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Danielle Mérian : “Pour que les Africaines ne soient plus excisées !”

Publié le 8 avril 2018

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Danielle Mérian, cette ancienne avocate, militante des droits des femmes, vient de lancer une cagnotte* pour financer une campagne dans dix pays de ce continent, contre une pratique barbare.

«Mon rêve serait que 200 000 personnes donnent chacune 5 euros (ou plus) afin que nous devenions 200 000 nouveaux ambassadeurs contre le crime d’excision qui se pratique encore couramment en Afrique.

Depuis le 6 février, date de la Journée internationale contre les mutilations génitales, j’ai décidé de porter ce projet humanitaire qui me tient tant à cœur.

Je souhaite faire circuler 10 autobus dispensaires dans 10 pays d’Afrique de l’Ouest pendant 5 ans, afin de sensibiliser et de soigner les adolescentes et les mères victimes d’excision, cette amputation atroce du clitoris.


Car le premier droit fondamental d’une femme qui vient au monde est qu’elle ne soit pas mutilée dans sa chair !

Intimité mutilée

Je fais donc appel à la générosité des lecteurs de France Dimanche pour financer l’achat et le fonctionnement de ces 10 bus qui sillonneront la brousse pour faire circuler l’information et apporter du réconfort à ces femmes violentées dès leur plus jeune âge.

Car, il faut le savoir, plus de 200 millions de femmes dans le monde sont victimes de cette violence inouïe, selon les chiffres de l’Unicef.

Et les pays d’Afrique de l’Ouest notamment sont particulièrement touchés : que ce soit le Bénin, le Togo, la Guinée-Bissau, le Burkina Faso, le Sénégal, la Mauritanie ou encore le Mali, la Guinée et la Côte d’Ivoire, la Gambie…

Autant de pays où se pratique encore cette barbarie d’un autre âge qui meurtrit tant d’Africaines dans leur intimité.

Je souhaite récupérer un million d’euros de dons afin de financer ce projet qui permettra à ces school bus jaunes de se rendre dans les villages les plus reculés pour diffuser de l’information (ils seront connectés entre eux et à Internet) et soigner celles qui sont victimes (une partie du car équipé en dispensaire accueillera les filles mutilées).

Car la femme excisée souffre dans son corps après cette opération barbare et tout au long de sa vie : l’intervention est souvent pratiquée à vif sur de très jeunes fillettes entre 6 et 7 ans avec un simple couteau. Et bien entendu, elles sont priées de ne pas hurler…

Les conséquences sur leur santé sont dramatiques : certaines meurent des suites d’hémorragies, d’autres ont des difficultés à uriner au quotidien, sans parler des relations sexuelles qui deviennent ensuite un cauchemar de douleur.

Tradition absurde

L’excision existe depuis la nuit des temps, depuis au moins 6 000 ans en tout cas, lorsque les pharaons l’imposaient déjà à leurs jeunes femmes.

Et au nom d’une tradition absurde, plusieurs pays d’Afrique la pratiquent encore.

Quand on pense que ces mêmes pays bannissent dans leurs constitutions les violences faites aux filles et qu’ils condamnent l’excision ouvertement à la face du monde…

Mais l’impunité est totale et la tradition perdure, surtout dans les petits villages les plus éloignés des grands centres urbains. Celle-ci est entretenue par des chefs d’ethnies qui n’ont guère envie d’évoluer.

Je suis révoltée devant tant de violences et j’aimerais d’ailleurs qu’il y ait un peu plus de gens qui soient révoltés justement pour que les choses bougent enfin ! Il s’agit avant tout de faire circuler l’information et d’établir un réseau de militants et de personnel soignant formés pour lutter contre ce tabou encore bien trop ancré dans les mentalités africaines. »

* www.GoFundMe.com
Plateforme de financement participatif sur Internet, projet de Danielle Mérian via son association « SOS Africaines en danger  ».

Alicia COMET

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