France Dimanche > Témoignages > "De simple fan, je suis devenu le biographe officiel du groupe ABBA"

Témoignages

"De simple fan, je suis devenu le biographe officiel du groupe ABBA"

Publié le 11 mars 2011

"Mon premier souvenir d'ABBA date du 6 avril 1974, jour de la retransmission du concours de l'Eurovision. En regardant le groupe, j'ai eu un véritable coup de foudre. J'étais envoûté par leur chanson, leur musique mais aussi par leur look. Je n'avais jamais ressenti quelque chose d'aussi fort.

ABBA était rentré dans ma vie pour ne plus jamais en sortir. Car de fan du groupe, je suis devenu leur biographe. J'ai écrit cinq livres sur eux.

Après l'Eurovision, je me suis procuré leur disque, Waterloo. Je n'avais même pas d'électrophone pour l'écouter ! Depuis ce jour, l'émerveillement, mon enthousiasme n'est jamais retombé.

Il faut dire que je suis fils unique, élevé par ma mère et ma grand-mère, mon père étant décédé quand j'avais cinq ans. Je pense qu'ABBA a été comme une famille : Björn, Benny, Agnetha et Frida, les frères et sœurs que je n'avais pas.

Je les ai rencontrés pour la première fois en avril 1978, sur le plateau des Rendez-vous du Dimanche de Michel Drucker. Dès que j'ai aperçu les membres du groupe, j'ai ressenti un trac fou. Je trouvais les filles très belles. Pendant les pauses, ils restaient sur le plateau, posaient pour les photos, faisaient des dédicaces. Benny a même offert du champagne au public ! Malheureusement, il ne me reste que des souvenirs de cette rencontre car mon appareil photo n'a jamais voulu fonctionner ce jour-là !

Puis le groupe est revenu en France à l'automne. Ils étaient invités à l'émission de Guy Lux, Top Club. Comme j'avais appris qu'ils étaient descendus au Hilton du Champs de Mars, j'ai pu à nouveau les rencontrer. Le 23 octobre 1979, j'ai revu deux membres du groupe au Georges V. Je tissais des liens au fil des années. Cette même année, j'ai vécu le divorce entre Björn et Agnetha comme une séparation éclatant dans ma propre famille, tout comme celui de Benny et Frida en 1981. Et l'année suivante, on a annoncé que le groupe allait faire une pause. Le mot séparation n'a jamais été prononcé. Bien sûr, j'ai été déçu, mais pas bouleversé. J'étais sûr de les revoir un jour ou l'autre.

En 1984, j'ai croisé Frida à l'occasion de la sortie de son album. À l'époque, je démarrais une carrière de journaliste. Pendant de longues années, plus personne ne parlait d'eux. Je suivais leur carrière solo, je découvrais leur pays, la Suède, où je passais mes vacances.

Au début des années 90, j'ai proposé un documentaire sur le groupe à M6. Le groupe ne donnait plus d'interview, mais j'ai réussi à décrocher un entretien avec leur manager à Stockholm. Il m'a annoncé la sortie d'une compilation qui allait faire du bruit : ABBA Gold, un disque qui a marqué leur grand retour.

Le documentaire m'a donné l'idée d'écrire un livre auquel j'ai consacré cinq années. ABBA The Book n'est jamais sorti en France, mais il a été édité dans les pays anglophones. Puis j'ai travaillé à ABBA, La Légende, pour lequel je me suis plongé dans leurs archives. Ils m'ont ouvert les portes de leur société à Stockholm. J'ai revu tous les membres à cette occasion, sauf Agnetha. Le livre est estampillé biographie officielle, et c'est une immense fierté pour moi !

Je voulais remettre le groupe en pleine lumière, sa place légitime. Et je viens de sortir mon deuxième livre en français sur eux : ABBA Une légende nordique aux éditions Didier Carpentier : la boucle est bouclée !"

Propos recueilli par Anéma Isaac

À découvrir

Sur le même thème