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«L'hôpital psychiatrique m'a sauvé de mes crises d'angoisse»

Publié le 27 juillet 2012

A peine 2 % de la population souffre de ces terribles symptômes. Seule une hospitalisation a permis à cette jeune femme de voir la fin de son calvaire.

« Le 12 avril 2010, alors que je prenais le métro avec mes deux filles, comme d'habitude, je me suis sentie très mal : j'avais l'impression d'étouffer, de devenir folle, d'être enfermée, j'avais des suées et ma vision se troublait. J'ai demandé à ma mère de venir nous chercher en voiture pour rentrer chez moi le plus rapidement possible.

Pendant quelques mois, j'ai affronté ces angoisses jusqu'à ce que, en octobre, je fasse une crise de panique dans mon lit. Je n'étais plus en sécurité nulle part ! J'ai songé à me suicider, mais ce n'est pas mon tempérament. J'ai réveillé mon compagnon, lui disant que je souhaitais me faire interner en hôpital psychiatrique (HP).

Repos

Nous sommes partis aux urgences à 3 heures du matin. Je suis restée 10 jours en HP. Ça s'est bien passé, c'était comme une maison de repos pour moi et cela ne ressemblait en rien au film  Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milo Forman. Il faut dire que j'étais en unité ouverte, et je pouvais  partir quand je le voulais. J'ai rencontré des personnes d'une richesse incroyable : des accros aux médicaments, des dépressifs, des hyperactifs, des personnes victimes de “logorrhées verbales“. Environ 1,7 million de Français sont suivis chaque année par les services de psychiatrie publique.

La veille de mon départ, j'ai été victime d'une grave crise de panique. La psychiatre m'a motivée à rentrer chez moi en me disant : “Si vous ne le faites pas maintenant, vous ne le ferez jamais“. Une fois sortie, j'ai entamé une thérapie comportementale et cognitive (TCC) dans un centre médico-psychologique. Cette méthode consiste à affronter ses peurs de façon progressive et répétée. J'ai donc commencé par me rendre dans une station, puis j'ai composté un ticket et suis restée sur le quai de longues heures avant de reprendre le métro.

Ma sœur m'a soutenue, étant elle aussi touchée par le trouble panique. Elle savait ce que je vivais et comprenait tout à fait qu'une simple pensée puisse vous gâcher la vie. Mes parents, mon compagnon et mes filles m'ont bien aidée aussi. En revanche, j'ai perdu tous mes amis, sauf un et j'ai même reçu une lettre de membres de ma famille m'expliquant qu'ils ne souhaitaient plus me revoir. Aujourd'hui, j'ai encore des attaques de panique, mais elles passent en quelques secondes. J'ai déménagé dans une maison car je n'arrivais plus à vivre dans l'appartement où mes crises ont débuté. Si c'était à refaire, je recommencerais, même mon séjour en HP. Je me sens plus forte, plus heureuse."

« Ça n'a pas l'air d'aller du tout ! Ou comment les crises de panique me sont tombées dessus et comment je m'en suis sortie » d'Olivia Hagimont et Christophe André, éditions Odile Jacob, 14,90 €.

Propos recueilli par Florence Heimburger

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