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“J’ai vu des expériences scandaleuses sur les animaux !”

Publié le 30 novembre 2016

  Pendant une année entière, Audrey Jougla cette étudiante parisienne de 31 ans qui prépare l’agrégation de philosophie, a enquêté en caméra cachée dans les laboratoires publics et privés afin de mieux comprendre la réalité de l’expérimentation sur les animaux en France. Un témoignage accablant.  Pendant une année entière, Audrey Jougla cette étudiante parisienne de 31 ans qui prépare l’agrégation de philosophie, a enquêté en caméra cachée dans les laboratoires publics et privés afin de mieux comprendre la réalité de l’expérimentation sur les animaux en France. Un témoignage accablant.

« Avant de commencer mon enquête, je me suis posé la question de savoir si les expérimentations effectuées sur les animaux étaient aussi “gores” que ce que l’on imagine.

J’ai rencontré des éleveurs de chiens et de rongeurs, des transporteurs, des chercheurs, des soigneurs et j’ai réussi à infiltrer quatre laboratoires d’essais pour écrire ce livre. Ce qui n’a pas été simple.

Il faut savoir que dans notre pays, plus de 1,8 million de chiens, chats, rongeurs, poissons, oiseaux, petits carnivores et singes sont utilisés pour ces expériences. Ce sont surtout des animaux domestiques, élevés spécifiquement à cette fin. La loi française interdit seulement l’utilisation de grands singes comme les gorilles ou les chimpanzés pour les tests…

"Les chercheurs mènent des études toxicologiques pour les produits que nous utilisons tous les jours : lessives, pesticides, solvants ou crèmes solaires."

Aujourd’hui, on teste tout sur ces pauvres bêtes. Pas uniquement les vaccins ou les médicaments. Les chercheurs mènent des études toxicologiques pour les produits que nous utilisons tous les jours : lessives, pesticides, solvants ou crèmes solaires.

Par exemple, ils “créent” des plaies et des brûlures sur les petits rongeurs pour tester l’efficacité des nouveaux pansements qui seront plus tard commercialisés sur le marché.

J’ai assisté à un test effectué sur les yeux d’un macaque. Le chercheur l’avait installé de force sur une chaise de travail. Il avait les poignets et les chevilles entravés. Sa tête était couverte d’électrodes afin de suivre son activité neuronale. Dès que le chercheur s’approchait de lui, sa seule réaction était de fermer les yeux. Il n’avait aucune autre manière possible de se rebeller.

"On ne leur donne même pas d’eau car elle est synonyme de récompense !"

Il faut savoir que ceux qui ne veulent pas être soumis à ces expériences sont attrapés à la perche dans leur cage et amenés de force sur la table d’examen. Au cours de ces différents essais, qui peuvent durer des années, ils passent leur existence dans des sous-sols sans lumière, loin de leurs congénères, confinés dans des cages de 1,50 m, sans aucune activité physique, ni sociale. On ne leur donne même pas d’eau car elle est synonyme de récompense !

J’ai aussi été choquée par la façon dont les chiens sont utilisés pour trouver un remède à la myopathie. Ils dépérissent complètement, agonisent, et ne peuvent plus s’alimenter, ni marcher seuls. Nourris par sonde, ils vomissent sans arrêt. C’est vraiment moche à voir ! Ils vivent un véritable martyre, une souffrance indicible. C’est insupportable !

Et ceux qui travaillent dans ces laboratoires de l’horreur – ceux que les militants de la cause diabolisent en les surnommant “les sadiques” ou “les bourreaux” – sont totalement déresponsabilisés.

 À lire : « Profession : animal de laboratoire », d’Audrey Jougla, aux éditions Autrement.

Le soigneur jure qu’il ne fait pas vraiment d’expériences ; le chercheur assure qu’il ne tue pas les cobayes mais qu’il les sacrifie au nom du progrès scientifique… Quant à ceux qui euthanasient ces bêtes, ils s’empressent de dire qu’ils sont là pour les soulager. Chacun, à son échelle, estime qu’il ne fait aucun mal. Il y a un tel cynisme dans leurs réactions et leurs comportements !

Et l’on se sent tellement impuissant face à toutes ces violences. J’ai vu des choses qui m’ont révoltée et pourtant, je sais bien que je ne peux rien faire. Sinon les dénoncer… »

Alicia Comet

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