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Chantal Foucault : “Qu’on me rende ma renarde adorée !”

Publié le 19 mai 2018

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© Raphael Hudry-Le Perche Chantal Foucault & Câline

Chantal Foucault, cette retraitée de 63 ans, veut retrouver Câline, 11 ans, que les services de l’État lui ont retirée. Une pétition* a recueilli plus de 30 000 signatures.

«Je l’ai recueillie il y a onze ans. À l’époque, c’était un bébé renard trop mignon, trouvé dans un tas de bois à quarante kilomètres d’ici et apporté à mon vétérinaire. C’est lui qui m’a mise en contact avec celle que j’ai appelée Câline.

Je me suis tout de suite attachée à la petite bête si adorable quand on sait la prendre. Elle gardait son instinct sauvage et je ne la sortais dans les champs avoisinants qu’avec une petite laisse. Elle vivait bien entourée chez nous, avec mon père qui lui donnait parfois de la Danette et moi pour ses morceaux de poulet quotidien.

Je sais bien que le renard est considéré comme un animal nuisible mais n’a-t-il pas le droit de vivre pour autant ?

Le mercredi 24 janvier dernier, il est 8 h 50 lorsque trois gendarmes et quatre membres de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage sonnent à ma porte. Je ne me méfie pas et leur ouvre.

Après tout, je n’ai rien à me reprocher : Câline vit depuis onze ans à la maison sans problème. Elle est douce, apprivoisée, tendre et en parfaite santé. Elle a tous ses vaccins. La journée, elle dort beaucoup. C’est la nuit qu’elle s’amuse.

Bref, ils font le tour de la maison et trouvent ma renarde tranquillement installée sur son coussin, dans la cuisine. « On l’embarque ! », me lancent-ils tout de go. Il a fallu tout de même qu’ils viennent à sept pour la capturer.

Souffrante

Ils ont apporté une boîte dans laquelle ils l’ont déposée. Moi et mon père, on s’est interposés. Les gendarmes nous ont empêchés.

Franchement, c’est une honte d’agir de la sorte. On aurait tué quelqu’un qu’on n’aurait pas été moins malmenés. Mon père a le bras tout bleu et moi, souffrante du dos, je n’ai pas pu leur barrer le chemin.

Le lendemain de leur incursion, je décide de porter plainte (certificat médical à l’appui) à la gendarmerie proche de Longny-au-Perche contre les gendarmes eux-mêmes. Ils prennent ma déposition sans sourciller mais m’avertissent qu’on va se retrouver au tribunal. Je n’ai tout de même pas tué quelqu’un…

A l’ouest

Depuis ce jour, je suis à l’ouest ! Heureusement, les journaux locaux sont avec nous. Trois associations de défense animale sont mobilisées.

Et j’ai lancé une pétition qui a d’ores et déjà été signée par plus de 30 000 amoureux des animaux.

On en est là. J’ai aussi pris un avocat car il va falloir se défendre.

En attendant, je ne sais absolument pas ce qu’ils ont fait de Câline.

Où dort-elle ? Que mange-t-elle ?

Je me fais un sang d’encre car je n’ai aucune nouvelle et je crains le pire. On est tous inquiets.

Je redoute qu’elle ne tienne pas le coup. Elle est âgée. Je crois que le vétérinaire qui s’occupe d’elle depuis le début a été contacté. Je n’en sais pas plus.

Aujourd’hui, je souhaite simplement qu’on me la ramène à la maison sans plus tarder. C’est quand même « ma » bête. On peut bien sauver les animaux, même s’ils sont nuisibles. Je suis sûre qu’elle est particulièrement stressée en ce moment. Si cela se trouve, elle est morte et on ne veut pas me le dire… »

« Rendez Câline à Chantal »

Alicia COMET

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