France Dimanche > Témoignages > Cyrille Arnaud : “Ancien mentaliste, je soulage les addictions et les phobies”

Témoignages

Cyrille Arnaud : “Ancien mentaliste, je soulage les addictions et les phobies”

Publié le 1 juin 2019

S’il se produit dans de nombreux spectacles d’hypnose, cet artiste use aussi de ses dons pour aider les personnes en situation de détresse.

«Je me suis tout d’abord passionné pour la magie. à 22 ans, après avoir appris les rudiments du métier, j’ai présenté mon premier spectacle à Lyon. J’ai ensuite enchaîné les close-up [magie rapprochée, ndlr] dans plusieurs salles, puis j’ai souhaité passer à la magie “mentale”. Le déclencheur fut une vidéo de Raimy Phénix dans laquelle le mentaliste réussissait à deviner les pensées de son public : impressionnant !

J’ai alors étudié la programmation neuro-linguistique et la psychologie cognitive. Ces disciplines permettent, en analysant par exemple la gestuelle et le langage de son auditoire, de cerner finement sa personnalité et son mode de fonctionnement. Très utile lorsqu’on veut savoir ce que les personnes en face de soi ont dans la tête ! 

Fort de ces techniques, je me suis produit, pour les besoins du spectacle, dans des numéros basés sur la “déduction” – que l’on fait passer pour de la divination et même de la télépathie. J’arrivais à “flairer” les cartes que mes spectateurs avaient choisies dans un jeu complet, à identifier l’objet qu’ils avaient caché dans leur poche, à trouver la personnalité à laquelle ils pensaient.

C’est alors que le monde de l’hypnose s’est imposé à moi ; une nouvelle fois, je découvrais un film étonnant dans lequel un artiste parvenait à faire croire à son auditoire qu’il croquait dans une pomme, alors qu’il s’agissait d’un oignon. J’ai adoré ! J’ai donc décidé de me lancer dans cette nouvelle discipline en étudiant l’hypnose ericksonienne. Appliquée au spectacle, son principe est simple : en instaurant un climat de confiance, des techniques permettent d’amener les participants à lâcher-prise pour s’immerger dans une réalité virtuelle qui remplace le réel. Pour tester mon efficacité, j’ai d’abord “travaillé” sur mes proches. Et autant dire que mes premiers essais n’ont pas été concluants… Je n’hypnotisais personne ! Jusqu’à cette fameuse soirée où mes amis sont restés paralysés, les pieds soudés au sol malgré leurs efforts pour les soulever ! J’étais prêt.

Aujourd’hui, je présente mes spectacles partout en France. à chaque représentation, je commence par choisir dans le public des personnes réceptives à l’hypnose. Puis je les entraîne dans une série d’actions improbables, dans le respect de la déontologie évidemment. Par exemple, je leur fais croire qu’un de leurs souliers est un téléphone et, quand la régie fait retentir une sonnerie, ils n’hésitent pas à se déchausser pour répondre à l’appel ! Je leur inculque aussi qu’ils ont respiré de l’hélium, ce gaz qui déforme la voix et, lorsqu’ils se remettent à parler, ils ne peuvent s’empêcher d’émettre un son extrêmement aigu ! J’efface aussi momentanément leur prénom de leur mémoire pour le remplacer par un autre ! Naturellement, ces situations font rire le public, mais elles démontrent aussi aux personnes sceptiques que l’hypnose fonctionne vraiment.

Dans mon cabinet d’Aix-en-­Provence, elle me permet de venir en aide à des gens atteints de phobies. Pour faire simple, en fonction de la personnalité et du vécu de mes clients, j’agis sur leur inconscient pour remonter aux causes de leurs traumatismes et les placer dans un univers fictif rassurant qui va leur permettre de se débarrasser de leurs angoisses. Par exemple, j’ai récemment aidé une personne qui avait une peur panique des oiseaux. Sous hypnose, elle m’a alors révélé que, lorsqu’elle avait seulement 2 ans, elle avait été traumatisée par une oie qu’on avait tuée sous ses yeux dans une ferme. Sans s’en rendre compte, elle avait alors enfoui ce choc émotionnel qui ne se manifestait plus que par sa phobie. J’ai alors réussi à lui appliquer un “filtre mental” pour que cette scène ne soit plus aussi perturbante. Et elle va beaucoup mieux depuis !

J’interviens aussi pour traiter des addictions. Pour les grands fumeurs par exemple, je les place dans un état d’éveil modifié et leur fais revivre un épisode de leur vie où ils ont atteint un objectif familial, sportif, professionnel, etc. Alors “j’imprime” dans leur psychisme que, s’ils ont réussi une première fois, ils peuvent arrêter de fumer car ils ont les ressources pour y parvenir. Et ça marche !

L’hypnose me permet aujourd’hui de divertir et de soulager. Et dans les deux cas, elle fait du bien aux gens et ça, c’est l’essentiel ! »

Plus d’infos sur www.resilienceinstitut.fr

Thierry LOPEZ (texte & photos)

À découvrir

Sur le même thème