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“J’ai failli perdre ma jambe à cause de la morsure d’une araignée !”

Publié le 25 janvier 2016

Maurice Busnel, cet ancien parachutiste de 78 ans s’est fait piquer au printemps par une araignée. Il a dû attendre des semaines et un énorme trou à la cheville pour découvrir qu’il s’agissait d’un prédateur à huit pattes, d’habitude rare sous nos latitudes !

"Ce jeudi 26 mai, j’ai voulu tout nettoyer dans mon jardin. Dans l’après-midi, assis sur mon tracteur, d’un seul coup, je ressens une piqûre à la cheville gauche. D’un revers brusque de la main, j’écrase la bestiole. Je pense qu’il s’agit d’une petite araignée, je ne m’inquiète pas, même si ça me démange beaucoup.

Deux jours plus tard, il fait très chaud et je me souviens avoir vu une plaque rouge à l’endroit de la piqûre. Un coup de soleil… Ou peut-être me suis-je trop gratté ? Le lundi suivant, il est cinq heures du matin lorsque je m’étale de tout mon long dans ma salle de bains. Impossible de me relever ! Je me sens très faible. Un peu inquiet, je réussis à appeler mon généraliste qui m’ausculte et me conseille de me rendre aux urgences.

J’y vais en ambulance, car je ne me sens pas du tout en état de conduire. Sur place, je suis pris en charge tout de suite. Un médecin s’occupe de moi et me dit que le traitement proposé par mon généraliste (des antibiotiques) est excellent et devrait faire son effet.

"On dirait que ma peau a été rongée par de l’acide."

Il me prescrit en plus de l’alcool pour nettoyer cette plaie qui commence tout de même à prendre de l’ampleur. On me renvoie chez moi. Une semaine jour pour jour après l’incident, je me sens toujours aussi fragile, sans forces. Je me dis qu’il faut que je retourne aux urgences pour expliquer que mon état ne s’améliore pas. J’ai même la très nette impression qu’il se dégrade. De fait, dès mon arrivée, les médecins me prennent la tension, qui est de 7. Mis sous perfusion, je suis hospitalisé sur-le-champ. Je dis aux docteurs que je pense avoir été piqué, ou plutôt mordu, par une araignée… Ils n’ont pas l’air d’avoir de réponse… En attendant, ma blessure se nécrose : elle mesure maintenant cinq centimètres de long sur plus de trois de large et atteint l’os. Sous le pansement qu’on me refait chaque jour, je regarde cette béance avec inquiétude. On dirait que ma peau a été rongée par de l’acide. Impressionnant !

araignée violoniste

Onze jours plus tard, je me sens un peu mieux et quitte donc l’hôpital même si je dois continuer à me soigner à domicile. Je me dis que je vais retourner voir mon médecin traitant, mais il s’avère qu’il est parti en vacances. C’est son remplaçant, un urgentiste qui me reçoit. Par chance, il s’y connaît en maladies tropicales ! Après avoir examiné ma plaie, il me lance d’un air tranquille : “Mais c’est très courant de voir ça en Afrique ! Vous avez été mordu par une araignée, une bestiole pas mortelle. Mais vous en avez encore pour quelques semaines…”

La responsable de ma blessure ? L’araignée violoniste, dont le venin entraîne parfois de graves nécroses. Sa morsure peut entraîner de vives douleurs. Entre nous, j’ai bien souffert le martyre pendant toutes ces semaines. Et dire que cette sale bestiole ne vit d’ordinaire qu’en Afrique ou dans les contrées très chaudes. Je ne me doutais évidemment pas pouvoir croiser sa route au cœur de la Seine-et-Marne… Maintenant, je me méfie. Pas plus tard qu’hier, j’en ai repéré une autre, lovée dans un set de table plié dehors… Je l’ai aussitôt écrasée avec un livre ! » n

Recueilli par Alicia Comet

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