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“J’ai passé ma vie à poursuivre le monstre du Loch Ness”

Publié le 12 septembre 2013

Steve, Dorset (Écosse)

Pour traquer le mystérieux animal qui hanterait les eaux froides du célèbre lac écossais, cet homme est allé jusqu’à sacrifier sa vie professionnelle et familiale. L’espoir le fait vivre…

« C’est à l’âge de 7 ans que ma folle aventure a commencé. En 1970, lors de vacances en famille, mes parents et moi avons visité le bureau des enquêtes du Loch Ness. Des bénévoles mettaient en place, chaque été, un camp de fortune sur le bord du lac en espérant filmer Nessie. Ce qui a attiré mon attention, c’est la plate-forme sur laquelle ils avaient installé une caméra. Des adultes recherchaient un monstre ? Fantastique ! Voyant mon intérêt pour leurs travaux, mon père m’a acheté le dossier d’information du bureau, rempli de copies de rapports d’observations et de reproductions de photographies emblématiques. C’est là que je suis devenu accro. Au fil des années, je lisais tout ce qui concernait le lac et son monstre.

Dès que j’ai pu voyager seul, je partais en expédition sur place, armé d’un appareil photo et des jumelles de guerre de mon grand-père. J’espérais résoudre ce mystère, ignorant que cela pourrait prendre toute une vie ! En 1987, à 24 ans, je travaillais comme graphiste et vivais en couple dans une petite maison dont j’étais propriétaire quand j’ai rejoint la société d’installation d’alarme de mon père. C’était l’occasion de gagner beaucoup d’argent en peu de temps. J’aurais pu me contenter de cette situation, mais j’ai réalisé qu’un jour je me dirais peut-être : qu’est-ce que je regrette de ne pas avoir fait dans ma vie ?

J’ai donc rompu avec ma copine et vendu ma maison. Le jour où le chèque de la vente a été crédité sur mon compte, j’ai dit à mes parents que je partais. Ma mère a dit à mon père : “Je te l’avais dit !” Le 19 juin 1991, je suis arrivé au Loch et je suis devenu un chasseur de monstre à temps plein. Je n’avais jamais été aussi heureux.

Énergie

J’ai longtemps sillonné la centaine de kilomètres de routes qui longent le lac à bord d’une caravane. Et, il y a une dizaine d’années, j’ai trouvé le meilleur spot d’observation : la plage de Dorset sur la rive sud, où je vis aujourd’hui. Les premiers temps ont été difficiles financièrement. Pour gagner un peu d’argent, j’ai fabriqué des figurines de Nessie en pâte à sel pour les vendre aux touristes, mais j’avais du mal à me faire connaître. J’ai alors contacté la BBC, la chaîne de télévision nationale anglaise, qui semblait intéressée par mon histoire. Ils m’ont équipé de caméras pour que je me filme au quotidien dans ma quête. Dès la diffusion du programme Cherche désespérément Nessie, en août 1992, des touristes du monde entier sont venus me voir pour acheter mes créations et discuter avec moi.

Depuis, j’ai une vie bien remplie et je me suis fait pas mal d’amis aux alentours. Parfois, j’organise des repas, je fais un feu de camp, on regarde le ciel étoilé ou les aurores boréales. Puis, quand tout le monde est parti, j’ai le Loch Ness à nouveau pour moi seul. Je sens alors la puissance et l’énergie de cet endroit. Dans ma caravane, je n’ai ni eau ni électricité, mais je me débrouille. Pour ma douche, j’utilise l’eau du lac que je réchauffe un peu et pour manger, je me fournis au pub du village. Pour le courant, j’alimente mon éclairage, ma radio et mon ordinateur grâce à un panneau solaire.

Depuis 22 ans, Steve observe le Loch Ness
Ma chasse au monstre se poursuit, et j’ai pu observer certaines choses. Il y a vingt ans, j’ai vu des mouvements sur l’eau sans distinguer ce que c’était, mais c’était assez imposant. Il y a trois ans, j’étais sur mon bateau et j’ai vu comme un très gros poisson. Depuis que je suis ici, j’ai discuté avec des centaines de personnes qui ont observé des phénomènes prouvant que Nessie existe. Tous décrivent la même chose : un animal entre 6,20 et 6,50 mètres de long, très peureux.

Mystère

Ça peut paraître dingue, mais j’y crois. Je suis convaincu que cet animal n’est pas une légende. Alors, chaque jour, je regarde le lac avec ma longue-vue et régulièrement j’en fais le tour à bord de mon bateau. Parfois je m’équipe d’un échosondeur qui me permet de définir la taille des animaux que je croise. Dire que je suis un homme patient serait un euphémisme ! J’espère voir Nessie un jour, même si je ne sais pas comment je réagirai. C’est aussi cette part de mystère qui m’attire encore et toujours… »

Recueilli par Marine Mazéas

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