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Témoignages

“Je suis arrière-grand-mère et j’ai encore ma grand-mère…”

Publié le 19 avril 2013

Chez les Godain, de Gisèle, 94 ans, à Lorenzo, 7 mois, six générations se côtoient. Un cas hors norme !

« Mon premier arrière-petit-fils est né le 24 septembre dernier à 20 h 39. Un véritable bonheur ! Mais à la différence des autres arrière-grands-mères, j’ai la chance que ma propre grand-mère, âgée de 94 ans, soit encore en vie. Ainsi, à la maternité, le lendemain de sa naissance, le petit Lorenzo a eu la visite de sa grand-mère, de son arrière-grand-mère, de son arrière-arrière-grand-père et de son arrière-arrière-arrière-grand-mère ! Cinq générations étaient réunies autour de son berceau ! C’était un beau moment que je me suis empressée d’immortaliser en prenant une photo.

À la naissance de ma première petite-fille, nous avions déjà du mal à croire que nous avions atteint les cinq générations, alors là, nous sommes ravis d’être six générations sur la pellicule ! En France, il existerait 3 400 familles comptant cinq générations, et on en dénombre seulement deux de six. C’est vraiment hors norme !

Nous étions tous très jeunes à la naissance de notre premier enfant, à commencer par Gisèle, ma grand-mère, qui a eu mon père à 16 ans. Ensuite, tout le monde a suivi et a eu son premier enfant avant 21 ans. Ma petite-fille Lauren, la maman de Lorenzo, a 19 ans. Pour certains, ça peut paraître tôt, surtout quand la moyenne d’âge auquel on devient mère se situe plutôt vers 29 ans. Mais quand on est installé et qu’on gagne sa vie, pourquoi attendre ? Ce qui est amusant, c’est que mon dernier petit-fils est devenu tonton alors qu’il n’est âgé que de 7 ans !

Je constate qu’entre la situation de mes amies et la mienne, il y a un décalage d’une génération : elles sont grands-mères à 58 ans alors que je suis arrière-grand-mère ! Nous sommes une famille très unie, et nous nous voyons très souvent, qu’il y ait une occasion spéciale ou non. Nous habitons tous La Rochelle, ce qui est très pratique, en quelques coups de pédale, je peux être chez mes parents ou ma fille. Tous les dimanches, Gisèle, la doyenne de la famille, déjeune chez mes parents, et c’est souvent l’occasion de nous réunir.

Chance

Je serai toujours là pour ma famille. La maman de Lorenzo le sait bien. Plus d’une fois, elle m’a appelée à 22 heures pour que je l’emmène en discothèque avec ses amis. Je ne pouvais pas lui refuser et, comme il n’était pas envisageable de les laisser rentrer par leurs propres moyens, j’attendais la fin de leur soirée avec la couette et l’oreiller dans la voiture ! En ce moment, nous prévoyons une soirée entre femmes avec ma fille, ma petite-fille et ses amies, pour fêter la naissance de Lorenzo. C’est moi qui serai Sam, celui qui ne boit pas.

Le cas de notre famille est si exceptionnel que j’ai décidé d’en parler aux médias. Certains nous demandent de nous réunir pour des séances photo et des interviews collectives. On n’a pas l’habitude, mais on s’y plie volontiers. En plus, c’est assez curieux de se voir à la télévision ; il paraît que je fais plus jeune ! Nous ne faisons pas ces démarches pour devenir célèbres. Notre idée, c’est plutôt de partager notre bonheur et de laisser une trace pour Lorenzo, qui ne comprend pas encore la chance qu’il a d’appartenir à une famille de six générations.

Sa maman garde dans une pochette, qu’elle lui transmettra plus tard, avec toutes les photos, les articles et les reportages télévisés, gravés sur un disque. Mais ce que nous souhaitons tous, c’est que Gisèle, ma grand-mère, garde la santé le plus longtemps possible ! »

Propos recueilli par Julie Boucher

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