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“J’ai visité tous les pays du monde !”

Publié le 19 janvier 2017

En trente ans, Philippe Mélul, ce baroudeur de 51 ans, écrivain et conférencier, s’enorgueillit d’avoir fait dix fois le tour du monde, visité 197 pays, parcouru 6 000 km 
à pied et plus de 30 000 km en bus…

«J’ai visité les 193 pays membres de l’ONU, plus
le Kosovo, Taïwan, le Vatican et la Palestine, reconnue par plus de la moitié des États de la planète. Je viens d’ailleurs d’écrire un livre pour raconter mes aventures*.

Lorsque j’ai commencé à voyager, j’étais étudiant en école de commerce et je le faisais uniquement pour le plaisir. Pas pour battre un record. Je m’étais mis à organiser des séjours à l’étranger pour mes copains de l’époque.

"Si on a le budget, on peut aller n’importe où en moins de vingt-quatre heures."

Et puis, à 20  ans, j’ai fait un stage de steward à Air France et je me suis aperçu que le monde était vraiment petit. Si on a le budget, on peut aller n’importe où en moins de vingt-quatre heures.

Il y a quatre ans, après avoir vécu quelques années en Argentine, j’ai failli me retrouver à la rue. Je me suis séparé de ma compagne, mes deux enfants étaient grands, mon père en bonne santé. Et les services administratifs argentins n’ont pas renouvelé ma carte de résident. J’ai revendu mon agence de voyages, un tour-opérateur spécialisé, et je me suis dit qu’il était temps de prendre une année sabbatique.

-> Lire aussi : "Je parcours le monde à la recherche de pierres précieuses"

J’ai fait mes calculs : j’avais déjà visité 150  pays, les plus accessibles et les plus touristiques. Il m’en restait 47 à découvrir ! Les plus compliquées au niveau de la sécurité, comme l’Afghanistan et l’Iran. Ceux qui présentaient des risques sanitaires, comme les pays d’Afrique touchés par le virus Ebola. Sans compter les États qui ne délivrent pas de visa, tels l’Irak ou l’Angola.

Je devais donc à chaque fois trouver des astuces pour y entrer. Pour l’Irak, par exemple, je suis passé par le nord du pays, via la région autonome du Kurdistan, très accessible. Si l’on prend un vol direct pour Arbil, la capitale, on n’a même pas besoin de visa, alors que les troupes de Daech sont pourtant très proches, à environ 80  km.

"Je ressens une vraie excitation à l’idée de rentrer dans un pays inconnu"

En arrivant sur place, j’ai découvert une ville riche, avec des 4 x 4 partout et de très bons restaurants. À ma grande surprise, je me suis aperçu que la “spécialité locale”, c’étaient les cliniques de chirurgie esthétique, que l’on trouvait à tous les coins de rue. Arbil est d’ailleurs surnommée “la petite Dubaï”.

Explorateur dans l’âme, je ressens une vraie excitation à l’idée de rentrer dans un pays inconnu, dans lequel je passe entre trois et cinq jours. Ainsi, en Érythrée, j’ai découvert une capitale étonnante, Asmara, avec ses jardins à l’italienne et ses villas romaines. Les Italiens ont laissé des traces dans leur ancienne colonie  : c’est probablement le seul endroit d’Afrique où l’on peut déguster une pizza savoureuse puis boire un cappuccino en terrasse !

-> Voir aussi le site internet  : www.philippemelul.com

Quand j’ai débarqué au Niger et au Mali, deux journalistes avaient été égorgés par des terroristes peu de temps avant. Dans des situations aussi extrêmes, je reste dans les capitales et j’essaie de ne pas me faire remarquer. Car plus on s’expose, plus on est susceptible de se faire agresser. Je porte mon appareil photo à la ceinture et le cache sous ma chemise. Il faut prendre ses précautions lorsque l’on visite un pays à risque.

Mais je dois sûrement posséder le sixième sens du voyageur, car il ne m’est jamais rien arrivé de grave. Je suis toujours passé à travers les gouttes.

Mon périple le plus récent, je l’ai entrepris en novembre dernier au Surinam, l’ancienne Guyane néerlandaise, où l’on parle encore hollandais. Passionnant. Cette fois, la boucle est bouclée !

Il y a cependant de nombreux pays où je rêve de retourner. Je n’ai pas encore visité le nord du Brésil, les îles Lofoten, au large de la Norvège, ni l’archipel des Moluques, en Indonésie…

Pour l’heure, je marque une pause. Mais le virus ne m’a pas quitté. »

Alicia Comet

* « Profession globe-trotter », ouvrage autoédité.

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