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"L'Etat nous a déclarés morts, ma sœur et moi"

Publié le 7 octobre 2010

"Il vient de m'arriver une mésaventure peu commune : j'ai dû tout récemment aller en mairie pour faire établir une attestation signée du maire stipulant que je suis “toujours en vie à ce jour“,  moi qui, a 50 ans, suis toujours bien vivant ! À la fin du mois août dernier, la responsable de mon dossier à la Caisse d'allocations familiales (Caf) de Moselle m'appelle pour m'informer que, pour eux, je suis mort ! Ils affirment détenir un document en date du 17 mai 2010 leur apprenant mon décès. Il s'agit en l'occurrence d'une lettre manuscrite anonyme. Sans prendre plus de précautions, la Caf a alors entrepris de me rayer de ses listes, me privant ainsi, dès juin, de mon allocation logement, de ma Couverture maladie universelle (CMU).

Depuis mes droits ont été rétablis, et le directeur départemental est même venu chez moi pour s'excuser. L'on m'a expliqué que, d'habitude, en cas de décès, ils attendent que la famille envoie un document. Là, il y a eu un incident qu'ils ne parviennent pas à expliquer. Le plus incroyable, c'est que, en décembre dernier, il est arrivé la même chose à ma sœur Bernadette, 53 ans.

En novembre 2009, la personne chargée de son dossier à la Caf de Moselle a aussi reçu une lettre qui la déclarait morte. Ses versements ont été bloqués, alors qu'elle est atteinte d'un cancer, et la malheureuse a encore eu plus de mal que moi pour recouvrer ses droits. Bernadette a dû réclamer le même papier en mairie. Pire encore, malgré sa maladie, elle a dû aller se défendre devant le tribunal des contentieux à Metz. Et aujourd'hui encore, sa situation n'est pas encore redevenue tout à fait normale, puisqu'elle n'a plus la CMU !

Tout ce que nous voulons, c'est être tranquille. Il faut arrêter ces histoires absurdes, avant qu'un autre membre de la famille n'en soit la victime. Car nous avons encore six frères et soeurs. Nous avons eu l'occasion de voir les courriers adressés à la Caf : elles sont toutes de la même écriture, et ont été envoyées de Moselle. On ne comprend pas car nous ne nous connaissons pas d'ennemis. Nous voudrions comprendre, et avons porté plainte contre X à la gendarmerie. »

Propos recueilli par Benoît Franquebalme

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