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"Grâce à moi, les piétons font de l'électricité !"

Publié le 10 juillet 2012

Faute de trouver des financements en France pour réaliser son trottoir qui récupère l’énergie des passants, cet inventeur vend ses brevets aux états-Unis !

«J’ai toujours eu pas mal d’imagination et le goût d’entreprendre. J’ai d’abord monté une boîte de coursiers et fait de l’immobilier. Un jour, un de mes amis, Alexandre Marciel, adjoint au maire de Toulouse chargé de l’éclairage public et de la logistique municipale, a eu une brillante idée : imaginer un trottoir électrique pour produire de l’énergie qui servirait à alimenter des lampadaires de la Ville rose.

J’ai planché sur le sujet. Comme je ne suis ni ingénieur, ni scientifique, j’ai démarché pour trouver des techniciens à même de m’aider à mettre sur pied ce projet. Au bout de quelques mois, j’ai réussi à créer un prototype. Le principe est assez simple : j’ai fait réaliser des dalles podo-électriques de 33 cm sur 33 cm, sous lesquelles on a posé des batteries. Lorsqu’on marche dessus, l’énergie produite par nos pas est récupérée et transformée en électricité pour alimenter un lampadaire qui, du coup, s’allume et nous éclaire dès qu’on s’en approche à une quinzaine de mètres. J’ai déposé plusieurs brevets pour protéger mon invention.

L’an dernier, j’ai installé, afin de le tester, un tronçon de trottoir électrique sur une avenue passante de Toulouse. Mon prototype a séduit tout le monde. Même succès à Bruxelles, où j’ai fait une démonstration devant le Parlement européen. Grâce au soutien de la ville de Toulouse, j’ai pu vérifier que tout fonctionnait bien. Il me fallait des partenaires financiers pour passer à la fabrication définitive de mon système.

J’ai alors présenté le trottoir électrique aux ministères de l’Écologie et de l’Industrie en leur faisant savoir que plusieurs villes, même à l’étranger, attendaient que mon prototype soit finalisé et mis aux normes pour me l’acheter. Là encore, tout le monde a trouvé ça super, mais, depuis, je n’ai plus de nouvelles. Pourtant, pour 8 000 euros, on peut installer un système d’une vingtaine de mètres. Comme l’électricité produite est gratuite, le système est amorti en quelques mois. J’ai continué à chercher des partenaires, mais aucune société, aucun organisme d’État, aucune banque n’a souhaité s’engager. Ils auraient, bien évidemment, eu des parts dans le projet.

Génial

J’ai appris qu’à l’université de New York, un chercheur français avait mis au point un système permettant de récupérer, grâce aux amortisseurs, l’énergie des voitures. Je l’ai contacté et il a trouvé mon idée intéressante. Il m’a donné les coordonnées d’un autre chercheur, qui travaillait sur la récupération d’énergie du mouvement des gratte-ciel. Ce dernier m’a tout de suite dit au téléphone que mon projet était génial et qu’il voulait m’aider à le faire aboutir.

Je me suis rendu à New York et, quatre heures après notre rendez-vous, nous avons signé un contrat pour développer industriellement mon invention. Ce monsieur m’a également communiqué les coordonnées d’une entreprise californienne, qui a immédiatement acheté mes brevets afin de fabriquer le trottoir électrique. Ce que je n’ai pas réussi à obtenir pendant des mois en France et en Europe, je l’ai décroché en quelques heures aux États-Unis ! Je regrette que mon invention soit boudée dans mon pays. J’ai pourtant fait tout ce que j’ai pu pour qu’elle y reste. »

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