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“Je parcours le monde à la recherche de pierres précieuses”

Publié le 17 décembre 2016

Patrick Voillot, pharmacien parisien, n’a jamais mis de côté sa passion d’enfant. Plusieurs fois par an, il part admirer sur place des pierres précieuses comme les rubis sang de pigeon de Birmanie ou les diamants de Bornéo…

« Comme tous les gamins, j’ai collectionné les fossiles, les coquillages et les pierres. Mais ma passion pour ces dernières a vraiment commencé alors que je passais mes vacances en Auvergne dans un petit hôtel familial.

Ma mère m’avait acheté un livre qui contenait des plans de la région et les indications sur les pierres qu’on pouvait y trouver. Certaines informations se sont révélées fausses, mais je me suis pris au jeu, et c’est ainsi qu’ont commencé mes premières chasses au trésor.

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J’ai passé mon adolescence à chercher des pierres en Ardèche, dans les Pyrénées ou encore en Bretagne où on trouve notamment des staurotides, en forme de croix, dont la légende dit qu’elles apparaissaient au pied des bûchers des Templiers.

À l’époque, aucune école de gemmologie n’existait. Du coup, je suis devenu pharmacien. Un métier que j’exerce toujours, quand je ne suis pas à la recherche de nouvelles pierres.

Je n’ai jamais cessé de voyager. J’ai commencé par le Brésil, où je suis parti, à peine majeur, avec un copain. Je me souviens encore du hangar, rempli de pierres et de cristaux, d’un marchand qu’on m’avait recommandé.

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Par la suite, je me suis rendu en Birmanie, descendant pour la première fois dans une mine. Puis, j’ai enchaîné par la Thaïlande et la Colombie.

Je choisis souvent mes destinations en fonction des histoires et des mythes attachés aux pierres. Je suis, par exemple, parti à la recherche de la mine qui a donné le rubis du Prince noir, qui figure sur la couronne impériale d’apparat de la reine d’Angleterre.

Il s’agit en réalité d’un spinelle, appelé ainsi parce qu’il symbolise le sang du Christ et les pouvoirs divins du porteur de la couronne. J’ai appris qu’il provenait d’une mine ouverte au Ve siècle au Tadjikistan. Sans savoir si elle existait encore, je m’y suis rendu, et suis le seul Occidental à avoir pu y entrer !

J’ai aussi suivi les traces des perles de Tahiti, des rubis sang de pigeon de Birmanie, des coraux rouges des fonds sous-marins corses, des diamants colorés de Bornéo, du jade des gisements précolombiens…

- > Plus d’infos sur : www.patrickvoillot.com

Au Pakistan, je suis monté à plus de 4.000 m, à une altitude où l’on peut à peine respirer tant l’oxygène se fait rare, pour découvrir un gisement d’aigues-marines pouvant peser jusqu’à 4 kg ! Je suis parfois descendu dans des mines quasi inexplorées.

Pour partager ma passion, j’ai réalisé une vingtaine de films pour France 5. Suivre le travail des mineurs, les voir extraire une pierre, les regarder faire des incantations, me fascinera toujours.

Je découvre aussi les croyances locales. Au Sri Lanka, c’est un chaman qui ouvre la mine, en Amérique latine, un taïta purifie les lieux. Ces traditions ont la vie dure !

À Paris, j’ai créé un musée avec une partie de ma collection de minéraux et de pierres précieuses dans la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry pour que les étudiants voient plus précisément à quoi correspondent les éléments des formules chimiques qu’ils apprennent.

Je leur propose aussi des cours de minéralogie et de lithothérapie (thérapie par les pierres) culturelle. J’y explique comment les différentes ethnies utilisent depuis des siècles les pierres précieuses et les minéraux de leur région dans leurs rituels. Je pense que l’ouverture aux autres cultures est essentielle dans notre monde.

Entre ma pharmacie, les cours, les voyages que j’organise pour des particuliers et ma famille, je suis très occupé. Mais j’ai toujours une nouvelle idée en tête. Il y a quelques semaines, je me suis rendu au Vietnam pour la première fois. Je n’ai pu passer que deux jours dans le village où se trouvait la mine que je cherchais.

Mais maintenant que je connais l’endroit, je prévois d’y retourner très prochainement. Il paraît qu’on peut y voir des aigues-marines d’un bleu cobalt unique. Je ne peux pas manquer ça… »

Julie Boucher

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