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"Je pars dépolluer l'Everest"

Publié le 13 mars 2011

« A l'approche de la quarantaine, j'ai la chance de pouvoir vivre mon rêve, tout en relevant un défi utile : monter sur le toit du monde et le débarrasser de ses déchets ! Car c'est hélas une réalité, l'Everest est devenu une poubelle ! Depuis l'ascension victorieuse d'Hilary en 1953, les expéditions au Népal ont laissé la marque indélébile de leur passage sur les voies nord et sud aujourd'hui très parcourues : bouteilles d'oxygène, vieilles tentes, duvets, emballages, boîtes de conserves, des tonnes de détritus encombrent les camps d'altitude jusqu'au sommet (8848 m), et cette pollution est préoccupante.

L'Everest est pollué par les randonneurs

Un sujet que, par ailleurs, je connais bien, car ma société, Ouest Acro (pour Acrobatique), s'occupe de la dépollution des sites en accès difficile : par exemple, descendre en rappel pour nettoyer les falaises au Karcher après la catastrophe du pétrolier Erika. Un travail technique qui exige des conditions de sécurité optimum, un peu comme l'ascension que je m'apprête à faire en avril sous la bannière de mon association, Everest 2010 (www.everest-2010.org).

D'abord pour l'aspect logistique, j'ai soigneusement préparé cette opération avec le guide de haute montagne Ludovic Challéat (www.expes.com). Ensuite, je suis suivi par la médecine du sport de Laval et, en bonne forme physique, je m'entraîne très sérieusement. Je ne pars pas à l'aventure, un itinéraire d'envergure comme celui-ci ne s'improvise pas ! Car au-delà de 7000 mètres d'altitude, on entre dans un espace sans vie où aucun oiseau ne peut voler. Un hélicoptère tomberait comme une pierre ! Un vent qui se lève peut faire passer la température de -25°C à -40°C. J'ai donc mis toutes les chances de mon côté.

Accompagné d'une dizaine de Népalais dont Pemba Sherpa, sept fois vainqueur du sommet, j'ai bien l'intention de dépasser le camp IV (7920 mètres) et, en quatre voyages du 9 avril au 30 mai, de ramener 700 kg à 1 tonne de déchets. Si tout va bien, peut-être pourrais-je même pousser jusqu'au sommet et, le 23 avril, fêter mes 40 ans sur le Toit du monde... »

Propos recueilli par Laurence Delville

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