France Dimanche > Témoignages > "J'ai accouché d'un bébé fantôme !"

Témoignages

"J'ai accouché d'un bébé fantôme !"

Publié le 22 juin 2012

Cette maman avait pris des kilos mais ne savait qu'elle portait un enfant, victime d'un flagrant déni de grossesse.

«Mercredi 21 mars dernier, j’avais un vague doute avant d’aller aux urgences à l’hôpital d’Autun. Je ressentais des douleurs très fortes dans le ventre. Mais je n’avais perçu aucun des signes habituels d’une grossesse. La veille, avec mon mari, nous avions fait une grande marche dans un bois, comme si de rien n’était. Et puis, une fois arrivés à l’hôpital, les médecins ont établi très vite leur diagnostic : j’étais tout simplement en train d’accoucher de mon troisième enfant ! Celui qu’on n’attendait pas. Et j’ai seulement perdu les eaux après les examens.

Le personnel m’a accompagnée en salle de travail, et ils ont dû pratiquer une césarienne sous péridurale parce que le bébé se présentait frontalement. Ils n’avaient pas eu le temps de faire une échographie, j’ignorais donc son sexe. Nous avions déjà deux fils, Fabien 14 ans et Alexis 11 ans, nous aurions bien aimé avoir une fille, mais j’avoue ne pas avoir eu le temps d’y penser.

C’est un petit Romain qui est né… Un beau garçon de 51 cm et de 3,590 kg, grandi dans mon ventre à l’ancienne, sans examen, sans surveillance.

Une fois qu’il a été là, en bonne santé malgré sa naissance imprévue, nous n’avons plus pensé à une fille, nous étions heureux. Quand Fabien a su qu’il avait un nouveau petit frère, il a éclaté de joie. Alexis, plus réservé, est très content aussi. Nous avons choisi son prénom en famille, mon mari, mes aînés et moi.

Quand je repense à ce que je viens de vivre, c’est incroyable ! J’avais bel et bien grossi de 6 à 7 kg, mais jamais je n’ai imaginé que je portais un enfant. Je mettais ça sur le compte du poids éventuel que l’on peut prendre en hiver. En plus, je n’ai jamais senti le bébé bouger. Et le pire, c’est que j’utilisais un moyen de contraception et que pendant les neuf mois, j’ai eu mes règles normalement. À l’hôpital, on m’a dit que je n’étais pas une exception, que d’autres femmes avaient aussi accouché à l’improviste.

Avec Franck, mon époux, nous avions parlé d’en avoir un troisième, il y a six ans, mais à l’époque nous n’avions pas de travail. Puis nous en avons retrouvé, lui dans la boulangerie de notre village, La Celle-en-Morvan, en Bourgogne, moi comme employée dans un libre-service, à l’Intermarché d’Autun. Mais nous n’avons jamais plus évoqué l’idée d’un autre enfant. À 35 ans, il devait y avoir quand même en moi un désir profond, une envie cachée d’être de nouveau mère. La preuve, c’est que je n’avais pratiquement rien jeté des affaires de nouveau-nés de mes deux premiers fils ! J’avais même gardé la poussette et le berceau. C’était peut-être un signe… Cela dit, pour faire face à ce sacré imprévu qui nous tombait dessus, mes collègues m’ont offert plein de cadeaux, tout le monde s’est montré solidaire pour nous aider.

Maintenant que je suis mère de famille nombreuse, je vais prendre un congé parental et je vais pouvoir récupérer mes mois de congé de grossesse, que j’ajouterai à mes mois de maternité. Quant à mon mari, il va devoir agrandir la maison pour ajouter une troisième voire une quatrième chambre, pour que chacun ait la sienne. Et tout ça, à l’improviste ! »

Propos recueilli par Béatrix Grégoire

À découvrir

Sur le même thème