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“J’ai failli me tuer pour la garde de mon fils”

Publié le 26 mars 2013

Sa femme, qui le battait, l’a fait expulser de sa maison et l’empêche maintenant de voir son fils. Ce papa courageux qui se retrouve aujourd’hui surendetté souhaite que le tribunal revoie cette décision prise à la hâte.

« J’ai toujours eu deux rêves dans ma vie : avoir des enfants et une maison. J’ai réussi à les réaliser, mais aujourd’hui j’ai tout perdu. J’ai rencontré mon ex-femme alors qu’elle faisait du porte-à-porte et, un jour, c’est à la mienne qu’elle a frappé. Nous sommes tombés amoureux.

En 2003, nous avons eu un fils que nous avons appelé Judicaël. Mes deux rêves s’étaient réalisés, nous vivions dans une vieille maison que j’avais retapée et j’avais un fils. Mais tout n’était pas rose. Parfois, sans raison, elle se mettait à me donner des coups de poing, et cela même devant mon fils ! Je suis quelqu’un de plutôt faible, et j’avais du mal à réagir devant cette violence et cette femme manipulatrice au caractère fort.

Puis, petit à petit, tout a basculé. En 2005, on m’a appris que je souffrais du syndrome des jambes sans repos au stade 3 (nous ne sommes que quinze dans ce cas en France) et d’une affection du système nerveux. Deux maladies handicapantes qui me fatiguent et me vident de mes forces. Je suis considéré comme handicapé à plus de 80 %, mais cela ne me pose pas de problème pour m’occuper de mon fils.

Priorité

D’ailleurs, depuis sa naissance, il a toujours été ma priorité : c’est moi qui le baignais, l’emmenais en promenade, lui faisais à manger… C’est moi qui faisais tout à la maison, ma femme ne s’occupait quasiment jamais de lui.

Notre couple allait mal, et nous avons fait chambre à part pendant quatre ans. Puis, en 2009, alors que nous revenions d’un séjour au ski, elle m’a annoncé que tout était terminé et qu’elle fréquentait un autre homme. Je suis tombé de haut, car malgré toutes nos difficultés, je ne m’y attendais pas. Son ami est souvent venu dormir à la maison et, un matin, alors que j’étais tranquillement dans la cuisine, il est venu me rouer de coups sous les yeux d’une amie. Résultat : un traumatisme crânien et 5 jours d’ITT. Mon ex m’a même mis plusieurs fois à la porte de chez moi avec mon fils et toujours devant témoin ! Et je n’étais pas au bout de mes surprises…

Quelque temps plus tard, grâce à son avocat, le juge des affaires familiales m’a obligé à quitter ma propre maison. J’ai dû vivre dans ma voiture pendant trois mois avant d’être hébergé à droite et à gauche, grâce à des associations. Je voyais mon fils un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, et je me suis toujours arrangé pour qu’il ne manque de rien. Je me suis débrouillé par exemple pour qu’il parte en colonie de vacances. Je l’ai même emmené voir un pédopsychiatre pour qu’il puisse parler de la situation entre ses parents s’il le souhaitait.

Effaré

Mais il y a un mois et demi, j’ai reçu comme un coup de sabre. Je suis allé chercher Judicaël à l’école et je ne l’ai pas vu. La maîtresse m’a alors remis une lettre que mon ex-femme avait déposée à mon attention. J’ai tout de suite compris. Le juge avait décidé que je n’avais plus le droit de voir mon fils ! Une décision prise en se basant uniquement sur les propos de la mère, sans aucune enquête sociale, sans m’avoir entendu une seule fois et qui ne pourra être réévaluée qu’en septembre ! Je suis choqué de voir que des décisions aussi importantes peuvent être prises aussi vite ! Je ne le comprends pas et ne l’accepte pas. Je suis quelqu’un d’honnête, qui mène une vie saine et je suis effaré de constater que tout se retourne contre moi.

En juin, le juge devrait statuer sur notre séparation et je devrais récupérer ma maison, ou, au moins, la part qui me revient. Ma femme devra me payer l’équivalent des quatre ans de loyer pour ces années qu’elle y a passé sans moi. Aujourd’hui, c’est un comble, je me retrouve surendetté et dans le besoin alors que j’ai une maison et des terrains dont je ne peux profiter et que je ne peux pas vendre ! Je pense que ma femme sait qu’elle va perdre au tribunal en juin et que c’est pour cette raison qu’elle fait tout pour se venger en m’empêchant de voir mon fils.

Cela m’a tellement désespéré qu’un soir, la semaine dernière, j’ai failli sauter du toit de la maison dont je suis locataire. Mais des jeunes qui passaient par là m’en ont empêché et m’ont permis de me rendre compte que ce n’était pas la solution. Depuis, le journal régional m’a interviewé, et mon cas commence à intéresser les associations. J’espère que je n’aurais pas à attendre septembre pour que le tribunal revienne sur sa décision. Quoi qu’il arrive, je ne me découragerai jamais. »

Propos recueilli par Julie Boucher

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