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Jean-Claude Panajol : “Je suis si fier de mon précieux album de photos de stars…”

Publié le 8 mai 2019

Cet octogénaire qui a réussi pendant des années à attirer dans son petit village (Saint-Séverin, Charente) de 800 âmes des vedettes qui venaient se produire sous chapiteau.

«Ah, Annie Cordy s’est montrée merveilleuse quand elle est venue ! Carlos, qui avait quant à lui sifflé une bouteille de whisky avant de monter sur scène, était si drôle… Dave est venu chanter à deux reprises. C. Jérôme était le plus gentil de tous : poli, attachant, charmant. Il est vraiment parti trop tôt, celui-là. Stone & Charden ont aussi eu beaucoup de succès en chantant Made in Normandie sous le chapiteau que j’avais fait installer pour eux.

Outre les vedettes – qui venaient moyennant un chèque et l’assurance de se produire une heure ou deux devant un public conquis –, je recevais aussi des personnalités du petit écran. Elles passaient l’après-midi à signer des autographes et à répondre aux questions. Patrick Sabatier avait alors la cote. Il ne chantait pas, ne faisait vraiment rien mais le public rêvait juste de le voir “en vrai”. Même chose pour Michel Drucker qui dédicaçait des autoportraits sans s’arrêter.

Daniel Guichard ramenait un monde fou. Yves Lecoq rameutait les foules avec ses imitations et ses danseuses. Aujourd’hui, il a d’ailleurs acheté un château à une quinzaine de kilomètres de chez moi mais je ne le vois plus jamais. Il m’a sûrement oublié. Comme les autres d’ailleurs. Une fois qu’on les a payés pour venir, ils ne se retournent pas. Dommage…

Mais pendant toutes ces années, je me suis bien amusé entre les fous rires de Jean Lefebvre, qui m’a confié ne tourner que des navets, et les bons mots de Jackie Sardou, qui n’avait pas sa langue dans sa poche et envoyait valdinguer celui ou celle qui ne lui plaisait pas ! On s’amusait énormément !

Comment ai-je fait pour attirer 2 000 ou 3 000 personnes pour ces galas organisés sous le chapiteau ? J’avais du personnel qui tournait en voiture dans un rayon de cinquante kilomètres alentour et qui vantait par haut-parleurs la venue de telle ou telle célébrité.

Je fabriquais aussi des affiches qui étaient ensuite placardées dans les villes à la ronde : Angoulême, Cognac, Périgueux, Libourne, ainsi que dans tous les petits patelins du coin. Parce qu’il fallait bien que les gens se déplacent quand même…

L’opération devenait intéressante pour moi dans la mesure où les spectateurs en profitaient pour rentrer dans mon magasin installé juste à côté, regarder les meubles que je fabriquais. Souvent, ils en achetaient. C’est comme cela que je suis devenu l’ébéniste célèbre de la région.

N’ayant à payer que le dixième du prix d’une place de concert, les spectateurs affluaient pour venir écouter leur vedette préférée et, avant ou après le show, jetaient un œil sur mes meubles. Il fallait bien que je réussisse à attirer la clientèle à Saint-Séverin, bourgade de 800 âmes !

Je peux m’enorgueillir d’avoir à présent un fichier de 42 000 clients dans toute la France.

Aujourd’hui, j’ai 86 ans et je suis fier d’être connu partout. Enfin au moins dans un rayon de 200 kilomètres… ça fait chaud au cœur, vraiment plaisir. Je ne regrette rien de cette époque où je côtoyais Peter & Sloane, Chantal Goya ou même plus récemment le chroniqueur télé Fabien Lecœuvre ou la comédienne de théâtre, Anne Richard.

Mais tout a une fin et si je suis nostalgique de ce temps-là, je sais aussi que nous ne vivons plus à la même époque  ! »

Alicia COMET

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