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Jean Sévéan : “Voici mes belles aventures de vétérinaire des champs !”

Publié le 8 juillet 2018

jean-sevean

Jean Sévéan, praticien de 63 ans, évoque ses trente-cinq années d’exercice durant lesquelles il a soigné les animaux de la campagne. Un sacerdoce qui n’est pas exempt d’anecdotes savoureuses.

«J’ai exercé mon métier en Corrèze, à Cavaillon et en Dordogne, et j’y ai rencontré de nombreux éleveurs chez qui je me suis déplacé pour soigner veaux, vaches, cochons et animaux domestiques.

Un jour, en Gironde, je dois voir une vache qui semble souffrir d’une broncho-pneumonie.

Arrivé sur place, je constate les problèmes respiratoires de l’animal et prescris la prise d’antibiotiques, en précisant au propriétaire : “Après trois ou quatre jours, vous suspendez le traitement !” Repassant quelque temps plus tard, je vois les flacons d’antibiotiques pendus à une ficelle dans l’étable. Je le regarde, on rigole… Je lui demande si la vache va mieux. “Oui, bien sûr !

Il avait suivi mon traitement et mes recommandations… à la lettre !

Une autre fois, je dois réaliser une insémination artificielle sur une vache, qui se pratique au moyen de paillettes qu’on introduit quand l’animal a ses chaleurs.

L’agriculteur me reçoit, me présente sa vache et, au bout d’un moment, me laisse seul : “Bon, je vous abandonne, Docteur, en toute intimité !” Je suis resté interloqué, mais après l’opération, j’ai bien dû lui expliquer que j’avais apporté les paillettes et que je n’allais pas me mettre moi-même à contribution !

En Normandie, un éleveur laitier me téléphone en urgence : l’une de ses vaches a avalé ou plutôt gobé une petite pomme verte qui s’est coincée dans son œsophage. Résultat : tous les gaz qu’elle émet normalement sont bloqués dans le système digestif. Elle commence à gonfler, à gonfler…

Le volume de l’estomac double et met l’animal en danger de mort car d’autres organes comme le cœur ou les poumons peuvent être compressés.

Arrivé au plus vite sur place, j’introduis un tuyau dans la gueule de l’animal et réussis à faire descendre la petite pomme.

Et dans un immense souffle odorant, la vache libère alors tous les gaz qu’elle retenait.

Comment une si petite pomme peut-elle mettre en danger une si grosse bête ?

Asticots

La même mésaventure s’est produite chez un éleveur en Auvergne.

Il sait bien, lui, que le gaz qui s’échappe est du méthane. Un peu casse-cou, il décide de le prouver à l’un de ses amis en allumant un briquet devant l’extrémité du tuyau.

Résultat : il a mis le feu aux foins alentours…

Eh oui, c’est bien ce gaz inflammable que produit la digestion des vaches ! C’est même un jet puissant qui sort, avec de la pression !

Dans le Gers, c’est encore une vache qui ne va pas bien. Sa propriétaire, une dame âgée, m’annonce qu’elle sent très mauvais.

En débarquant à la ferme, je remarque une odeur très marquée, une véritable puanteur.

En humant, je lui dis : “Elle doit faire une métrite, une infection de l’utérus !

Je l’ausculte et me rends compte que ce n’est pas ça du tout.

Quelques minutes plus tard, tout en discutant avec l’éleveuse, je perçois toujours cette odeur pestilentielle. Finalement, je comprends que c’est elle qui a des problèmes de santé !

Un éleveur dans le Limousin fait appel à moi car ses moutons n’arrêtent pas de se gratter.

Je repère une brebis qui m’a l’air particulièrement atteinte. Sa toison semble animée d’une vie propre.

En approchant, je découvre, sous la laine, une grosse épaisseur d’asticots…

Ce sont eux qui faisaient bouger son pelage !

En fait, le troupeau avait contracté la gale et se frottait contre les arbres, provoquant ainsi des plaies qui attiraient les mouches. Ces milliers d’asticots ont eu raison de la brebis, qui n’a pas survécu. Les autres ont heureusement pu être soignées à temps.

J’ai également reçu mon lot de coups de fil loufoques.

Comme cette dame qui m’appelle un dimanche soir à 20 h 30 pour une “urgence” : il faut absolument limer les dents de son lapin ! Ce qui pouvait largement attendre le lendemain…

J’ai aussi beaucoup soigné de chiens et de chats.

Un jour, en promenade à Fontaine-de-Vaucluse avec quatre ou cinq toutous, j’avise une bande de chats qui se prélassent sur les toits.

Dès qu’ils ont vu ma “meute”, ils sont descendus les uns après les autres et les ont attaqués. Ces matous voyous ont griffé et blessé les chiens… qui ont fui dans tous les sens. J’ai eu du mal à les récupérer tant ils étaient terrorisés… »

Bouffez-le votre cochon !
Ed. de l’Opportun.

Alicia COMET

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