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Florence Ollivet-Courtois : “Bienvenue dans notre zoo refuge !”

Publié le 11 mai 2019

Cette vétérinaire de 48 ans (Nogent-Le-Phaye, Eure-et-Loir) accueille les premiers animaux du parc qui ouvrira ses portes au public en 2020. Un concept inédit en Europe.

«La Tanière, située à 90 kilomètres de la capitale, au cœur de la Beauce, est un abri pour toutes sortes d’animaux sauvages et domestiques. C’est un refuge pour des animaux maltraités, détenus illégalement, utilisés dans des laboratoires, saisis dans les aéroports… ceux dont on ne sait plus quoi faire ! Dans cette immense enceinte de plus de vingt hectares, qui ouvrira officiellement ses portes au public au printemps 2020, nous avons déjà recueilli des animaux de spectacle, par exemple. Il y a deux ans, une famille de gens du cirque nous a apporté quatre ours (dont les femelles sont arrivées gestantes) et trois otaries. Au fil des mois, nous avons donc pris soin de deux adorables petits oursons et d’un bébé otarie craquant que nous avons appelé Maximus. Dès qu’il entre dans nos enclos, l’animal se trouve affublé d’un prénom : une façon agréable de savoir de qui on parle et de suivre son histoire.

Nous avons également récupéré trente-quatre daims qui étaient détenus illégalement en Normandie et qui risquaient de contracter la tuberculose. Par la suite, ce sont deux wallabies (dont une, Gigi, qui est aveugle) qui ont fait leur entrée chez nous, en provenance de deux parcs zoologiques bretons. On a nourri et adopté deux chevreuils sauvages apportés par des particuliers, ainsi qu’une biche… Nous sommes avant tout un refuge pour animaux en détresse. C’est la grande originalité de notre concept.

Nous avons en outre pour vocation de soigner les bêtes malades car nous disposons d’un équipement vétérinaire de pointe pour réaliser des radios, des échographies, des analyses de sang, des interventions… Ainsi, Gipsy, la chamelle accidentée lors de sa descente d’un camion de cirque, a été opérée ici avec succès. Nous lui avons placé une attelle amovible sur le genou pour qu’elle puisse marcher de nouveau. La voir aujourd’hui dans cet état-là nous fait tellement plaisir. Dorénavant, elle coule des jours paisibles et manifeste depuis peu un regain d’appétit très rassurant. Les animaux que nous présenterons au public ne seront pas forcément les plus beaux spécimens de la planète, c’est vrai. Comme nous les êtres humains, ils ont parfois eu des misères dans la vie et méritent autant notre respect et notre admiration que les autres.

En outre, nous prenons en charge des animaux issus de laboratoire comme ces macaques qui, si nous n’avions pas été là, auraient purement et simplement été euthanasiés. Ici, ils peuvent vivre une retraite sereine. On leur offre une deuxième existence. Je pense que le public comprendra notre approche. Il n’y aura donc pas de spectacles à proprement dit, ni d’animaux extraordinaires. Il s’agira de faire circuler les touristes à pied, au milieu de tous ces animaux auxquels on accorde des soins. En ce moment, nous hébergeons des chevaux qui sont un peu maigres. Ils ont eu une maladie hormonale et ont perdu beaucoup de poids. Depuis qu’ils sont soignés, ils relèvent la tête et sont redevenus très pêchus.


Les animaux domestiques ont leur place parmi nous : poneys, lamas, alpagas, cochons, chèvres, lapins, moutons et autres poules, canards… Actuellement, nous nous occupons de quelque trois cents bêtes. Pour nous aider, une dizaine de bénévoles travaille pour fabriquer des installations de “bien-être” pour nos résidents jadis abandonnés. Ils ont ainsi fabriqué un parcours aérien pour les chèvres qui ont cette furieuse envie de grimper, suspendu des hamacs pour les ours qui adorent se balancer, conçu des petites cages de transport pour les écureuils. Ici, tous ces animaux de sauvetage retrouvent le goût de vivre et de jouer ! »

Alicia COMET

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