard au bivouac. Plus on avance, plus on est fatigué.

Mais c’est une expérience unique que nous avons eu la chance de vivre. Et puis c’est l’occasion de partager nos émotions tout en ayant la tête dans les étoiles… Cela nous sort complètement de notre routine.

Aujourd’hui, je prépare un nouveau rallye avec une autre équipière, le Cap Fémina aventure, qui aura lieu en 2017, toujours dans le sud du Maroc. C’est encore un rallye 100 % féminin.

Et je pense que pour moi, ce n’est qu’un début. Je vois qu’il existe bien d’autres épreuves automobiles de par le monde. Pourquoi ne pas partir un jour faire celui du trophée Roses des Andes, en Argentine ? Que voulez-vous, je crois que j’ai attrapé le virus… Je suis devenue une gazelle ! »

Alicia Comet

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