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Charlotte Bruel : “Mon père a inventé les Bateaux-Mouches !”

Publié le 26 juillet 2017

En 1949, Jean Bruel lance le premier Bateau-Mouche sur la Seine. 
À 51 ans, sa fille Charlotte a déjà pris la relève 
et s’enorgueillit de posséder une 
flotte de 15 navires emmenant plus 
de 2,5 millions de passagers par an.En 1949, Jean Bruel lance le premier Bateau-Mouche sur la Seine. 
À 51 ans, sa fille Charlotte a déjà pris la relève 
et s’enorgueillit de posséder une 
flotte de 15 navires emmenant plus 
de 2,5 millions de passagers par an.

«Le premier bateau de mon père s’appelait le 
Vieux mouche. Pourquoi ce nom bizarre ? Tout simplement parce qu’il avait été construit par les chantiers navals de la Félizate, dans le quartier de La Mouche, à Lyon.

Ce bateau omnibus d’une trentaine de mètres de long avait ensuite servi lors de l’Exposition universelle pour transporter les visiteurs d’une rive à l’autre de la Seine. Après la Seconde Guerre mondiale, mon père l’avait racheté.

Jean, le père de Charlotte
Jean, le père de Charlotte

Il avait alors surtout eu la géniale idée d’embarquer à bord les Parisiens et les touristes de passage afin d’admirer de près ce qu’il appelait “la plus belle avenue de Paris”, c’est-à-dire la Seine…

En ce temps-là, la capitale n’était pas illuminée le soir, et les berges étaient plutôt sombres dès que le soleil disparaissait. Jamais à court d’idées ingénieuses, mon père avait alors réussi à récupérer d’anciens projecteurs de l’armée allemande qu’il avait installés sur les côtés de son Vieux mouche afin d’éclairer les splendides monuments historiques lors des traversées nocturnes.

Charlotte Bruel
Charlotte Bruel

Dans les années 50-60 sont apparues les carcasses de verre. Aujourd’hui, tous les bateaux de notre flotte sont fabriqués de la sorte, mais à l’époque, c’était complètement révolutionnaire. Il fallait que l’intérieur des navires s’efface au profit de la splendeur des monuments de la capitale.

Bercés

Actuellement, nous avons une quinzaine de Bateaux-Mouches en activité (1.000 places chacun) qui sillonnent le fleuve pour une promenade touristique d’une quinzaine de kilomètres. Point de départ : le pont de l’Alma, où nous sommes toujours amarrés et où nous embarquons les passagers toutes les trente minutes.

Sous nos yeux défilent ensuite la tour Eiffel (nous essayons toujours de passer devant lorsqu’elle clignote), la statue de la Liberté, la Conciergerie, Notre-Dame, le Louvre, l’Assemblée nationale… Nous allons jusqu’à Bercy et la bibliothèque François-Mitterrand, en passant sous les ponts les plus célèbres et près des îles Saint-Louis et de la Cité, avant de faire une boucle et de rentrer à bon port, une heure quinze plus tard.

Un passage obligé pour tout touriste qui se respecte ! La meilleure heure pour apprécier cette balade tranquille et paisible de Paris est peut-être le moment où le soleil se couche, lorsque l’on dérive sur les flots, bercés par un petit vent frais d’été…

Charlotte, 7 ans, à la barre du premier bateau-mouche de son papa
Charlotte, 7 ans, à la barre du 1er bateau-mouche de son papa

Il est vrai toutefois qu’on voit aujourd’hui de nombreuses autres embarcations qui naviguent sur la Seine. On compte une cinquantaine de sociétés différentes (Bateaux parisiens, navettes fluviales Batobus,  etc.), mais nous sommes la plus ancienne et celle qui transporte le plus de personnes chaque année.

Bien sûr, à bord, nous proposons un commentaire audio en trois langues lors du passage devant les divers monuments, et cela peut être gênant pour certaines personnes qui préfèrent utiliser l’application spéciale sur leur téléphone portable.

Bientôt, nous proposerons sûrement aussi une balade silencieuse sur les flots, le long des quais de Seine… »

Alicia Comet

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