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"Comme moi, ces chiens ont été agressés"

Publié le 2 mars 2011

« À l'âge de 8 ans, j'ai été agressée alors que je me rendais seule à l'école. Après ce choc psychologique, j'ai développé une maladie mentale aggravée par mon environnement familial. En effet, mes deux parents étaient alcooliques et ma mère nous a abandonnés à l'adolescence. Vers 12 ans, je me suis mise à boire pour oublier tous ces problèmes. Je ne prenais plus soin de moi, je me laissais aller, je ne me respectais plus, j'étais seule face à ma vie... C'est durant cette période difficile, la fin de l'adolescence, que j'ai rencontré le père de mon fils, qui m'a violentée pendant toute notre relation.

Un jour, je me suis sentie à bout et je suis partie en cure de désintoxication avec mon fils sous le bras. Je l'ai élevé jusqu'à ses 6 ans, âge auquel il a été recueilli par la DDASS. J'étais effondrée car, en plus du calvaire d'être une mauvaise femme, on me disait que j'étais une mauvaise mère ! Heureusement, mon fils est revenu vivre avec moi quelques années plus tard, à l'âge de 12 ans. Entre temps, j'avais rencontré mon époux actuel, Nicolas, dans un foyer. Il était lui aussi dans une situation de grande souffrance, et cela nous a liés. Au lieu de nous enfoncer, nous nous entraidons : lorsque l'un flanche, l'autre le soutient.

Aujourd'hui, je considère que si je m'en suis sortie c'est grâce à l'aide de mon mari. Mais je ne suis pas à l'abri d'une rechute et je dois toujours prendre soin de moi. Je me suis fixée des lignes de conduite auxquelles je me tiens... et pour l'instant ça marche !  Si j'ai accompli tout ce chemin, c'est parce que j'ai réalisé qu'il fallait aller vers les gens bienveillants et les choses constructives. Parmi ces choses constructives, cet hiver, j'ai notamment cherché à sauver un chien maltraité. C'est ainsi que j'ai ainsi rencontré une association qui sauve des lévriers martyrisés par leur propriétaire en Espagne. Mon engagement au sein de l'Association de Sauvetage des Lévriers (ASL) m'apporte une certaine reconnaissance et le bonheur de faire le bien. Cet investissement me redonne goût à la vie car je m'implique, je m'investis et j'ai le sentiment de servir à quelque chose !

Comme moi, ces chiens ont été agressés. Je sens que nous avons vécu des choses semblables et que, du coup, je peux les aider. Et puis, les gens de l'association sont gentils avec moi car quand on aime les animaux on aime aussi les humains. Mais ma plus grande fierté, c'est mon fils qui entre en première année de BTS et a trouvé un travail.  Aujourd'hui, à 39 ans, j'ai un mari, un fils, trois chiens et une maison : je crois pouvoir dire que j'ai réalisé mon rêve."

Propos recueilli par Marie Godfrain

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