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“Je tricote pour les sans-abri…”

Publié le 15 avril 2016

Audrey Leroy, cette assistante de direction lilloise de 36 ans s’est lancée dans la confection de bonnets, écharpes et autres pulls pour les nécessiteux. Elle a même entraîné ses copines dans son bel engagement.  Audrey Leroy, cette assistante de direction lilloise de 36 ans s’est lancée dans la confection de bonnets, écharpes et autres pulls pour les nécessiteux. Elle a même entraîné ses copines dans son bel engagement.

« Je souhaite remettre le tricot à l’honneur. Tricoter n’est pas un hobby de mamie mais une activité ludique qui peut servir à ceux qui sont dans le besoin ! Je l’ai appris de ma grand-mère et je m’y suis remise, il y a dix ans, quand j’ai voulu offrir à ma meilleure amie un cadeau de naissance. Je lui ai confectionné une couverture.

Ensuite, j’ai attaqué les gilets, les petits chaussons, les accessoires en laine… J’ai découvert de nouveaux points en regardant des vidéos sur Internet. Et c’est à cette occasion, en 2012, que j’ai appris qu’une certaine Gaëlle organisait sur Paris des soirées de “tricot solidaire” en faveur des personnes les plus démunies.

J’ai voulu en faire autant à Lille. Avec mon amie Juliette, on a collé des affichettes sur les murs de la ville. On proposait un rendez-vous dans un café, un mois plus tard, à ceux et celles qui désiraient venir tricoter avec nous.

Il y avait du monde à la première réunion le 14 novembre 2014 : une dizaine de femmes de tous âges (de 20 à 80 ans !) et un garçon, Mathieu, venus soutenir notre action. Dans ce bistrot, on a papoté deux heures et, bien sûr, tricoté. On a bien ri aussi, en se jurant qu’on allait poursuivre l’aventure.

"À l’issue de chaque réunion, je livre les vêtements à la Croix-Rouge locale qui les redistribue aux personnes qui en ont besoin."

La première fois, j’avais apporté mes pelotes pour les donner aux autres filles. Très vite, deux entreprises de la région (Phildar et Bergère de France) nous en ont offert une quarantaine à chacune. Un don qui nous a permis de développer notre activité.

Un vendredi par mois, les tricoteuses averties que nous sommes devenues (Élodie, Cynthia, Pomme, Ingrid) se retrouvent au café le Diskaire pour cette activité bénévole. Le patron est sensible à notre démarche : il organise lui aussi régulièrement des collectes de vêtements pour les migrants dans son bistrot et nous soutient depuis le début.

Vous pouvez contacter Audrey par l’intermédiaire de sa page Facebook: Tricot Solidaire Lille.

En dix-huit mois, nous avons confectionné plus d’une centaine d’articles (bonnets en mohair, gilets à paillettes, écharpes multicolores, mitaines). Il y en a pour tous les goûts. À l’issue de chaque réunion, je livre les vêtements à la Croix-Rouge locale qui les redistribue aux personnes qui en ont besoin.

Ce rendez-vous mensuel, je ne le louperais sous aucun prétexte, car je pense qu’il est important de faire quelque chose pour les autres. Et puis tout se passe dans la bonne humeur. Notre doyenne, une mamie de 80 ans, tricote en dehors de nos réunions et nous apporte tout ce qu’elle produit.

Il faut savoir que nous accueillons tout le monde, même les débutantes qui souhaitent s’y mettre. Au total, nous sommes aujourd’hui une trentaine de bénévoles mobilisées pour cette action solidaire. Hélas, notre seul garçon (Mathieu) ne peut plus venir car il habite trop loin… Mais tous les hommes désireux de se mettre au tricot sont les bienvenus. Avis aux amateurs ! »

Alicia-Comet

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