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Dominique : “Je ferai tout pour laver l’honneur de Véronique !”

Publié le 16 septembre 2017

Véronique, la compagne de Dominique, s’est suicidée en prison après avoir été accusée du meurtre de l’un de ses précédents maris. Selon lui, elle est innocente, 
et le coupable, toujours dans la nature… Aujourd’hui, il souhaite crier sa colère.

Dominique Parsis, Biarritz (Pyrénées-Atlantiques)

«Je me souviendrai toute ma vie de notre rencontre, le 14 avril 2008. Depuis toujours, j’ai un idéal de femme et, quand j’ai vu Véronique, j’ai tout de suite su que c’était elle ! Mais j’étais déjà marié à l’époque et j’ai un grand respect pour cette institution. Ce n’était donc pas le moment qu’on se mette ensemble.

Sa descente aux enfers a commencé trois ans plus tard lorsque le corps de Frédéric, son deuxième mari, a été retrouvé nu et en position fœtale près d’un cimetière militaire dans le Pas-de-Calais. À l’époque, ils étaient déjà séparés depuis deux ans, mais ils étaient restés en bons termes. Frédéric lui versait même une confortable pension alimentaire. Pourtant, les enquêteurs se sont focalisés sur Véronique et l’ont placée en garde à vue, en février 2012. Et elle a avoué.

Frédéric
Frédéric

Fou

Elle a raconté que, lors d’un trajet en voiture, Frédéric aurait tenté de la violer. Elle l’aurait alors étranglé avec l’écharpe qu’il portait autour du cou. Malgré sa rétraction rapide, elle est partie en prison, et c’est à ce moment-là qu’on s’est rapprochés. J’ai très vite compris que l’enquête avait été menée à charge contre elle car il y avait d’autres suspects à interroger et elle avait une personnalité qui ne plaisait pas.

En juin 2011, elle s’était mariée avec Jean-Michel P., le directeur d’exploitation de la société de transport dont nous faisions tous les deux partie. Un homme très jaloux et possessif. Les chauffeurs n’avaient d’ailleurs pas le droit de faire la bise à Véronique. Elle l’a quitté au bout de quelques mois et a demandé l’aide de Frédéric, son ex-mari. Il est donc venu la chercher près de Lyon pour la ramener dans sa famille, dans le Nord.

Lorsque Jean-Michel l’a appris, il est devenu fou. Il a plusieurs fois menacé Frédéric qui craignait pour sa vie. Deux mois plus tard, Frédéric était mort. Pourtant, Jean-Michel n’a jamais été inquiété… En 2013, lors de la reconstitution du meurtre, tout le monde s’est rendu compte que la version donnée par Véronique était incohérente. Comment une femme pesant 48 kg aurait pu tuer un homme de 75 kg et le traîner hors de la voiture ? Mais pour la justice, elle était toujours coupable et n’aurait pas agi seule.

Sauf qu’aucune investigation complémentaire n’a été demandée pour retrouver un éventuel complice… Et puis, il y a la personnalité de Véronique. C’était une femme perturbée, dépressive, qui parlait peu, et elle ne s’en cachait pas. Elle prétendait être médecin depuis toute jeune. Elle s’était inventé une vie parce qu’elle avait honte de ne pas avoir de diplôme et qu’elle avait souffert dans son enfance.

Véronique
Véronique

Et puis, elle plaisait aux hommes, elle en avait eu trois dans sa vie. Elle passait pour une croqueuse d’hommes puis, plus tard, pour une “veuve noire” aux yeux des enquêteurs. Ils ont d’ailleurs remis sur le tapis le décès de Marc, son premier mari qu’elle avait rencontré à 18 ans et avec lequel elle a eu trois enfants. Là aussi, elle a inventé différentes versions de son décès en 2000. Or, l’enquête a conclu à un suicide. Mais elle se sentait responsable de ne pas avoir vu son mal-être.

Sans preuve

Concernant Frédéric, Véronique a été accusée sans preuve matérielle et elle n’avait aucun mobile pour le tuer. Après quatre ans et demi de détention provisoire, son procès s’est ouvert le 24 octobre 2016. Malheureusement, son avocat s’était désisté un mois avant l’audience et maître Blandine Lejeune, qui a repris le dossier, n’avait pas eu le temps de le lire. Elle a donc demandé un report dès le premier jour mais il a été refusé. Pour Véronique, c’était la fin. Le soir même, elle s’est pendue dans sa cellule.

Pendant des années, je l’ai vue dépérir au parloir. Elle était de plus en plus déprimée, toutes ses demandes de libération étaient systématiquement refusées. Elle ne croyait plus en la justice. Et ce qui me met très en colère, c’est que la présidente de la cour d’assises prévoyait un acquittement ! Ça signifie donc que Véronique est morte pour rien.

Aujourd’hui, je survis et je me bats pour laver son honneur. Je n’oublie pas qu’une innocente est morte en prison et qu’un coupable est toujours dans la nature… »

Marine Mazéas

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